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L'empereur Napoléon Ier sur la terrasse du château de Saint-Cloud entouré des enfants de sa famille.
Louis DUCIS

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot
Arrivée de l'archiduchesse Marie-Louise à Compiègne.
Pauline AUZOU

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet / J. Schormans
Napoléon, Marie-Louise et le roi de Rome.
Alexandre MENJAUD

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

Napoléon en privé

étude


Onglets Contexte, Analyse et Interprétation

Autant les tableaux témoignant des grands événements du règne de Napoléon sont nombreux, autant les tableaux contemporains le représentant dans l’intimité sont rares. C’est sans doute qu’un homme sacré, un homme providentiel comme lui, le Grand Homme qu’il était, ne pouvait s’abaisser à avoir une vie privée.
Pourtant, si dans la réalité Napoléon n’eut en effet guère de loisirs à consacrer à sa vie privée, un élément demeurait en suspens : l’avenir de la dynastie. L’impératrice Joséphine devenue stérile, il fallait pourtant un héritier à l’Empereur. Les tableaux de Ducis et de Pauline Auzou interviennent donc dans une sorte de propagande montrant tous les espoirs placés par les Français dans l’avenir de Napoléon. En ce sens, ils sont plus que de simples scènes d’intimité, comme celle que représente Menjaud.

LE TABLEAU DE DUCIS

Présenté au Salon de 1810, le tableau de Ducis montre pour la première fois un Empereur paternel, jouant avec des enfants en toute simplicité. Ces enfants sont ses neveux et nièces, entre autres les petites Louise et Letizia, filles de Caroline Murat, reine de Naples, copiées d’après le tableau de Gérard (musée de Fontainebleau). Ducis, élève de David, s’est aussi inspiré de Gérard pour peindre au premier plan le jeune garçon à la ceinture bleue, Napoléon-Charles, fils de Louis, roi de Hollande, et de la reine Hortense, et à droite un peu à l’écart, l’aîné des garçons, Achille, fils de Caroline, revêtu d’un uniforme militaire, que son attitude pose en quelque sorte en héritier présomptif de Napoléon. La formation militaire de ces jeunes garçons est déjà commencée comme le montrent les petits soldats avec lesquels joue le petit prince accroupi, Napoléon-Louis Murat, toujours copié de Gérard. Cependant c’est l’enfant que tient Napoléon sur ses genoux qui deviendra plus tard Napoléon III : il s’agit de Louis-Napoléon né en 1808, fils de la reine Hortense et de Louis, roi de Hollande.

LE TABLEAU DE PAULINE AUZOU

Pauline Auzou est l’une de ces nombreuses femmes artistes de l’époque néoclassique. Elève de Regnault, le grand rival de David, elle a conservé la douceur et le moelleux du style de son maître.
Son tableau est le pendant d’une autre composition montrant les Adieux de Marie-Louise à sa famille, à Vienne, le 13 mars 1813, également conservé au musée de Versailles.
Ayant répudié Joséphine en 1809 en raison de sa stérilité, Napoléon se résigna à épouser l’archiduchesse Marie-Louise de Habsbourg. Après un mariage par procuration célébré le 11 mars 1810, les deux époux se rencontrent à Courcelles dans l’Aisne, le 27 mars 1810, avant leur arrivée à Compiègne, qui est ici représentée. Pauline Auzou a été assez habile pour éviter le schéma trop classique du face-à-face. Bien que relégué dans l’ombre, l’Empereur donne au tableau son sens. Son regard scrutateur – il observe à qui il a affaire à défaut d’aimer déjà sa jeune épouse – s’oppose à l’enthousiasme général qui transforme la composition en une sorte d’allégorie de la Grâce, par le truchement de la myriade de jeunes filles qui accueillent la nouvelle impératrice. Ce tableau événementiel se présente donc comme un véritable tableau d’Histoire, à l’inverse de la composition précédente.

LE TABLEAU DE MENJAUD

Napoléon, manifestant un amour passionné pour son fils, né le 20 mars 1811, regarde le spectateur comme pour le prendre à témoin de l’assurance de la transmission du pouvoir. L’œuvre est une réponse aux espoirs de Ducis et de Pauline Auzou. L’impératrice Marie-Louise contemple la scène avec un sourire de bonheur contemplatif, sous les regards attentifs de madame Auchard, nourrice du roi de Rome, et de madame de Montesquiou-Fezensac, gouvernante des enfants de France, c’est-à-dire du petit prince. A droite se tient probablement son époux, Pierre de Montesquiou-Fezensac, nommé grand chambellan en 1810, à moins qu’il ne s’agisse d’Etienne Regnault de Saint-Jean-d’Angély, secrétaire d’Etat de la famille impériale, comme le laisse supposer une inscription au revers du tableau. Contrairement aux deux précédentes œuvres, la peinture de petites dimensions de Menjaud, élève également de Regnault, montre une véritable scène intimiste. Madame de Montesquiou avait en effet coutume d’amener l’enfant à la fin de chaque repas de l’Empereur. Celui-ci jouait avec lui ou lui montrait les passants depuis les fenêtres des Tuileries.

Dans les deux premiers cas, c’est bien l’attente d’une descendance assurée de Napoléon qui est peinte. Chez Ducis, elle se révèle dans l’attitude du garçon de droite et dans celle du petit prince vêtu de blanc, qui l’un et l’autre regardent fixement le spectateur de l’œuvre comme s’ils l’interrogeaient sur le futur choix impérial. Dans le cas de Pauline Auzou, c’est l’enthousiasme d’une descendance assurée par la belle mine de cette jeune fille blonde vêtue de rouge qu’était alors la nouvelle impératrice. Dans l’œuvre de Menjaud, le principe est inversé, et c’est Napoléon qui prend à témoin le spectateur.

Auteur : Jérémie BENOÎT

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Napoléon, Marie-Louise et le roi de Rome.
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