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Pauline Bonaparte, princesse Borghèse, duchesse de Guastalla.
Robert LEFEVRE

© Photo RMN-Grand Palais - Droits réservés
Pauline Bonaparte, princesse Borghèse.
Marie Guilhelmine BENOIST

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet / J. Schormans
Pauline Borghèse Bonaparte en Vénus.
Antonio CANOVA

© Archives Alinari, Florence, Dist RMN-Grand Palais / Fratelli Alinari

Pauline Borghèse, princesse et muse

étude


Onglets Contexte, Analyse et Interprétation

Pauline Bonaparte (1780-1825), née Maria-Paoletta, est la seconde fille de Charles Bonaparte et de Laetizia Ramolino. Sa beauté remarquable lui vaut de nombreux prétendants dès son adolescence, tel le controversé commissaire extraordinaire du Directoire Stanislas Fréron, ou le général Duphot. Mais c’est au brillant général Victor-Emmanuel Leclerc que Napoléon décide de la marier en 1797. Lorsque celui-ci est nommé commandant en chef de l’expédition de Saint-Domingue en octobre 1801, avec pour mission de réprimer l’insurrection de l’île, son épouse et leur fils Dermide (né en 1798) l’accompagnent. Quoiqu’elle ne fasse pas preuve d’une grande fidélité conjugale, Pauline est profondément affectée par la mort de son mari un an plus tard, lors de l’épidémie de fièvre jaune qui fauche une grande partie du corps expéditionnaire. Bien avant d’adopter une politique matrimoniale destinée à fédérer le nouvel Empire d’Occident, Napoléon, secondé par l’obligeance de sa sœur, va faire d’elle un instrument de conquête diplomatique en la mariant au prince Camille Borghèse, chef d’une des plus grandes familles romaines, en novembre 1803. Princesse, elle ne cesse pas pour autant d’être une aventurière sentimentale et le couple va vivre séparé la plus grande partie de son existence, Pauline résidant à Paris tandis que Camille poursuit une carrière militaire sans éclat dans l’armée impériale. La plus belle victoire que celui-ci apporte à Napoléon lui est particulièrement douloureuse : c’est celle de la vente à l’État français, en novembre 1807, de sa collection d’antiquités, l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses d’Europe. Il y a été contraint par de graves difficultés financières, dues à la conjoncture politique autant qu’au train de vie de Pauline, et par les pressions de l’Empereur lui-même. D’abord flatteuse, l’alliance qu’il a contractée avec le clan Bonaparte s’avère ruineuse pour l’héritier des Borghèse. Il reçoit certes en compensation la concession des rentes du fief Lucedio dans le Piémont. Napoléon le nomme par ailleurs gouverneur général des départements au-delà des Alpes, avec Turin pour siège du gouvernement, dans l’espoir notamment de voir Pauline lui revenir. Mais le rapprochement ne se fera qu’après la chute de l’Empire, après que la sœur de Napoléon ait dû abandonner l’espoir de l’accompagner dans son exil.

Robert Lefèvre était considéré de son vivant comme le meilleur peintre de portrait après Gérard, et a réalisé à ce titre un nombre considérable d’effigies officielles des membres de la famille impériale. Son talent cependant, plus inconstant que celui de son confrère, se fait parfois guindé, son style, descriptif, et ses figures, moins naturelles et ressemblantes que celles de Gérard. Quoique d’un dessin un peu naïf, celle de Pauline, commandée en 1806 pour une galerie de portraits des princesses impériales prévue au château de Saint-Cloud, échappe à cette production ennuyeuse par sa composition : le regard affectueux que la princesse porte sur le buste de Napoléon, à l’expression mélancolique, esquisse une narration ; il traduit l’affection bien réelle que partagent le frère et la sœur.
Élève de David et épouse d’un secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Mme Benoist a bénéficié du soutien accordé à tous les peintres méritants de l’Empire et a réalisé plusieurs portraits de Napoléon et de dignitaires du régime. Mais c’est sans doute pour son excellence dans la représentation de la grâce féminine qu’elle fut sollicitée à plusieurs reprises par la princesse Elisa. Le portrait de sa sœur Pauline, qui lui était destiné et orna la galerie de la villa Marlia près de Lucques, en est un témoignage. Il se veut résolument plus séducteur et galant que celui de Robert Lefèvre : la posture réservée de la princesse Borghèse est tempérée par une expression avenante et un regard enjôleur, tandis que sa parure et son grand habit de cour, non moins luxueux que ceux représentés par Lefèvre, brillent avec plus d’éclat.
Les agréments dont Canova a doté Pauline dans sa statue sont d’une toute autre nature. Langoureusement allongée sur un lit à l’antique, dénudée et dépourvue de tout ornement, elle est représentée en Vénus victorieuse, tenant d’une main la pomme de Pâris. Premier portrait idéalisé d’un personnage contemporain conçu par Canova, l’œuvre échappe à tous les codes de la représentation officielle et n’a pas non plus d’antécédent dans la sculpture ancienne ni contemporaine. Quoique le prince Borghèse en soit le commanditaire, le sujet a peut-être été prescrit par la vanité du modèle, qui refusa la première proposition du sculpteur de la représentée en Diane. L’effet de chair, augmenté par une patine de cire fondue légèrement rosée, a fait de Pauline en Venus Victrix une incarnation universelle de la sensualité féminine et l’objet d’un culte de la part des esthètes et écrivains de son siècle.

La grande beauté de Pauline lui vaut une place à part dans la galaxie des napoléonides. Si elle jouit sans réserve du pouvoir que son physique et son charme lui permettent d’exercer sur les hommes, c’est sans autre but que de satisfaire son besoin de liberté. Elle ne renonce pas aux aventures amoureuses en se soumettant aux volontés matrimoniales de Napoléon. Si elle met sa personne au service de desseins politiques, c’est par manque d’ambition personnelle, mais surtout en raison d’une affinité élective comparable à celle qu’Elisa partage avec Lucien. Son besoin d’exclusivité, qui trouve son origine dans les attentions que Napoléon lui a très tôt prodiguées, a d’ailleurs engendré des conflits avec Joséphine ainsi qu’avec Marie-Louise, dont elle se sent concurrente. Étrangère aux enjeux du pouvoir et sincèrement attachée à sa famille, Pauline est un agent de liaison entre ses frères et réussit parfois à les réconcilier. Elle est cependant la seule, Madame Mère exceptée, à partager l’adversité de l’Empereur au moment de sa chute, quand les napoléonides s’accrochent à leur couronne. Elle l’accompagne en exil sur l’île d’Elbe, lui envoie ses diamants quant elle le croit financièrement embarrassé au moment de son retour, et veut être à ses côtés à Sainte-Hélène. C’est néanmoins à Florence, aux côtés de son mari avec lequel elle s’est réconciliée, qu’elle meurt le 9 juin 1825.

Auteur : Mehdi KORCHANE

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Pauline Bonaparte, princesse Borghèse, duchesse de Guastalla.
Pauline Bonaparte, princesse Borghèse.
Pauline Borghèse Bonaparte en Vénus.
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