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Méphisto dans la taverne des étudiants allumant le feu. Méphisto dans la taverne des étudiants allumant le feu.
Eugène DELACROIX.
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Méphistophélès dans les airs.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Méphistophélès dans les airs.

Auteur : Eugène DELACROIX (1798-1863)
Dimensions : Hauteur 27 cm - Largeur 23 cm
Technique et autres indications : Lithographie.
Méphistophélès dans les airs, 1er état sur 5, 1828.
Lieu de Conservation : Musée Eugène Delacroix (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-513975 / MD2004-15

Faust dans son cabinet.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot / C. Jean

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Titre : Faust dans son cabinet.

Auteur : Eugène DELACROIX (1798-1863)
Dimensions : Hauteur 25 cm - Largeur 17 cm
Technique et autres indications : Lithographie.
Faust dans son cabinet, 5ème état, 1827.
Légende : "Pauvre crâne vide que me veux-tu dire avec ton grincement hideux ?"
Lieu de Conservation : Musée Eugène Delacroix (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-513964 / MD2002-46

Méphisto apparaissant à Faust dans son cabinet.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : Méphisto apparaissant à Faust dans son cabinet.

Auteur : Eugène DELACROIX (1798-1863)
Technique et autres indications : Lithographie.
Méphisto apparaissant à Faust dans son cabinet, 1828.
Légende : "Meph : Pourquoi tout ce vacarme ? que demande Monsieur ? Qu'y a-t'il pour son service ?"
Lieu de Conservation : Musée Eugène Delacroix (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97-004073 / SED1965-6

Méphisto dans la taverne des étudiants allumant le feu.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : Méphisto dans la taverne des étudiants allumant le feu.

Auteur : Eugène DELACROIX (1798-1863)
Technique et autres indications : Lithographie.
Méphisto dans la taverne des étudiants allumant le feu, 1828.
Légende : "- Au feu, à l'aide, l'enfer s'allume.
- Sorcellerie ! Jettez vous sur lui... son affaire ne sera pas longue."
Lieu de Conservation : Musée Eugène Delacroix (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97-004083 / SED1965-8

  Contexte historique

Le Faust de Goethe au tournant du Sturm und Drang et du romantisme

Delacroix chef de file des artistes romantiques français est un artiste aux talents multiples, ayant laissé grâce à celui de sa plume, de nombreux témoignages sur le contexte social, culturel et artistique de son époque. Son journal, tout autant que sa correspondance, nous plongent dans un canevas riche et inspiré qui nous donne le fil, à défaut des clés, de sa production.

Delacroix mène la vie des jeunes romantiques. D’une culture littéraire et artistique très pointue, il fréquente la meilleure société, les salons les plus huppés comme les artistes les plus en vue. Féru de théâtre, comme la majorité de ses contemporains, il fréquente assidûment les salles parisiennes et ne manque pas de se rendre au spectacle lorsqu’il voyage.

La première partie du Faust de Goethe parait en 1808 et donne très vite lieu à de multiples adaptations, illustrations et traductions.
La première traduction française est due à Albert Stapfer en 1823. Celle de Gérard de Nerval de 1828 offre à l’œuvre une dimension poétique.
Delacroix n’attendra pas cette traduction pour manifester son intérêt envers cette figure médiévale, élevée au rang de mythe par un Goethe inspiré qui signe là son chef d’œuvre.
Dès 1824 dans son Journal, Delacroix fait part de son attrait pour le sujet, illustré par Pierre de Cornelius dès 1810.

Assistant à une adaptation du Faust au théâtre de Drury Lane à Londres, en 1825, il est frappé par la théâtralité du sujet. Quand l’éditeur Charles Motte lui propose d’illustrer la traduction de Stapfer entre 1826 et 1827, Delacroix est prêt à accepter la proposition qui concourt à la fois à l’attrait qu’il manifeste pour le sujet, à la conscience manifeste de s’associer à une œuvre qui touche à l’universel.

  Analyse des images

Une richesse de traitement au regard de la diversité des situations du texte

Pour illustrer la traduction de Stapfer, Charles Motte avait commandé à Delacroix dix-sept lithographies. Celles-ci furent ensuite reproduites en planches isolées. Les quatre lithographies présentées dans cette étude décrivent les deux protagonistes, leur rencontre et le début de leurs aventures communes.

