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IIe Congrès de l'Internationale communiste.
Viktor BULLA

© Tous droits réservés
Lénine s'adressant à des soldats.
I.P. GOLDSTEIN

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Lénine s'adressant à des soldats, photographie retouchée.
I.P. GOLDSTEIN

© Tous droits réservés

L'histoire soumise à l'idéologie

étude


Onglets Contexte, Analyse et Interprétation

Le IIe Congrès de la IIIe Internationale communiste ou Komintern (de Kommunistiche Internazionale) marque la véritable fondation de cette nouvelle organisation dont le siège est fixé à Moscou. Y participent en effet des délégués réellement représentatifs de courants issus des partis socialistes ou des partis constitués, ce qui n’était pas le cas lors du premier. Les délégués y adoptent les statuts de l’IC qui stipulent que la « nouvelle association internationale des travailleurs est fondée dans le but d’organiser une action d’ensemble du prolétariat des différents pays, tendant à une seule et même fin : le renversement du capitalisme, l’établissement de la dictature du prolétariat et d’une république internationale des Soviets ». A ces statuts s’ajoutent vingt et une conditions destinées à faire obstacle aux socialistes réformistes, dont la constitution d’un « organisme clandestin » capable de se substituer aux structures légales en période de guerre civile (3e), la formation de noyaux communistes dans les syndicats (9e), l’obligation de procéder à des « épurations périodiques » des éléments « petits-bourgeois » (13e), le soutien « sans réserves des républiques soviétiques » (14e). Les axes de l’activité des communistes se trouvaient ainsi définis pour des décennies.

La première des trois photographies réunies ici a été prise à l’occasion du IIe Congrès de l’Internationale communiste (21 juillet-6 août 1920). De gauche à droite, on reconnaît : l’Arménien Karakhane (1889-1937) devant la colonne de gauche ; assis sur la balustrade, Karl Radek (1885-1939), à sa gauche Nicolas Boukharine (1888-1938), devant l’autre colonne Maxime Gorki (1868-1936) et au premier plan Lénine ; Zorine (1890-1937) portant un chapeau et immédiatement à sa gauche Zinoviev (1883-1936)  ; avec cravate et chaussures blanches l’Indien M. N. Roy (1887-1954), la sœur de Lénine Maria Oulianova, avec la barbe l’Italien Bombacci.
La présence de M. N. Roy indique l’importance qu’accordait Lénine aux questions nationale et coloniale : la révolution bolchevique se destine à bouleverser le monde entier. D’ailleurs Roy rédige au cours du congrès les thèses sur la question nationale, et quelques semaines plus tard, du 1er au 8 septembre, se déroule le premier congrès des peuples de l’Orient à Bakou. Des délégués d’Europe centrale y côtoient les délégués arméniens, ouzbeks, persans, arabes, khirgiz, géorgiens, chinois, etc.
Cette photographie, comme tant d’autres, sera retouchée pour qu’en disparaissent les individus qui ont rompu avec l’IC comme N. Roy ou qui ont été purgés comme Radek ou Boukharine. Ne sont conservés que Lénine et Gorki dans un cadrage réduit.
La seconde photographie date du 5 mai 1920. Lénine prend la parole devant des troupes sur le point de partir combattre l’armée polonaise qui s’est avancée vers l’est dans des territoires que les bolcheviks considèrent comme les leurs. Le 2 juillet, le général M. Toukhatchevsky aurait alors proclamé : « La route de l’incendie mondial passe sur le cadavre de la Pologne... » Son offensive fut brisée aux abords de Varsovie du 15 au 20 août, l’armée rouge étant contrainte à une retraite rapide et désordonnée. Le rêve d’atteindre l’Allemagne industrielle pour relancer la révolution mondiale avait fait long feu. L’année suivante les deux adversaires signeront un traité de paix à Riga.
En contrebas de l’estrade se tiennent Léon Trotski et (devant lui) Lev Kamenev. Dès les années trente, la photo est retouchée ou recadrée (document n° 3). Trotski, exilé sur l’île de Prinkipo dans la mer de Marmara, en disparaît tout comme Kamenev qui, appartenant à l’opposition à Staline, ne « mérite » plus de figurer sur les clichés officiels.

Une fois parvenu au pouvoir, Staline entend effacer des mémoires la place qu’occupent les grandes figures de la Révolution bolchevique. Ces montages photographiques illustrent bien sûr la volonté d’un homme de réécrire l’histoire à son profit en prenant soin de faire oublier ses rivaux. Mais elles révèlent également la nature profonde du régime totalitaire qu’est le communisme. Pour que triomphe le projet révolutionnaire, l’idéologie, la propagande et la manipulation des consciences se substituent en permanence à la réalité. Dans 1984, George Orwell évoque cette falsification du passé à travers le personnage de Winston, fonctionnaire au « ministère de la Vérité », dont la tâche est de détruire tous les jours de vieux documents et d’en fabriquer de nouveaux. Ainsi, grâce à la technique, même les traces de l’histoire peuvent être reconstruites en vue d’être conformes à la vérité officielle du moment.

Auteur : Jean-Louis PANNE

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Lénine s'adressant à des soldats.
Lénine s'adressant à des soldats, photographie retouchée.
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