Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Patrimoine (16 études)

France!! ou l'Alsace et la Lorraine désespérées.
France!! ou l'Alsace et la Lorraine désespérées.
Jean-Joseph WEERTS

guerre et paix (10 études)

Patrouilleur surpris par la lumière des projecteurs.
Patrouilleur surpris par la lumière des projecteurs.
Jean-Julien LEMORDANT

Découvrez aussi

Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824

Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824.
Le Roi Charles X visitant les peintures de Gros au Panthéon. 3 novembre 1824.
Louis Nicolas LEMASLE

Philippe Pétain, Maréchal de France

Philippe Pétain, Maréchal de France.
Philippe Pétain, Maréchal de France.
André DEVAMBEZ

Wagner et la France

Autour du piano.
Autour du piano.
Henri FANTIN-LATOUR

L'intervention des Etats-Unis dans la Première Guerre mondiale

Quatre soldats - un Français, un Anglais, un Italien et un Américain - avec la statue de la Liberté
Quatre soldats - un Français, un Anglais, un Italien et un Américain - avec la statue de la Liberté
Lucien JONAS

Paysages ravagés de la guerre de 1914-1918

Cloître des Cordeliers à Reims.
Cloître des Cordeliers à Reims.
Paul CASTELNAU

Alexandre Lenoir, le grand défenseur du patrimoine

Portrait d’Alexandre Lenoir
Portrait d’Alexandre Lenoir
Pierre-Maximilien DELAFONTAINE

La révolte des canuts

Les événements de Lyon, 22 novembre 1831. Combat du Pont Morand.
Les événements de Lyon, 22 novembre 1831. Combat du Pont Morand.

L'interrogatoire du prisonnier

L'interrogatoire du prisonnier.
L'interrogatoire du prisonnier.
Édouard VUILLARD

Bivouac après le combat du Bourget, 21 décembre 1870

Bivouac après le combat du Bourget, 21 décembre 1870.
Bivouac après le combat du Bourget, 21 décembre 1870.
Alphonse NEUVILLE

Les ravages de la guerre 14-18

La cathédrale de Reims, septembre 1917.
La cathédrale de Reims, septembre 1917.
Joseph Félix BOUCHOR

Images de l'Allemand

L'Illustration, 29 août 1914 :  Leur façon de faire la guerre . L'Illustration, 29 août 1914 : " Leur façon de faire la guerre ".
Louis Nicolas LEMASLE.
Les atrocités allemandes. Les atrocités allemandes.
Jean-Gabriel DOMERGUE.
Carte postale  Ce qu'il y a dans leur caboche. Carte postale " Ce qu'il y a dans leur caboche".
ANONYME.
commentaires 0 commentaire commentaires
L'Illustration, 29 août 1914 :  Leur façon de faire la guerre .

© L'illustration - droits réservés

Agrandissement - Zoom
»

Titre : L'Illustration, 29 août 1914 : " Leur façon de faire la guerre ".

Auteur : Louis Nicolas LEMASLE (1788-1870)
Date de création : 1914
Date représentée : 29 août 1914
Lieu de Conservation : L'illustration (Paris)

Les atrocités allemandes.

© ADAGP, © Collection Historial de la Grande Guerre - Péronne (Somme) - Photo Yazid Medmoun

Agrandissement
« »

Titre : Les atrocités allemandes.

Auteur : Jean-Gabriel DOMERGUE (1889-1962)
Date de création : 1915
Date représentée : 1915
Technique et autres indications : publiée dans le Livre rouge des atrocités allemandes (1915)
Lieu de Conservation : Historial de la Grande Guerre de Péronne (Péronne) ; site web
Contact copyright : ADAGP, 11, rue Berryer. 75008 Paris. Tél: 33+01-43-59-09-78 - Email : adagp@adagp.fr -Site web : www.adagp.fr / Nathalie Legrand, responsable du centre de documentation, Tél : 03.22.83.14.18 / Fax : 03.22.83.54.18, Email : vha@historial.org, Château de Péronne BP 63, 80201 Péronne ; site web
Référence de l'image : EPP8

Carte postale  Ce qu'il y a dans leur caboche.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Carte postale " Ce qu'il y a dans leur caboche".

Auteur : ANONYME
Date de création : 1914
Date représentée : 1914
Lieu de Conservation : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine ./MHC. 6, allée de l'Université. 92001 Nanterre Cedex. Tél. ,: 01 40 97 79 00 / Fax : 01 40 97 79 40. ; site web

  Contexte historique

Entre 1914 et 1918, l’usage intensif d’images représentant la « cruauté de l’ennemi » sous diverses formes (dans les livres, les journaux, les revues illustrées, les affiches, les cartes postales, au théâtre, au cinéma…) et consistant à vulgariser certains stéréotypes au point de les hisser au niveau de véritables lieux communs, permet de mener la guerre sur un autre front que sur le champ de bataille : au niveau psychologique. La plupart de ces représentations reprennent le modèle dominant qui avait été forgé durant le conflit franco-prussien de 1870.
La résurgence de ces images au début de la Grande Guerre n’a donc rien de surprenant, d’autant plus que, lors des offensives de 1914, des atrocités sont commises par les Allemands un peu partout (en Belgique, dans le nord et l’est de la France, mais aussi en Russie et en Serbie) : viols de femmes, massacres d’otages, pillages et destructions de villages.

