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Le premier chemin de fer parisien.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Le premier chemin de fer parisien.

Auteur : Eugène COURBOIN (1851-1915)
Date de création : 1900
Lieu de Conservation : Musées et domaine nationaux de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-008790 / CMV3767/7

Gare du chemin de fer du Nord.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Gare du chemin de fer du Nord.

Auteur : Charles RIVIÈRE
Lieu de Conservation : Musées et domaine nationaux de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-008824 / CMV1411

  Contexte historique

Après l’ouverture, le 1er janvier 1828, de la première voie ferrée française, qui relie Saint-Étienne à Andrézieux, Baptiste Alexis Victor Legrand (1791-1848), directeur général des Ponts et Chaussées, met en œuvre dès 1832 un vaste programme de chemins de fer qui a Paris pour centre. Sa réalisation commence en 1850, et, en 1859, tous les grands axes ferroviaires qui rayonnent actuellement à partir de Paris sont terminés, à l’exception de Paris-Toulouse et des liaisons avec la Bretagne. Dans le même temps, la capitale a été progressivement dotée d’« embarcadères » au départ des grandes lignes. Le premier d’entre eux est celui de Saint-Lazare, bâti en 1837 pour la ligne Paris-Saint-Germain-en-Laye. Sont ensuite construites la gare Montparnasse et la gare d’Austerlitz (1840), la gare du Nord (1846), la gare de l’Est et la gare de Lyon (1849). En raison de l’importance croissante du trafic, ces gares seront maintes fois agrandies, voire reconstruites.

En 1851 cependant, les différents réseaux exploités par des compagnies privées ne sont pas reliés entre eux, et les transferts entre les gares doivent se faire avec des véhicules hippomobiles dans un Paris encombré, que les travaux d’Haussmann n’ont pas encore transformé. Le réalisation du chemin de fer de la Petite Ceinture devient alors une nécessité, afin de faciliter le transit des marchandises et des voyageurs. Construite entre 1852 et 1869, cette ligne circulaire, située à l’intérieur des récentes fortifications parisiennes, est très rapidement saturée : à partir de 1875, une nouvelle ligne circulaire est créée à l’extérieur de Paris cette fois, le chemin de fer de la Grande Ceinture.

  Analyse des images

Élève de Bonnat et de Coninck, Eugène Courboin (1851-1915) est un peintre de genre qui expose au Salon à partir de 1878. Dessinateur, caricaturiste à ses heures, il collabore, entre autres, à L’Assiette au beurre et au Paris illustré, et illustre par ailleurs de nombreuses œuvres littéraires, dont L’Homme à l’oreille cassée d’Edmond About, La Chambre bleue de Prosper Mérimée ou les Contes de Gil Blas de Catulle Mendès.

Il représente ici le premier chemin de fer parisien, donc vraisemblablement le départ de la ligne Paris-Saint-Germain-en-Laye, à la gare Saint-Lazare, en 1837. Les infrastructures ferroviaires sont encore extrêmement sommaires. On ne voit pas de bâtiment construit. Il n’y a pas de dénivellation entre le quai et la voie sur laquelle stationne le train. Le mécanicien fait chauffer la locomotive à vapeur. À hauteur du premier wagon dont les parois ajourées et les sièges sont en bois, un groupe d’élégants voyageurs discute avec le chef de gare. Il porte une casquette, un pantalon à galon, une veste courte sur un gilet, et tient une corne dans la main gauche. À droite, un porteur, assis sur sa brouette, a déposé des bagages sur le sol inégal. Un second porteur, portant casquette et bourgeron, arrive en tirant sa brouette.

Œuvre de Charles Rivière, artiste peu connu du XIXe siècle, la seconde lithographie est vraisemblablement postérieure à 1864. Elle représente la monumentale façade de la nouvelle gare du Nord, construite de 1861 à 1866 sous la direction de l’architecte Jacques Ignace Hittorff (1792-1867). Agrémenté de colonnades et orné de statues, l’édifice comporte deux ailes perpendiculaires terminées par des pavillons. L’ensemble domine la rue de Dunkerque que sillonnent fiacres et attelages et où flânent élégantes et badauds.

  Interprétation

Les grandes gares parisiennes sont d’imposants bâtiments qui se sont transformés, agrandis ou déplacés en liaison étroite avec l’évolution du trafic. Ce sont de vieilles dames qui ont aujourd’hui une histoire.

La doyenne est la gare Saint-Lazare, née en 1837. À cette époque, une simple construction provisoire en bois abrite l’« embarcadère » sur la place de l’Europe. En 1841, les frères Pereire, promoteurs de la ligne, chargent l’architecte Alfred Armand d’édifier une première gare « en dur », rue de Stockholm. C’est l’organisation de l’Exposition universelle de 1889, qui nécessite un important agrandissement de l’édifice, mené par l’architecte Juste Lisch pour le compte de la Compagnie de l’Ouest, qui donne à la gare Saint-Lazare la physionomie qu’elle a encore aujourd’hui.

La gare du Nord est inaugurée en 1846, en même temps que la ligne Paris-Amiens-Lille. Dès 1854, le bâtiment s’avère inadapté, faute d’un aménagent adéquat, au volume d’un trafic sans cesse croissant. C’est particulièrement évident en 1855 lorsque le cortège de la reine Victoria, venue visiter l’Exposition universelle, doit être dirigé vers la gare de l’Est. En 1857, la décision est prise de construire une gare trois fois plus grande dans ce quartier en pleine modernisation. L’ancienne gare est démontée et reconstruite à Lille. Édifiée de 1861 à 1866 sous la direction de l’architecte Jacques Ignace Hittorff, la nouvelle gare du Nord allie néoclassicisme et structures métalliques modernes. La façade principale, de style néocorinthien, est longue de 180 mètres et surmontée de huit statues représentant huit capitales du nord et de l’est de l’Europe : Londres, Vienne, Bruxelles, Varsovie, Amsterdam, Francfort, Cologne et Berlin. Elles entourent celle qui symbolise Paris. Les arcades de la façade abritent les statues de grandes villes du nord de la France : Arras, Lille, Beauvais, Valenciennes, Calais, Amiens, Rouen, Douai, Dunkerque, Cambrai, Saint-Quentin. À l’intérieur, deux rangées de colonnes de fonte supportent la verrière principale large de 72 mètres et haute de 38 mètres. La gare a connu des modifications considérables avec les travaux de la station souterraine des R.E.R. B, D et E. L’arrivée du T.G.V., de l’Eurostar et du Thalys dans les années 1990 fut l’occasion d’une rénovation importante avec, notamment, la réalisation d’une aile et d’un hall latéral ultramodernes.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Clive LAMMING, Paris ferroviaire : gares, lignes oubliées, trains célèbres, curiosités, dépôts, matériels, Paris, Parigramme, 1999.
  • Clive LAMMING et Jacques MARSEILLE, Le Temps des chemins de fer en France, Paris, Nathan, 1986.
  • François et Maguy PALAU, Le Rail en France, tome I, « Le Second Empire, 1852-1857 », Paris, Éd. Palau, 1998.
  • Michel RAGON, L’Architecture des gares : naissance, apogée et déclin des gares de chemin de fer, Paris, Denoël, 1984.
  • Pierre WEIL, Les Chemins de fer, Paris, Larousse, 1964.

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