Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Russie (7 études)

Sacre de Charles X, à Reims, 29 mai 1825.
Sacre de Charles X, à Reims, 29 mai 1825.
François GERARD

Louis XVIII (12 études)

Louis XVI , roi de France (1754-1793).
Louis XVI , roi de France (1754-1793).
Joseph-Siffred (ou Siffrein) DUPLESSIS

Découvrez aussi

Jean-Étienne Despréaux et le renouveau de la danse

Jean-Étienne Despréaux.
Jean-Étienne Despréaux.
Jean-Baptiste ISABEY

Talleyrand au Congrès de Vienne et la déclaration du 13 mars 1815

Mr Tout-à-Tous ou le Modèle de reconnaissance, au Congrès de Vienne.
Mr Tout-à-Tous ou le Modèle de reconnaissance, au Congrès de Vienne.

Un tsar à Paris : Alexandre Ier et la France

Le Triomphe du Tsar Alexandre Ier ou la Paix.
Le Triomphe du Tsar Alexandre Ier ou la Paix.
Louis Léopold BOILLY

Le baptême du feu de la Restauration

Louis XVIII assiste des Tuileries au retour de l'armée d'Espagne.
Louis XVIII assiste des Tuileries au retour de l'armée d'Espagne.
Louis DUCIS

Le sacre de Napoléon

Sacre de l'empereur Napoléon et couronnement de l'impératrice Joséphine
Sacre de l'empereur Napoléon et couronnement de l'impératrice Joséphine
Jacques-Louis DAVID

Les Cent jours

Débarquement de Napoléon à la Baye de Juan près d'Antibes, le 28 février 1815.
Débarquement de Napoléon à la Baye de Juan près d'Antibes, le 28 février 1815.
Carl-Heinrich RAHL

La célébration de la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette

Service anniversaire du 21 janvier 1816 à Saint Denis.
Service anniversaire du 21 janvier 1816 à Saint Denis.
Jean-Demosthène DUGOURC

L'expédition d'Espagne

Passage de la Guadarana [sic] par l'armée française en Espagne.
Passage de la Guadarana [sic] par l'armée française en Espagne.
Nicolas Antoine TAUNAY

La Révolution et l'Église en 1791

Camus, Talleyrand, Rabaut-Saint-Etienne, la Religion.
Camus, Talleyrand, Rabaut-Saint-Etienne, la Religion.

Le congrès de Vienne

Le congrès de Vienne. Le congrès de Vienne.
Jean-Baptiste ISABEY.
Le congrès de Vienne. Le congrès de Vienne.
Jean GODEFROY.
commentaires 0 commentaire commentaires
Le congrès de Vienne.

© Photo RMN-Grand Palais - C. Jean

Agrandissement - Zoom
»

Titre : Le congrès de Vienne.

Auteur : Jean-Baptiste ISABEY (1767-1855)
Date de création : 1815
Dimensions : Hauteur 46 cm - Largeur 66 cm
Technique et autres indications : Dessin à la plume ; encre sépia.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 88-003881 / RF3858

Le congrès de Vienne.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Le congrès de Vienne.

Auteur : Jean GODEFROY (1771-1839)
Dimensions : Hauteur 65 cm - Largeur 82 cm
Technique et autres indications : Gravure à la pointe de diamant d'après Jean-Baptiste ISABEY (1767-1855).
Sous-titre : La France, l'Autriche, la Prusse et l'Angleterre se réunissent afin de statuer, après l'éviction de Napoléon Ier, sur un nouvel équilibre en Europe
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Malmaison (Rueil-Malmaison) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-525634 / MM4047 8129

  Contexte historique

Du traité de Paris au congrès de Vienne

Le 30 mai 1814, l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie, après avoir triomphé ensemble pour la première fois face à Napoléon Ier , signent à Paris un traité avec le nouveau souverain français, Louis XVIII. Les puissances alliées veulent par ce traité mettre « fin aux longues agitations de l’Europe et aux malheurs des peuples, par une paix solide, fondée sur une juste répartition des forces entre les Puissances ». Toutes s’engagent alors à se réunir deux mois plus tard à Vienne « pour y ajouter les arrangements rendus nécessaires par l’état dans lequel l’Europe était restée », suite à l’effondrement de l’Empire napoléonien.

Négociateur en tant que ministre des affaires étrangères de Louis XVIII, Talleyrand déclare après la signature : « J’ai fini ma paix. » Elle ménage une France qui, en retrouvant plus ou moins ses frontières de 1792 (soit avant les guerres révolutionnaires), cesse « d’être gigantesque pour devenir grande ».

À Vienne, Talleyrand doit conserver les acquis. L’acte final est signé le 9 juin 1815 après bien des discussions et malgré le retour en France de Napoléon dès mars, retour qui complique singulièrement la tâche du ministre d’un roi en exil.

