Bouton - zoom navigable Bouton - image adaptée au cadre Zoom indisponible
Bouton masquer le texte

légende


Titre et auteur

interface


Alterner image plein cadre et zoom navigable (si le zoom est disponible)

Masquer ou afficher le texte

Barre centrale ajustable
La gare Saint-Lazare.
Claude MONET

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Le chemin de fer, symbole d'une nouvelle révolution industrielle

étude


Onglets Contexte, Analyse et Interprétation

Symbole de la révolution industrielle naissante, le chemin de fer se développe en France à partir des années 1820. Longtemps considéré comme une curiosité, un " jouet " selon Thiers, il devient sous le Second Empire un nouveau, prodigieux, moyen de transport. Rapidement, la construction de voies ferrées et de gares remodèle le visage de Paris, au centre du réseau en étoile des six grandes compagnies. Cette formidable promesse de progrès et de liberté fascine la population, et notamment les artistes, comme en témoigne témoigne La Gare Saint-Lazare[1] de Monet.

En janvier 1877, Claude Monet s’installe près de la gare Saint-Lazare. Désireux de s’atteler à un sujet résolument moderne et urbain, le peintre obtient du directeur des Chemins de fer de l’Ouest l’autorisation officielle de dresser son chevalet à l’intérieur de la gare.

Installé sur le quai de la ligne d’Auteuil, Monet représente l’activité fourmillante du lieu. Au centre, une locomotive sombre entre en gare en laissant s’échapper de gros nuages de fumée tandis qu’un train file vers le pont de l’Europe, qui enjambe les voies ferrées au loin. A gauche, l’isolement d’un wagon à l’arrêt contraste avec l’effervescence d’un départ ou d’une arrivée, à droite. D’imposants immeubles baignés de lumière et un ciel clément se partagent tout l’arrière-plan. L’architecture de la halle crée subtilement une composition symétrique où la perspective s’enfonce au centre dans la profonde tranchée que la construction des voies a creusée le long de la rue de Rome.

Monet saisit sur le vif l’atmosphère bouillonnante qui, tour à tour, estompe ou souligne la charpente métallique et la verrière de la marquise, le tracé des voies, les façades des immeubles, les silhouettes. Par une palette riche et une touche variée, le peintre fixe les " impressions " que lui inspirent les jeux multiples de lumière et de couleurs entre le soleil et la vapeur.
Contrairement à Manet et Caillebotte sur le même sujet[2], il aborde la gare comme un lieu en perpétuel mouvement et s’attache à rendre tous ses aspects changeants avec une grande variété de techniques et de compositions[3].

Devant ce tableau et six autres vues de la gare Saint-Lazare que Monet présente à la troisième exposition des Impressionnistes en 1877, de nombreux critiques reconnaissent sa remarquable capacité à restituer la vie de la gare, ses couleurs et ses bruits. Le peintre immortalise ainsi la gare Saint-Lazare[4] construite par l’architecte Alfred Armand en 1841-1843 et couverte, côté banlieue, d’une immense marquise aménagée par l’ingénieur Eugène Flachat en 1853 . Cette partie de la gare, laissée intacte par l’architecte Juste Lisch, chargé du dernier agrandissement de la gare en 1885-1889, est, encore aujourd’hui, identifiable. Monet nous invite également à découvrir le nouveau quartier de l’Europe, établi par le baron Haussmann en 1858 et réalisé à partir de 1860 ; ses larges artères, ses immeubles de rapport et le pont de l’Europe, qui remplace en 1867 l’ancienne place de l’Europe et ses tunnels.

Il est ainsi passionnant de vérifier que les maîtres impressionnistes, et Monet le premier d’entre eux, n’ont pas été seulement de merveilleux paysagistes, mais aussi des observateurs sensibles de la ville moderne.

Auteur : Fleur SIOUFFI

Notes

La gare Saint-Lazare est la plus ancienne des gares parisiennes. Héritière de l'embarcadère inauguré en 1837 pour l'ouverture de la première ligne au service des voyageurs reliant Paris à Saint-Germain-en-Laye, la gare devient, au gré de la multiplication des lignes, de la fusion des compagnies ferroviaires et de ses agrandissements successifs, la tête de ligne pour tout l'Ouest de la France.

Le thème du chemin de fer n'est pas nouveau car, dès 1844, Turner peint Pluie, vapeur et vitesse.

Dix ans avant de célébrer, à son tour, la gare Saint-Lazare dans La Bête humaine Emile Zola rend un hommage vibrant aux recherches de Monet: "Là est aujourd'hui la peinture, dans ces cadres modernes d'une si belle largeur. Nos artistes doivent trouver la poésie des gares, comme leurs pères ont trouvé celle des forêts et des fleuves".

Au-delà de la fascination pour les effets magiques de l'atmosphère et de la lumière, le peintre représente l'un des emblèmes de la société industrielle alors en plein essor: une architecture de verre et de métal, l'une de ces "cathédrales de l'humanité nouvelle" fêtées par l'écrivain et critique d'art Théophile Gautier.

Image précédente
Image suivante

vignette(s)


Vignette(s), cliquable(s) pour les études comparatives

image


Clic : alterner image plein cadre et zoom navigable (si le zoom est disponible)
Tirer-gisser : se déplacer dans le zoom navigable
La gare Saint-Lazare.
Bouton - zoom navigable Bouton - image adaptée au cadre Zoom indisponible
Bouton afficher le texte
Image suivante
Image précédente
Aide
Zoom navigable
Image adaptée au cadre
Zoom indisponible
Masquer le texte
Zoom navigable
Image adaptée au cadre
Zoom indisponible
Afficher le texte
Image suivante
Image précédente