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Acte d’accusation du procès de Marie-Antoinette devant le Tribunal révolutionnaire.
© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie
Dernière lettre de Marie-Antoinette.
© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie
Dernière lettre de Marie-Antoinette.
© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

Les dernières heures de Marie-Antoinette

étude


Onglets Contexte, Analyse et Interprétation

Le procès de la reine

Le peuple de Paris voit en Marie-Antoinette celle qui inspire au Roi ses tentatives de résistance au développement des mesures révolutionnaires. On la surnomme « Madame Veto » tout autant que « l'Autrichienne » et « Madame Déficit ».

Après la suspension du roi, elle est emprisonnée au Temple avec le roi, le dauphin et sa sœur Marie-Thérèse-Charlotte (Madame Royale), et Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI, le 13 août 1792. Après l’exécution de Louis XVI, les membres de la famille royale restent réunis au Temple pendant plusieurs mois. Puis, le 1er juillet 1793, le dauphin est séparé de sa famille. La Convention passée entièrement aux mains des Montagnards vote, le 1er août 1793, le renvoi de la reine devant le Tribunal révolutionnaire, juridiction d'exception créée le 10 mars. Le lendemain, elle est transférée à la Conciergerie, lieu de détention des accusés devant comparaître devant le Tribunal révolutionnaire.

Marie-Antoinette a pour avocats Chauveau-Lagarde et Tronson-Ducoudray, commis d'office la veille de l'ouverture du procès, qui a lieu les 14 et 15 octobre 1793. Les débats durent vingt heures consécutives. Le Tribunal révolutionnaire la reconnaît coupable "d'avoir coopéré directement aux manœuvres et intelligences avec les puissances étrangères et les ennemis extérieurs de la République ainsi qu'aux complots et conspirations tendant à allumer la guerre civile en armant les citoyens les uns contre les autres", comme l’indique le compte rendu de la séance du Tribunal, et la condamne à la mort.

Le verdict, prononcé par le jury du Tribunal révolutionnaire, le 16, à quatre heures du matin, est exécuté, sans délai, à midi et quart, Place de la Révolution, sur les lieux mêmes où Louis XVI avait été guillotiné le 21 janvier (aujourd’hui Place de la Concorde).

Un témoin oculaire, un nommé Lapierre, écrit à la société populaire de Carentan que la reine, qu’il appelle la garce « a été à l’échafaud avec une fermeté incroyable, sans broncher ».

Une lettre discrète et anonyme

Transcription de la lettre[1]

Cette lettre n’est connue qu’en 1816, lorsque Louis XVIII fait saisir les documents conservés par le conventionnel Courtois qui avait été chargé de l’inventaire des papiers de Robespierre, après le 10 thermidor. Son authenticité a parfois été mise en cause mais elle faisait partie, semble-t-il, de documents gardés par lui, depuis cette date.

Marie-Antoinette la rédige dans son cachot de la Conciergerie, d’une écriture rapide et serrée, sur un papier de petites dimensions (23 x 19 cm) plié en deux, le 16 octobre 1793, à 4h30 du matin, après l’annonce de sa condamnation. L’ex-reine ne la signe pas et ne mentionne aucun nom, dans l’espoir, peut-être, de la faire parvenir discrètement. Elle l’adresse à la sœur de Louis XVI, qui partage la captivité des enfants royaux au Temple.

Madame Elisabeth, qui sera elle-même guillotinée, le 10 mai 1794, n’en a jamais pris connaissance. La missive qui est revêtue des signatures (en page 2) et des paraphes (en haut de la page 1) de l’accusateur public, A.Q.(Antoine Quentin) Fouquier-Tinville et des députés à la Convention Lecointre, Legot, Guffroy, Massieu, était restée aux mains des Jacobins.

La lettre fait allusion à une circonstance pénible du procès : Marie-Antoinette eut à répondre à des insinuations sur la nature incestueuse de ses relations avec son petit garçon. Alors âgé de huit ans, l’enfant s’était appliqué à répéter sans les comprendre des calomnies qu’on faisait courir sur sa mère et sur sa tante.

Malgré son exécution très proche et son isolement, Marie-Antoinette récuse d’avance toute assistance d’un prêtre assermenté car ces prêtres qui ont prêté le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, condamnée par Rome, sont considérés comme ne faisant plus partie de l’Eglise catholique.

Que recommander d’essentiel à ses enfants avant de mourir ?

Marie-Antoinette qui vient de vivre seule une captivité de deux mois et demi sans pouvoir communiquer avec ses enfants, tente de leur faire passer par cette lettre à sa belle sœur ses dernières recommandations. La reine que Jérôme Pétion décrivait, encore en juin 1791, comme autoritaire et superficielle s’exprime à ce dernier instant sans détours. Sa préoccupation essentielle concerne l’état d’esprit dans lequel ses enfants assumeront la mort de leur parents, dans leur vie à venir dont elle ne veut pas douter.

A ses yeux, le plus important est qu’ils vivent dans un esprit de pardon, loin de toute idée de vengeance, mais en recherchant au contraire une véritable union entre eux, et qu’ils s’appuient, comme elle-même, sur la confiance en Dieu.

Sans un mot de plainte ni de regret pour sa situation passée, Marie-Antoinette, qui se prépare avec lucidité à son exécution dans les heures qui suivent, ne songe plus qu’à laisser dans un langage simple, un héritage spirituel à ses enfants.

Auteur : Luce-Marie ALBIGÈS

Notes

Ce 16 8bre, 4heures ½ du matin

C'est à vous, ma sœur, que j'écris pour la dernière fois ; je viens d'être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien ; j'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n'existais que pour eux, et vous, ma bonne et tendre sœur, vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse !

J'ai appris par le plaidoyer même du procès que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n'ose lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre, je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra, recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront grands, ils pourront se réunir avec vous et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer : que les principes et l'exécution exacte de leurs devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur ; que ma fille sente à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que son [mot rayé dans l'original] l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils, à son tour, rende à sa sœur tous les soins, les services, que l'amitié peut inspirer ; qu'ils entent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union, qu'ils prennent exemple de nous : combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolations, et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ?

Que mon fils n'oublie jamais les dernier mots de son père que je lui répète expressément : qu'il ne cherche pas à venger notre mort. J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il et facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas ; un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux.

Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide, que je n'en aurais réellement pas eu le temps. Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle où j'ai été élevée, et que j'ai toujours professée, n'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s'ils y entraient une fois. Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que, dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tout (sic) ceux que je connais et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis adieu à mes tantes et (un mot rayé] et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis, l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant, qu'ils sachent au moins que, jusqu'au dernier moment, j'ai pensé à eux.

Adieu, ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver ! Pensez toujours à moi, je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants : mon Dieu ! qu'il est déchirant de les quitter pour toujours ! Adieu, adieu ! Je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre, mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.

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