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Portrait de Napoléon Ier en costume impérial.
Jacques-Louis DAVID

© Photo RMN-Grand Palais - P. Bernard
Etude de Tête pour un portrait de Napoléon Ier en costume de Sacre.
Jacques-Louis DAVID

© Photo RMN-Grand Palais - C. Jean

David et l'impossible portrait de Napoléon

étude


Onglets Contexte, Analyse et Interprétation

David, premier peintre de l’empereur mais pas son premier portraitiste.

Avec la proclamation de l’Empire en 1804, Jacques-Louis David (1748-1825), maître incontesté de l’école de peinture française, peut espérer de nombreuses commandes officielles et de nouveaux honneurs. Le peintre connaît Napoléon Bonaparte au moins depuis 1797, date à laquelle il projette de le représenter en pied, mais malgré une séance de pose, le tableau reste inachevé (Paris, Musée du Louvre). Sous le Consulat, David fut appelé à répliquer son portrait équestre de Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard (1800, château de Malmaison, commandé par roi d’Espagne) pour servir de premier portrait officiel au nouvel homme fort de la France. En septembre 1804, Napoléon l’invite à représenter son sacre prévu le 2 décembre, puis le 18 du même mois, le nomme son premier peintre.

Il revient à Charles-François Lebrun (1739-1824), ancien consul devenu architrésorier de l’Empire, de commander en août 1805 à David son premier portrait officiel de l’Empereur revêtu de son costume impérial. Nommé temporairement gouverneur général de la République Ligure, Lebrun doit alors réunir ces territoires à la France en trois départements de Gênes, Montenotte et des Appenins. Un tel portrait est nécessaire et pressant pour faire fonction d’image pérenne du nouveau souverain dans la salle d’audience de la cour d’appel de Gênes et pour servir à la peinture de répliques destinées aux deux autres tribunaux créés dans les deux dernières préfectures de Savone et Chiavari. Il souhaite donc une représentation de l’empereur « en pied avec le costume impérial, le sceptre et la main de justice ». Il précise que le tableau de Gênes est destiné à une salle richement décorée et qu’il sera accroché entre deux colonnes et sous le dais du trône. Napoléon accepte que les tableaux soient commandés à David et financés sur son budget de liste civile.

En septembre, David en a déjà réalisé une esquisse, sans aucun doute la première œuvre présentée ici et conservée aujourd’hui au Palais des Beaux-Arts de Lille. Le portrait est achevé le 3 juin 1806. Le 2 juillet, il est apporté au palais de Saint-Cloud pour être présenté à l’empereur qui le refuse, déclarant même que « c'est un portrait si mauvais, tellement rempli de défauts, que je ne l'accepte point et ne veux l'envoyer dans aucune ville, surtout en Italie, où ce serait donner une bien mauvaise idée de notre école. » L’œuvre, repart directement dans l’atelier de David où l’on perd sa trace.

Mais la commande n’est pas annulée pour autant. Elle est sur le point d’être relancée en 1811 quand David affirme s’être entre temps occupé d’une autre version qui conviendrait à Napoléon. Une esquisse (Harvard, Etats-Unis, Fogg Art Museum) et sans doute cette représentation de la tête de l’empereur (Paris, Fondation Dosne-Thiers) auraient alors servi à cette nouvelle effigie. Mais c’est au peintre Robert Lefèvre à qui revient finalement la commande pour Gênes, un portraitiste qui, comme François Gérard (élève de David), avait entre temps réalisé des effigies de l’empereur ayant emporté son adhésion et pouvant servir de portrait officiel.

Hiératisme et simplicité

David esquisse d’abord une représentation de l’empereur debout devant son trône, exhaussé sur une estrade. L’image est frontale, le siège et l’Empereur étant de face, mais sa tête et son regard sont tournés vers sa droite. Napoléon est vêtu du grand costume impérial, avec sa tunique blanche brodée d’or recouverte du manteau de velours rouge et d’hermine. Il porte le grand collier de la Légion d’Honneur, ceint la couronne de laurier en or, tient le sceptre à l’aigle impériale dans sa main droite et la main de justice dans celle de gauche (ce sont les emblèmes dits des honneurs). L’empereur est sous le baldaquin formé d’amples draperies soutenues par deux candélabres. L’ensemble (décor et posture) apparaît hiératique et Napoléon semble comme engoncé dans son costume de sacre.

La tête correspond au second portrait élaboré par David où Napoléon est toujours de face, le visage tourné vers la droite. Son regard se porte dans la même direction et le lointain, mais les traits apparaissent plus paisibles et l’image simplifiée. Le visage est mis en valeur par le manteau impérial en hermine,recouvert des aigles du grand collier, par la cravate de dentelle, par la couronne de laurier en or et surtout par un original fond noir trahissant le caractère d’étude de l’œuvre.

David, premier peintre sans portrait officiel

Des dessins de David prouvent que son premier portrait est concomitant avec l’élaboration de sa série de toiles dédiée au sacre et plus précisément à celle non réalisée qui devait représenter l’intronisation. Ici, ce serait plus précisément le moment suivant le serment constitutionnel, lorsque l’empereur quitte son trône et reprend la main de justice et un sceptre (sceptre dont Lebrun a la charge durant la cérémonie).

On ne sait précisément pourquoi cette première représentation n’a pas plu à l’empereur : la participation d’un élève de David (George Devillers, auteur d’un portrait maladroit de Napoléon en costume de Sacre aujourd’hui conservé à la cour des Comptes) aurait un peu gâché l’œuvre et le maître n’aurait pas réussi à la reprendre ; David agaçait aussi le pouvoir par ses prix trop élevés (il demandait 31 000 Fr pour les trois portraits et beaucoup trop pour ses tableaux du sacre) ; l’image aurait pu apparaître aussi trop hiératique …

La seconde version réalisée par David apparaît justement plus simple, moins pompeuse (avec l’abandon du décor environnant, l’adjonction d’un siège pour porter des emblèmes impériaux et contrebalançant le trône placé, cette fois-ci, de biais et en retrait). La figure de l’empereur semble plus calme, comme le prouve la tête présentée ici. Cette seconde version date de 1807 et s’inspire du portrait le plus connu et le plus diffusé de Napoléon en costume de sacre par Gérard, datant lui de 1805.

Le second projet servit toutefois à David dès 1808 pour peindre un portrait commandé par Jérôme Napoléon, le frère cadet de l’empereur et roi de Westphalie. Il aurait cependant été exposé inachevé au Salon du Louvre de la même année et disparaît par la suite. Ce qui aboutit à un paradoxe flagrant : il n’existe pas de portrait officiel grandeur nature de Napoléon par son premier peintre.

Auteur : Guillaume NICOUD

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Portrait de Napoléon Ier en costume impérial.
Etude de Tête pour un portrait de Napoléon Ier en costume de Sacre.
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