Le Méphistophélès ailé, suspendu au dessus de la ville plongée dans les ténèbres est la première lithographie de la série. Le Méphistophélès est central dans l’interprétation qu’en donne Delacroix. Ange déchu, il plane sur la ville médiévale, lieu du triomphe de l’argent, de la mutation culturelle et des angoisses spirituelles. Delacroix plante le décor et la nudité plastique de son Méphistophélès évoque la beauté du diable.

Comparativement, Faust dans son cabinet, présente la figure ascétique et désespérée qui s’adresse au crâne, objet de toutes les vanités « Pauvre crâne vide que me veux-tu dire… ». Faust est saisi, accablé de tout son ennui, de toutes ses désillusions quelques instants avant de songer au suicide.

L’apparition de Méphistophélès à Faust est traitée dans un tout autre registre : le décor est encombré des instruments de la connaissance. Le lourd rideau chamarré, la richesse des costumes théâtralisent la scène : « Pourquoi tout ce vacarme ? Que demande monsieur ? Qu’y a-t-il pour son service ? »

Enfin la scène dans la taverne, plus anecdotique, évoque le comique qui n’avait pas manqué de frapper Delacroix lors de la représentation londonienne « ils en ont fait un opéra mêlé de comique et de tout ce qu’il y a de plus noir » écrit-il à Pierret le 18 juin 1825. « Au feu, à l’aide, l’enfer s’allume » s’exclament les jeunes gens à la vue des tours de magie de Méphistophélès qui fait couler le vin et apparaître le feu. La mine apeurée et les attitudes affolées des étudiants contrastent avec la décontraction d’un Méphistophélès qui s’amuse franchement alors que derrière lui, Faust, rajeuni, lance un regard méprisant à ceux qui sont probablement les fameux étudiants que « depuis dix ans, [je] il promène ça et là par le nez ».

  Interprétation

Faust un mythe prométhéen

Delacroix en s’emparant du personnage de Faust, s’empare d’un mythe qui correspond à la sensibilité du romantisme dont les composantes essentielles sont la nostalgie, la mélancolie, le mal de vivre. Faust apparaît dès le début de l’œuvre dans tout le désespoir – qui va jusqu’au désir du suicide – lié à sa condition humaine circonscrite dans l’étroitesse d’un savoir qui ne le comble en aucune façon. Faust se livre à Méphistophélès tout en le méprisant, tout en ayant la certitude de sa supériorité. Ses tours de magie ne l’impressionnent guère.

Les quatre lithographies montrent le lien à la fois étroit et distendu entre les deux personnages. A Faust la soif de connaissance, la volonté de conquérir l’Idéal (qui prendra fugacement le visage de Marguerite), à Méphistophélès la magie, les tours de passe-passe pendant qu’il reste assujetti à la puissance divine. Méphistophélès met en scène, tire les ficelles, façonne les accessoires, mais n’a aucun pouvoir réel sur Faust, et pas du tout sur Marguerite.

En ce début du XIXe siècle, Faust supplante Don Juan. Si les similitudes entre les deux héros sont réelles – insatiable curiosité, soif de domination, conscience de leur supériorité, inconstance amoureuse, leurs différences les placent sur deux registres très distincts que sont la sensualité pour Don Juan et la pensée pour Faust.

Dans la continuité du mythe d’Orphée, puis de Don Juan, celui de Faust par l’intérêt qu’il suscite chez des artistes aussi éminent que Delacroix va marquer durablement artistes et intellectuels au point de faire du mythe une lecture prométhéenne de la condition humaine.

Auteur : Catherine LEBOULEUX


Bibliographie

  • Eugène DELACROIX, Correspondance, 1815-1863, Quantin, Paris, 1878.
  • Eugène DELACROIX, Journal, 1822-1863, Plon, Paris, 1996.
  • Gérard GENGEMBRE, Le romantisme en France et en Europe, Pocket Classiques, Paris, 2003.
  • Johann Wolfgang von GOETHE, Faust, nouvelle traduction complète, en prose et en vers, par Gérard de Nerval, Dondey-Dupré, Paris, 1828.
  • Avant Scène Opéra, Faust, n°2, Paris, 1976.

Commentaires

quel interprète espagnol a tenu le rôle de méphistophélès dans faust de GOunod
etude
Par etude le 14/01/12 à 12h11 - #450

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