Voulant conserver l’image d’un tel événement, il emmène avec lui le portraitiste Isabey, qui projette alors de gagner Vienne, et l’invite à s’inspirer du tableau de ter Borch représentant la ratification du traité de Westphalie à Münster en 1648. La création d’Isabey doit cependant attendre les années politiquement plus sereines de 1816-1820 pour être exposée et diffusée.

  Analyse des images

La place respective des puissances européennes

Isabey situe la scène dans le lieu des réunions officielles, la résidence du chancelier autrichien Metternich. Si le portrait de l’empereur François Ier est accroché en bonne place sur le mur, la chancellerie de la Ballhausplatz conserve aussi le souvenir de Kaunitz, le chancelier de Marie-Thérèse : son buste apparaît à droite, et un portrait de l’impératrice est accroché dans le salon attenant.

Dans son atelier du faubourg de Leopoldstadt, Isabey portraiture de nombreuses personnalités dont certainees présents lors du congrès de Vienne. Pour varier les pauses et les attitudes dans un tel portrait de groupe, il choisit de représenter la « causerie familière » qui a lieu une fois la session terminée.

Les vingt-deux ministres plénipotentiaires et leurs assistants ne sont pas tous identifiables dans le dessin servant d’esquisse. Isabey en réalise un second de la taille et de la précision nécessaires à sa gravure par Godefroy (collection de la reine d’Angleterre).

Les personnages sont répartis en deux groupes. Le premier se tient près de la fenêtre autour de Metternich qui, debout devant une chaise, fixe le spectateur et paraît dialoguer avec le représentant russe Stackelberg assis à l’autre extrémité de la scène. Celui-ci fait partie du second groupe, encore réuni autour de la table des négociations. Au centre, la chaise vide du président de séance occupe le premier plan. Le ministre anglais Castelreagh est assis derrière elle dans une pose nonchalante. Son compatriote Wellington, vainqueur de Waterloo, n’apparaît que dans la gravure, debout à l’extrême gauche. Assis près de lui, le Prussien Hardenberg semble fixer Talleyrand. Ce dernier, dont les traits ne sont reconnaissables que sur la gravure, est assis devant la table, le bras droit posé dessus, prenant le spectateur à témoin.

Dans la frise qui borde la gravure apparaissent le titre, les portraits des souverains, les armes des nations et des délégués, et des figures allégoriques.

  Interprétation

Talleyrand défenseur de l’équilibre entre les puissances européennes

Talleyrand est accepté à la table des négociations peu de temps avant l’ouverture du congrès où il a réussi à faire entrer l’Espagne, le Portugal et la Suède, non signataires du traité de Paris. Il traite secrètement avec l’Angleterre et l’Autriche (qui obtient au congrès la mainmise sur l’Italie et la présidence d’une Confédération germanique) pour contrer les velléités hégémoniques de la Prusse et de la Russie (qui élargissent leurs territoires notamment au détriment d’autres États allemands et en Pologne).

Talleyrand ne défend pas le droit des peuples, mais le droit monarchique et l’équilibre entre les puissances comme Castelreagh, artisan de l’alliance contre Napoléon et partisan des congrès diplomatiques ; d’où sa place pivot sous la balance équilibrée de la Justice. Justice, Vérité, Sagesse et Science réfutent l’idée de cette « Sainte Alliance » que veut imposer le tsar Alexandre. L’ordre de Vienne régentera l’Europe durant quarante ans avant d’être balayé par le mouvement des nationalismes. Isabey prédit ainsi l’avenir quand il représente le Prussien Hardenberg tapi dans l’ombre.

Le grand dessin est sans doute bien abouti quand Isabey y ajoute Wellington qui, arrivé en février 1815 à Vienne, en repart rapidement pour se porter contre Napoléon. Malgré les Cent Jours, l’acte final est signé le 9 juin 1815. Isabey a alors rejoint Paris. En 1817, de retour à Paris après un exil à Londres, il expose son grand dessin au Salon. La gravure est enfin déposée à la Bibliothèque royale le 12 février 1820.

Talleyrand vit alors retiré des affaires. Il n’a pas négocié le second traité de Paris, du 20 novembre 1815, lequel réduit encore le territoire d’une France occupée et qui doit payer de lourdes indemnités aux alliés. Mais c’est cette vision du congrès de Vienne, au cours duquel le pays assoit à nouveau son rang parmi les puissances européennes, qui passe à la postérité. Elle consacre aussi son rayonnement culturel au même titre que les mémorables soupers du cuisinier Carême alors offerts par Talleyrand et suivis de « causeries familières » où le brie fut même proclamé un soir roi des fromages.

Auteur : Guillaume NICOUD


Bibliographie

  • Talleyrand ou le Miroir trompeur, catalogue d’exposition du musée Rolin, Autun, 16 novembre 2005-15 février 2006, Paris-Autun, Somogy-Musée Rolin, 2005.
  • Francis DEMIER, La France du XIXe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page