Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Peintres americains (3 études)

Album des Pyrénées : quatre indiens, silhouettes.
Album des Pyrénées : quatre indiens, silhouettes.
Eugène DELACROIX

Le musée indien de George Catlin (3 études)

Album des Pyrénées : quatre indiens, silhouettes.
Album des Pyrénées : quatre indiens, silhouettes.
Eugène DELACROIX

Découvrez aussi

Faust, la représentation du mythe par Delacroix

Méphistophélès dans les airs.
Méphistophélès dans les airs.
Eugène DELACROIX

La réception du musée indien de George Catlin

Louis-Philippe assistant dans un salon des Tuileries a la danse d'Indiens hovas. 21 avril 1845.
Louis-Philippe assistant dans un salon des Tuileries a la danse d'Indiens hovas. 21 avril 1845.
Karl GIRARDET

Retour à la nature

Moine au bord de la mer.
Moine au bord de la mer.
Caspar David FRIEDRICH

Delacroix et le musée indien de George Catlin

Album des Pyrénées : quatre indiens, silhouettes. Album des Pyrénées : quatre indiens, silhouettes.
Eugène DELACROIX.
Album des Pyrénées : cinq indiens. Album des Pyrénées : cinq indiens.
Eugène DELACROIX.
Album des Pyrénées : trois indiens. Album des Pyrénées : trois indiens.
Eugène DELACROIX.
commentaires 0 commentaire commentaires
Album des Pyrénées : quatre indiens, silhouettes.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom
»

Titre : Album des Pyrénées : quatre indiens, silhouettes.

Auteur : Eugène DELACROIX (1798-1863)
Date de création : 1845
Dimensions : Hauteur 11.5 cm - Largeur 19.5 cm
Technique et autres indications : Mine de plomb.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-004746 / RF52997folio45recto

Album des Pyrénées : cinq indiens.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom
« »

Titre : Album des Pyrénées : cinq indiens.

Auteur : Eugène DELACROIX (1798-1863)
Date de création : 1845
Dimensions : Hauteur 11.5 cm - Largeur 19.5 cm
Technique et autres indications : Mine de plomb.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-004749 / RF52997folio46recto

Album des Pyrénées : trois indiens.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Album des Pyrénées : trois indiens.

Auteur : Eugène DELACROIX (1798-1863)
Date de création : 1845
Dimensions : Hauteur 11.5 cm - Largeur 19.5 cm
Technique et autres indications : Mine de plomb.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-004752 / RF52997folio47recto

  Contexte historique

Le musée indien de George Catlin : une collection vivante

Lorsqu’il présente son musée indien à Paris en 1845, d’abord au Louvre puis dans la salle Valentino, rue du faubourg Saint Honoré, George Catlin rencontre un franc succès. Les visiteurs se pressent pour voir les objets qu’il a collectés et les peintures qu’il a réalisées entre 1831 et 1838 lors de ses expéditions chez les Indiens d’Amérique. La curiosité des Parisiens est surtout aiguisée par les autochtones qui accompagnent Catlin : pour animer sa collection, celui-ci a engagé une troupe d’Amérindiens Ojibwa puis Iowa qui réalisent des performances dansées et chantées au milieu des œuvres et font ainsi office de « tableaux vivants ».
De nombreux artistes romantiques se déplacent pour regarder les tableaux, les artefacts et assister aux représentations des Indiens d’Amérique et parmi ceux-ci, Eugène Delacroix. Perçu par beaucoup d’artistes comme le chef de file du Romantisme, ce peintre reconnu qui bénéfice de commandes officielles réalise à cette occasion dans l’Album des Pyrénées de nombreux croquis qui attestent de l’intérêt qu’il prit à cette visite.

