© Photo RMN
Titre : La Reine Marie-Antoinette en grand costume de cour, une rose à la main.
Auteur : Elisabeth Louise VIGEE-LE BRUN (1755-1842)
Dimensions : Hauteur 271 cm - Largeur 195 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 79EE1325/MV 3892
© Photo RMN - G. Blot
Titre : Marie-Antoinette de Lorrraine Habsbourg, reine de France et ses enfants.
Auteur : Elisabeth Louise VIGEE-LE BRUN (1755-1842)
Date de création : 1789
Date représentée : 1789
Dimensions : Hauteur 271 cm - Largeur 195 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 95DE5914/MV 4520
© Photo RMN
Titre : La reine Marie-Antoinette dit "à la Rose".
Auteur : Elisabeth Louise VIGEE-LE BRUN (1755-1842)
Date de création : 1783
Date représentée : 1783
Dimensions : Hauteur 131 cm - Largeur 87 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 87EE619/MV 3893
Née en 1755, Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, archiduchesse d’Autriche, devint reine de France en 1774 lorsque Louis XVI accéda au trône. Dès 1778, sans attendre qu’Elisabeth Vigée-Lebrun soit élue à l’Académie royale de peinture et de sculpture, et malgré la cabale menée par madame Labille-Guiard, la reine en fit son peintre attitré. Pas moins d’une dizaine de portraits furent exécutés, la plupart en pied. Le célèbre portrait de Marie-Antoinette à la rose qui est en buste long (musée de Versailles) fait figure d’exception. Le style doux et moelleux de Vigée-Lebrun, d’un néoclassicisme atténué, convenait certainement mieux à la souveraine que le solide réalisme d’Adélaïde Labille-Guiard. Elle souhaitait être flattée et la jeune artiste, du même âge que la reine, fut la seule à réussir ce pari. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer ses œuvres au portrait très sec que le peintre suédois Adolf Ulrik Wertmüller réalisa en 1784 : entourée de ses deux enfants, Marie-Antoinette, très réaliste, présente le lourd menton des Habsbourgs (Stockholm, Nationalmuseum). Peu satisfaite du résultat, la reine critiqua ouvertement le tableau, qui fut exposé au Salon de 1785.
Reprenant le principe des portraits royaux dont les premiers exemples remontent au XVIe siècle, Elisabeth Vigée-Lebrun place la reine dans un décor architectural qui lui permet une véritable mise en scène, avec colonnes, tables et draperies. En ce sens, ces portraits répondent aux portraits de Louis XVI en costume du sacre par Duplessis et Callet.
Du portrait officiel de 1778, plusieurs répliques avec variantes sont connues, dont deux conservées à Versailles. La reine se présente avec la tête tournée ou non. Dans le premier portrait qu’exécuta l’artiste, la reine apparaît un peu guindée dans sa robe trop riche. Elle a adopté une posture plus officielle que proprement humaine, avec à ses côtés la couronne de France. Le portrait original était destiné à son frère Joseph II, empereur germanique, et Mme Vigée-Lebrun en réalisa deux autres exemplaires, l’un pour Versailles, l’autre pour la tsarine Catherine de Russie.
Avec le temps, le style de Mme Vigée-Lebrun devint moins raide, ses relations avec la reine étant devenues moins officielles et certainement plus amicales. Les portraits suivants montrèrent une souveraine plus humaine, revêtue de vêtements plus simples, bien que très luxueux par leurs qualités ou leurs couleurs parfois vives. Dans le portrait du Salon de 1787, la reine est présentée en mère entourée de ses trois enfants. Le bébé qu’elle porte sur les genoux est le futur Louis XVII, mort au Temple en 1795. C’est le premier dauphin, Louis-Joseph-Xavier de France, qui donne son sens au tableau en indiquant l’avenir.
Mais le tableau le plus célèbre aujourd’hui est sans doute celui de Marie-Antoinette à la rose. Si le modèle original, dit « en gaulle », a disparu, cinq répliques avec variantes (chapeau, robe de mousseline, etc.) en furent tirées par l’artiste. Ce portrait flatteur, très intimiste, montre une souveraine qui bien que très digne, est revêtue très simplement d’une robe de soie grise et confectionne un bouquet. Rien d’officiel dans ce portrait, où la reine est présentée seule, vraisemblablement dans les jardins de Trianon ou du Hameau, où elle aimait à mener une vie champêtre, loin des complots de la cour.
La dernière reine de France, très mise en valeur par son époux Louis XVI, fut également la plus représentée de toutes les souveraines. Ces tableaux ont beaucoup fait pour la légende posthume de Marie-Antoinette. Ils la représentent non pas comme la femme futile que la légende révolutionnaire s’est plu à donner d'elle, mais comme une femme majestueuse et humaine à la fois, parfaitement à sa place dans son rôle de reine et de mère, même si le portrait à la rose la montre occupée à des activités plus futiles. Cependant, de son vivant, la multiplication des portraits contribua en partie à alimenter sa grande impopularité. Elisabeth Vigée-Lebrun elle-même paya le fait d’avoir représenté la reine et dut s’exiler à travers l'Europe, où elle poursuivit sa brillante carrière de portraitiste.
Auteur : Jérémie BENOÎT
Site réalisé à l'initiative de :