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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Napoléon III , empereur des Français (1808-1873). Napoléon III , empereur des Français (1808-1873).
Franz Xavier WINTERHALTER.
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Louis Philippe Ier , roi des français (1773-1850).

© Photo RMN-Grand Palais - Droits réservés

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Titre : Louis Philippe Ier , roi des français (1773-1850).

Auteur : Franz Xavier WINTERHALTER (1805-1873)
Date de création : 1839
Date représentée : 1839
Dimensions : Hauteur 260 cm - Largeur 190 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 87EE38 / MV 5219

Napoléon III , empereur des Français (1808-1873).

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Napoléon III , empereur des Français (1808-1873).

Auteur : Franz Xavier WINTERHALTER (1805-1873)
Date de création : 1855
Date représentée : 1855
Dimensions : Hauteur 241 cm - Largeur 156 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89EE208 / MV 8189

  Contexte historique

Une ère nouvelle

Les Trois Glorieuses obligent Charles X à fuir Paris. Conscient de son impopularité, le souverain déchu espère voir son petit-fils, le comte de Chambord, prendre sa place sous le nom de Henri V. En vain, car les Chambres réaffirment la primauté de la Charte constitutionnelle adoptée par Louis XVIII en 1814 et proposent le trône, sur l’insistance de Thiers et de La Fayette, à son cousin Louis-Philippe d’Orléans. Le souverain s’appuie sur la bourgeoisie et encourage le développement industriel (première ligne de chemin de fer, bateau à vapeur, etc.) tout en cherchant à fédérer les différents courants politiques dans une grande dynamique sociale. « Roi bourgeois », il tente de stabiliser la monarchie constitutionnelle et les principes du libéralisme.

Napoléon III, tout en poursuivant le même objectif de modernisation de l’économie nationale, rompt totalement avec les principes libéraux de la monarchie de Juillet et instaure un « césarisme démocratique » qui, calqué sur la Constitution de l’an VIII, n’a de démocratique que le nom.

  Analyse des images

Le « roi bourgeois » et le prince-président

Remarqué par la reine Marie-Amélie, Franz-Xaver Winterhalter (1806-1873) est chargé du portrait officiel de Louis-Philippe en 1839. Il est représenté en pied devant une vue du parc de Saint-Cloud. Vêtu de son uniforme de lieutenant général, il pose un peu de trois quarts, le regard tourné vers le spectateur, et serre sous son bras gauche son bicorne orné de la cocarde tricolore. La main droite est posée sur la charte de 1830 placée sur une table à côté de la couronne fermée, du sceptre et de la main de justice. Louis-Philippe porte l’écharpe de moire rouge, les croix et la plaque brodée de la Légion d’honneur, modifiée sous la Restauration, où figurent des drapeaux tricolores. « Roi bourgeois », Louis-Philippe rompt volontairement avec l’ostentation et les fastes de l’Ancien Régime.

Le même Winterhalter réalise en 1853 le portrait de Napoléon III. Le neveu de Napoléon Ier est représenté en pied devant le palais des Tuileries dans une pose rigide et militaire. Vêtu d’un uniforme sobre, il est vu un peu de trois quarts et dirige vers le spectateur un regard légèrement voilé. Il porte le grand collier de la Légion d’honneur, et, tout comme Louis-Philippe, l’écharpe de moire rouge de cet ordre barre sa poitrine. Sur ses épaules, drapé autour de lui, le manteau de pourpre doublé d’hermine. De la main droite dans laquelle il tient fermement la main de justice, l’empereur s’appuie sur une table où reposent la couronne fermée et le sceptre. Dans le fond, à gauche, on devine le dossier rond à tors de lauriers du trône de son oncle.

  Interprétation

Un souverain démocratisé

« Roi des Français » de droit constitutionnel et non plus « Roi de France », Louis-Philippe est le garant de l’accord conclu avec son peuple. Toutefois, le souverain ne renie pas totalement son glorieux lignage. La composition de la toile, de grande dimension, reprend celle du Louis XIV de Rigaud : pose similaire, les Regalia déposés à sa droite. Il se fait représenter à Saint-Cloud, domaine royal acheté par le duc d’Orléans. Bien entendu, la charte est l’élément essentiel du tableau. Louis-Philippe ne s’appuie pas sur le sceptre comme le faisaient ses ancêtres, mais sur le document constitutionnel sans lequel il ne serait pas roi. Mais la grande innovation réside dans la tenue du roi ; plus question de sacre puisque son pouvoir n’est plus de droit divin. Louis-Philippe adopte l’uniforme militaire, symbole de son autorité et emblème national, tout comme les autres souverains européens. Frédéric-Guillaume Ier, roi de Prusse, est le premier à se faire représenter en tenue militaire ; par admiration pour lui, Napoléon Ier portait l’uniforme vert des chasseurs à cheval ou la tenue bleue à revers blancs des grenadiers.

Le portrait de Napoléon III reprend, de manière encore plus significative que pour Louis-Philippe, le modèle louis-quatorzien en réintroduisant le grand manteau d’hermine et le trône. Le nouvel empereur s’inscrit dans la lignée de son oncle en prenant le nom de Napoléon III. Il se fait représenter en uniforme et décoré de la Légion d’honneur. Le manteau du sacre, accroché à ses épaules, semble flotter derrière lui et le touche à peine. Cet élément essentiel de sa dignité impériale est comme dissocié de sa personne. Les abeilles, emblèmes napoléoniens, ont disparu, les aigles impériales sont à peine visibles sur la couronne, et le sceptre est caché sous le manteau. La seule allusion un peu significative au Premier Empire réside dans le fauteuil de trône qui ressemble à s’y méprendre à celui de Napoléon Ier, mais reste dans l’ombre.

Par rapport aux portraits des souverains précédents en grand costume du sacre, on assiste ici à une humanisation du souverain, qui n’a plus rien de divin. Toutefois, les codes de représentation instaurés par Louis XIV restent toujours en vigueur.

Auteur : Delphine DUBOIS


Bibliographie

  • Guy ANTONETTI, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 1994.
  • Claire CONSTANS, Les Peintures. Musée national du Château de Versailles, Paris, RMN, 1995.
  • Francis DÉMIER, La France du XIXe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.
  • Jean TULARD (dir.), Dictionnaire du Second Empire, Paris, Fayard, 1995.
  • Muriel VIGIE, Le Portrait officiel en France du Ve au XXe siècle, Paris, FWW, 2000.

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