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Plan-relief de la ville de Mont-Dauphin.
© Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojeda

Les plans-reliefs

étude


Onglets Contexte, Analyse et Interprétation

La collection des plans-reliefs

La collection des plans-reliefs est née dans un contexte historique particulier, celui de l’émergence à l’époque moderne d’une conception nouvelle de la frontière et de sa défense. C’est au cours des XVIe et XVIIe siècles, en effet, que l’idée de frontières linéaires se répandit, remplaçant progressivement les zones de marches ou de tampons qui avaient prévalu à l’époque médiévale. Cette configuration donna aux villes-frontières un rôle nouveau, illustré par l’émergence de systèmes de fortification cohérents. En France, c’est en 1668 que l’idée de faire fabriquer des maquettes des villes fortifiées vint au marquis de Louvois, soucieux de présenter au roi Louis XIV les moyens d’améliorer la défense des places prises lors de la guerre de Dévolution. Installée au Tuileries, la collection s’agrandit au gré des guerres. Dès la fin du XVIIe siècle, une centaine avait été construite. Elles furent installées en 1700 dans la grande galerie du Louvre où elles restèrent jusqu’à leur transfert, en 1777, sous les combles de l’hôtel des Invalides, où elles se trouvent toujours.

Après la Révolution, la période napoléonienne marqua un renouveau de l’art de la maquette. L’empereur commanda la réalisation de plans des principaux arsenaux maritimes et terrestres, et l’amélioration des méthodes de relevés topographiques fait des maquettes conçues alors de véritables chefs-d’œuvre. Des plans-reliefs furent encore réalisés tout au long du XIXe siècle pour représenter en trois dimensions des chantiers en milieu très accidenté, comme ceux du fort l’Écluse (1832-1841) ou de Grenoble (1839-1848). La production s’acheva en 1873, avec l’abandon de la construction des fortifications bastionnées.

De 1668 à 1873, 260 plans-reliefs représentant 150 sites fortifiés implantés aux frontières de la France et dans les anciennes possessions françaises ont été construits.

Représentation des villes fortifiées et de leurs campagnes environnantes (1668-1873)

Le plan-relief de Mont-Dauphin a été construit en 1709. Il représente la place forte créée de toute pièce par Vauban à partir de 1693 pour protéger la frontière des Alpes, suite à l’invasion du Haut-Dauphiné par le duc de Savoie en 1692. La maquette restitue avec précision le site d’implantation de la ville, signalé à Vauban par le maréchal Catinat : un plateau, dit des « Mille Vents », situé au confluent du Guil et de la Durance, point de passage des armées savoyardes pour entrer en Dauphiné. Le tracé des fortifications mises en œuvre par Vauban à Mont-Dauphin rend compte de ses très grandes capacités d’analyse des sites et d’adaptation des constructions défensives au terrain. Selon la formule empruntée aux ingénieurs militaires, on trouve à Mont-Dauphin une savante combinaison entre la fortification par nature, offerte par le terrain, et la fortification par art, c’est-à-dire aménagée par la main de l’homme. Ainsi, les défenses naturelles, constituées par les escarpements qui dominent les deux vallées, ont simplement et renforcées par des remparts au tracé irrégulier. En revanche, la gorge du plateau, point d’attaque potentiel, a été mise en défense par deux fronts bastionnés au tracé régulier. Sur le plan-relief, le dessin des fortifications est souligné par une double rangée d’arbres. Ces plantations à usage militaire – en général des ormes et des frênes - étaient présentes sur les remparts de toutes les places fortes. Elles servaient au maintien des terres qui composaient les fortifications, et aussi de réserve de bois en cas de siège, pour la confection de palissades notamment.

L’intérieur de la ville, visible sur le plan-relief, a été réactualisé lors de la restauration de la maquette en 1763. Il représente un état qui n’a jamais existé, entre projet et réalité. Le petit nombre d’habitations est fidèle au faible développement économique et démographique de la ville, soixante-dix ans après sa création. Vauban espérait deux mille habitants ; il n’y en eut jamais plus de quatre cents. L’église Saint-Louis, entière sur le plan-relief, ne fut jamais achevée, faute de moyens et de fidèles. Seul le chœur a été construit.

Au fond de l’image, à gauche, un long casernement au tracé irrégulier – la caserne Rochambeau - a été établi le long du front d’Embrun. Doté de deux étages dans la réalité, il n’en comprend qu’un sur le plan-relief.

Interprétation. Un outil pédagogique

Conçue au départ comme un outil de programmation, la collection s’est rapidement révélée un excellent outil pédagogique. Vauban, pourtant hostile à l’origine à la fabrication des plans-reliefs, qu’il considérait comme trop coûteuse, ne dédaignait pas de les utiliser pour montrer au roi ou à Louvois les faiblesses d’une fortification ou le déroulement d’un siège. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, ils furent autant des objets de prestige que des outils destinés à enseigner l’art de la fortification. Si ces fonctions ont aujourd’hui décliné, les plans-reliefs sont devenus des témoignages uniques de l’histoire de France. Grâce à leur souci du détail, ils apportent une contribution essentielle à notre connaissance du tissu urbain et de son environnement aux XVIIIe et XIXe siècles. L’exemple présenté souligne cependant la grande prudence avec laquelle ces œuvres doivent être analysées. Pour établir la fiabilité de leur représentation, il convient en effet de connaître le contexte de leur réalisation, mais aussi de les comparer avec d’autres sources documentaires disponibles (cartes, plans, cadastre, vues, mémoires descriptifs, etc.).

Plus largement, ils peuvent nourrir une réflexion très contemporaine sur les rapports à l’espace, l’urbanisation, le territoire, les frontières, l’idée de nation et ses multiples évolutions.

Etude en partenariat avec la maison de l’histoire de France

Découvrez le plan-relief de la ville de Neuf-Brisach sur notre site Panorama de l’art.

Auteur : Isabelle WARMOES et Emmanuel PENICAUT

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