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Enregistrement - Bonaparte relate la prise de Venise

Etude - Bonaparte relate la prise de Venise

Note autographe du général Bonaparte sur les événements de Venise de juin 1797.

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Trancription

Note autographe du général Bonaparte sur les événements de Venise de juin 1797

Bonaparte, s’arrêtant aux portes de Turin, de Parme, de Rome, de Vienne, offrant la paix, alors qu’il était sûr de n’avoir plus que de nouveaux triomphes à remporter ; Bonaparte, dont toutes les opérations montrent le respect pour la religion, les mœurs, la vieillesse ; qui, au lieu du déshonneur dont il pouvait accabler le vieux, malheureux et illustre Wurmser, l’accable de bons traitements et prend un soin si grand de sa gloire, est-il le même que Bonaparte détruisant le plus ancien des gouvernements, démocratisant Gênes et même le plus sage des peuples, les cantons suisses ?

Bonaparte avait passé le Tagliamento et entrait en Allemagne, lorsque les insurrections se manifestèrent dans les états de Venise : donc elles étaient contraires aux projets de Bonaparte ; donc il n’a pas pu les favoriser.

Lorsqu’il était dans le cœur de l’Allemagne, les Vénitiens assassinent plus de 400 Français, chassent ceux qui étaient dans Venise, assassinent l’infortuné Laugier et offrent l’exemple d’un peuple fanatisé et en armes.

Il revient en Italie, et, à son aspect, à peu près comme les vents de Virgile à l’aspect de Neptune, toute l’Italie qui s’agite, qui était en armes, rentre dans l’ordre et reconnaît la voix du vaincoeur (sic) redouté.

Arrivé à Palmanova, Bonaparte fit le manifeste si connu.

Arrivé à Mestre, où il plaça ses troupes, le gouvernement vénitien lui envoya deux députés… avec un décret du Grand Conseil, de la teneur suivante, sans que Bonaparte l’eût sollicité et eût même songé à faire aucun changement dans le gouvernement de ce pays.

Le gouverneur de Venise était un vieillard de 99 ans, qui vivait en soutenant dans son appartement une atmosphère tempéré (sic) mais qui versa à la première secousse.

Tout le monde resentait (sic) la nécessité de rajeunir ce gouvernement de 1200 ans, d’en simplifier le rouage pour en sauver l’indépendance. Honneur et gloire à la masse des nobles du Grand Conseil ! Ils montrent dans cette occasion un patriotisme, un zèle que leur patrie admire. »Je perds tout, disait toute éperdue l’aristocratie ; mais le Gouvernement est très faible, très vieux ; sans la démocratie, notre nation est perdue ». De sorte que l’aristocratie avait vécu, et elle était détruite dans toutes les têtes, et le peuple perdait l’espoir de s’organiser.

On délibère : 1° sur la manière de réorganiser le gouvernement ; 2° sur les moyen d’appaiser (sic) les mânes de ses frères d’armes assassinés aux Pâques de Vérone, il voulait que le Grand Conseil fit arrêter les inquisiteurs ; il leur accorda ensuite une (sic) armistice et leur donna rendez-vous à Milan.

Les députés arrivent à Milan le… ; l’on acheva la négociation pour rétablir l’union entre les gouvernements, mais la misère et toutes ses horreur affligeait la ville de Venise : 10 000 esclavons menaçaient de piller les boutiques ; l’agonie du gouvernement se manifestait par les sintomes (sic) les plus terribles. Mû par la compassion, Bonaparte acquiesça à la demande des députés qui lui demandaient de faire connaître la protection qu’il accordait aux nobles. Bonaparte envoya au doge le manifeste ci-joint. Cependant, les députés et Bonaparte arrangèrent différents articles conformément à la situation du pays ; et, afin d’empêcher, non une révolution dans le gouvernement, il était mort et mort de mort naturelle, mais empêcher le carnage et sauver la ville de Venise de la dévastation, du meurtre et du pillage.

Bonaparte accorda une division de son armée pour faire la police et la sûreté de Venise. Tous les habitants étaient dans leurs demeures. On les fit tous armer et les nobles secondèrent le peuple. Le … fut sauvé lorsque le général Baraguey-d’Hilliers, à la tête de ses troupes entra dans Venise.

Bonaparte, comme à son ordinaire, épargna le sang et fut encore le protecteur de Venise. Depuis qu’elles y sont, on y vit tranquille et l’armée ne se mêle que de donner main-forte au gouvernement provisoire.

Bonaparte ne pouvait pas dire aux députés de Venise qui venaient lui demander sa protection et son secours contre la population qui voulait piller « Je ne puis me mêler de vos affaires », puisque Venise et tout son territoire était resté le théâtre de la guerre et s’était trouvé sur les derrières de l’armée. La République de Venise était voisine de l’armée d’Italie ; le droit de la guerre donne la grande police au général sur les pays qui en sont le théâtre. Comme le disait le grand Frédéric : « Il n’y a point de pays libre où il y a la guerre ». Des avocats ignorants et bavards ont demandé, dans le club de Clichy, pourquoi nous occupons le territoire de Venise. Messieurs les orateurs, apprenez la géographie, et vous saurez que l’Adige, la Brenta, le Tagliamento, sur lesquels nous nous battons depuis deux ans, sont des états de Venise. Ah ! certes, nous voyons bien votre idée ! Vous reprochez à l’armée d’Italie d’avoir surmonté tous les obstacles et d’avoir traversé l’Italie, deux fois les Alpes, et de s’être jetée sur Vienne, obligée à reconnaître cette République que vous, Messieurs de Clichy, vous voulez détruire. Vous mettez en accusation Bonaparte, je le vois bien, pour avoir fait faire la paix.

Mais je vous prédis, et je parle au nom de 80 000 soldats : le temps où de lâches avocats et de misérables bavards faisaient guillotiner les soldats est passé ; et, si vous y obligez, les soldats d’Italie viendront à la barre de Clichy avec leur général ; mais malheur à vous !

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