  Analyse des images

La trace d’un événement

Les dessins conservés dans l’Album des Pyrénées sont des croquis pris sur le vif. Sur une même page, Delacroix juxtapose plusieurs dessins d’Amérindiens dans des postures et des habits différents. Réduits à des silhouettes, les personnages sont brossés à grands traits. Le visage n’est en général pas représenté, ou à peine esquissé, comme les mains ou les pieds ; seuls quelques détails, comme les coiffes, les pagnes ou les armes, sont parfois plus détaillés parce qu’ils ont attiré l’attention du peintre. Ce qui intéresse Delacroix, c’est l’allure générale des Indiens d’Amérique : leur manière de se tenir assis ou debout, de se draper dans leurs vêtements, de s’allonger, de s’asseoir en tailleur... Une série de dessins semble s’attacher à dépeindre plus précisément les Amérindiens au cours de leurs danses ; les bras levés vers le ciel, le corps légèrement arqué vers l’arrière ou courbé en avant, les personnages ont des attitudes plus dynamiques.
Cette série de croquis de Delacroix est typique de l’œuvre graphique de nombreux peintres : si les tableaux sont des reconstitutions en atelier d’une réalité imaginée, ils reposent sur un travail préparatoire où le dessin sur le motif tient une grande place. Pour peindre une toile, une fois le sujet défini, les artistes font poser en atelier des modèles, vont étudier les animaux dans les zoos, reproduisent les bâtiments où les paysages réels qui les inspirent. Delacroix, pour ces dessins, n’avait sans doute pas de tableau précis en tête, il s’agissait plutôt pour lui d’accroître son répertoire de formes en assistant à un spectacle inédit – la présence de véritables Indiens d’Amérique à Paris n’était pas courante – et en conservant la mémoire de cet événement grâce à ses croquis. Les représentations d’Amérindiens de l’Album des Pyrénées transcrivent les impressions visuelles ressenties par le peintre face aux Indiens d’Amérique et en gardent la trace.

  Interprétation

L’antiquité retrouvée

En se rendant au musée indien de Catlin avec l’intention d’y réaliser des croquis, Delacroix était donc porté par un intérêt particulier : celui de se constituer une réserve de dessins sur le vif d’Indiens d’Amérique qui pourraient lui servir ultérieurement. Il avait en effet déjà peint en 1835 une toile, Les natchez, inspirée du roman éponyme de Chateaubriand, avec un sujet amérindien et l’engouement français pour les Indiens d’Amérique de l’époque pouvait lui donner l’envie de réaliser d’autres toiles sur ce sujet. Car c’est bien cet imaginaire amérindien qui transparaît à travers les dessins de l’album dont le principal objectif plastique semble d’avoir été d’enregistrer les attitudes corporelles des Indiens d’Amérique.
À l’instar des personnages orientaux qui peuplent un nombre important de ses toiles, Delacroix voyait dans la culture amérindienne une antiquité retrouvée où les individus, au contact d’un monde plus naturel détenaient une noblesse et une beauté que ne possédaient plus les occidentaux corrompus par une civilisation artificielle et décadente. Charles Baudelaire exprimait explicitement ce sentiment lorsqu’il écrivait : « ces sauvages du Nord-Amérique, conduits par le peintre Catlin [...] nous faisaient rêver à l’art de Phidias et aux grandeurs homériques ». Autrement dit, Delacroix voyait les indigènes américains à travers le mythe du « bon sauvage » qui présidait à l’appréhension de l’altérité amérindienne en France dans la première moitié du XIXe siècle.
Ainsi, bien que peintre, Delacroix ne s’intéressa pas aux toiles de Catlin. Celles-ci pourtant, avec leurs couleurs rouges et vertes appuyées, auraient dû retenir l’attention de cet artiste qui attachait une importance considérable à la couleur et aux lois du contraste simultané. Trop naïves, inhabiles, peintes par un autodidacte, elles ne correspondaient pas aux attentes de Delacroix en matière d’art. Contrairement à d’autres artistes romantiques qui visitèrent le musée indien, tels Baudelaire, Champfleury, Théophile Gauthier, Gérard de Nerval ou George Sand, il ne semble pas s’être intéressé aux peintures de Catlin ou à la culture amérindienne en tant que telles, ni avoir ressenti face à ces œuvres étrangères aux canons artistiques occidentaux l’universalité de l’art et du sentiment esthétique. L’intérêt circonscrit dont il fit preuve lors de sa visite illustre bien l’écart qui le sépare alors de la nouvelle génération romantique. Bien que considéré par ces jeunes artistes comme le chef de file du Romantisme pour son engagement dans le renouvellement de la peinture, il n’était pas animé par les mêmes préoccupations et ne possédait en conséquence pas la même sensibilité.

Auteur : Claire LE THOMAS


Bibliographie

  • Charles BAUDELAIRE, Au-delà du Romantisme. Écrits sur l’art, Paris, Flammarion, 1998.
  • Philippe DAGEN, Françoise HAMON (dirs.), Époque contemporaine, XIXe – XXe siècle, Paris, Flammarion, 1995.
  • Daniel FABRE, Claude MACHEREL (dirs.), « Du Far West au Louvre : Le musée indien de George Catlin », Gradhiva, n° 3 nouvelle série, 2006.
  • Dominique KALIFA, « Archéologie de l’« apachisme » : barbares et Peaux-Rouges au XIXe siècle », in Crime et culture au XIXe siècle, Paris, Perrin, 2005, p.44-66.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page