  Analyse des images

L’une des premières compositions y faisant référence est éditée par L’Illustration le 29 août 1914. C’est un dessin (document n° 1) de l’artiste Georges Scott, intitulé « Leur façon de faire la guerre ». On y voit un soldat ennemi, facilement reconnaissable à son fameux casque à pointe (le « couvre-Boche », comme l’on dit alors, considéré comme un symbole durable de l’« archaïsme » du militarisme prussien, est souvent utilisé par la propagande), qui pose avec fierté, l’air cynique, comme un chasseur devant son gibier, au milieu d’un amas de corps ensanglantés. On reconnaît nettement parmi les victimes une jeune femme (son bourreau a le pied sur sa poitrine), des enfants et un prêtre. Enfin, une ville incendiée apparaît à l’arrière-plan et l’on distingue, sur la droite, d’autres Allemands qui fusillent un groupe de civils près des décombres de leur maison. Cette représentation synthétique et hautement symbolique de la violence aveugle de l’ennemi vise à accréditer l’idée que ses troupes ne respectent aucune convention internationale, qu’elles se comportent comme des hordes de barbares - les Teutons -, commettant les pires horreurs en territoire envahi.

Le document n° 2, une estampe de l’artiste Domergue extraite du Livre rouge des atrocités allemandes paru en 1915, est censé illustrer le viol de la neutralité belge par le Kaiser. On y voit un soldat allemand sous les traits d’un animal enragé dans la chambre à coucher d’une jeune femme (évanouie ou morte ?) dont il vient d’abuser. Cette figuration outrancière de la bestialité supposée de l’adversaire suscitant la frayeur et le dégoût, qui laisse aujourd’hui perplexe, n’est pas un cas isolé. Au contraire, le thème de la dégénérescence physique de l’ennemi est fréquemment utilisé à l’époque. Cette effroyable monstruosité attribuée à l’Allemand, que traduit fort bien le document n° 2, prouve combien la haine accumulée contre lui est forte.
Le document n° 3, intitulé La Brute sauvage, est tout à fait comparable. Ce dessin sur carte postale montre en gros plan un soldat allemand au rire carnassier, qui tient dans une main une pièce d’artillerie et dans l’autre les ruines fumantes d’une église. Cette composition renvoie au discours de propagande sur l’acharnement des Allemands à détruire les monuments du passé, principalement les édifices religieux, sans aucune raison militaire valable. Le « martyre de la cathédrale de Reims » bombardée à maintes reprises pendant toute la guerre, auquel l’image fait directement allusion, est très souvent évoqué pour prouver une fois encore la barbarie d’un ennemi répugnant et méprisable qui ne respecte rien, pas même le sacré. Le commentaire situé juste en dessous du dessin, sous la forme d’une citation de l’écrivain Jean Richepin, le complète d’ailleurs dans ce sens.

  Interprétation

Comme en 1870, à partir d’août 1914, la diffusion de nombreuses et diverses représentations des exactions commises en France par les troupes allemandes provoque une hostilité durable envers l’ennemi héréditaire. Bien sûr la propagande française exagère et déforme les faits : voir à ce propos les récits légendaires d’enfants aux mains coupées. Il n’en demeure pas moins que cette hostilité renforce la cohésion nationale et devient même une des raisons fondamentales de l’acceptation de l’investissement sans limite dans le conflit. Présentées comme des preuves accablantes, toutes ces images de crimes odieux, froidement exécutés, contribuent à légitimer la violence de guerre : celle-ci devient nécessaire pour défendre la civilisation et anéantir la « barbarie adverse ». En fait tous les moyens sont bons pour dénigrer « l’Autre » : on fait même appel à la science pour prouver que les Allemands sont des dégénérés qui menacent dangereusement l’humanité. La germanophobie ambiante se manifeste également de façon « moins sérieuse » notamment aussi par une multitude de caricatures où l’ennemi est toujours grossièrement figuré.

Auteur : Laurent VÉRAY


Bibliographie

  • Ouriel RESHEF, Guerre, mythes et caricature, Paris, Presse de la Fondation nationale des Sciences politiques, 1984.
  • Laurent GERVEREAU et Christophe PROCHASSON (dir.), Images de 1917, Paris, publication de la BDIC, 1987.
  • “ Représenter la guerre de 1914-1918 ”, n° 171 de la revue Guerres mondiales et Conflits contemporains, Paris, PUF, juillet 1993.
  • Stéphane AUDOIN-ROUZEAU, L’Enfant de l’ennemi, Paris, Aubier, 1995.
  • Annette BECKER, Oubliés de la Grande Guerre. Humanitaire et culture de guerre, Paris, Noêsis, 1998.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page