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Troupes d’Afrique. Engagez-vous.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

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Titre : Troupes d’Afrique. Engagez-vous.

Auteur : Georges Bertin SCOTT (1873-1942)
Date de création : 1927
Date représentée : 1927
Dimensions : Hauteur 120.3 cm - Largeur 79.4 cm
Technique et autres indications : Lithographie sur papier.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-506189 / 2002.1.148

Jeunes gens. Militaires libérés. Allez aux colonies.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

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Titre : Jeunes gens. Militaires libérés. Allez aux colonies.

Auteur : DANILO
Date de création : 1928
Date représentée : 1928
Dimensions : Hauteur 119.3 cm - Largeur 80 cm
Technique et autres indications : Lithographie sur papier.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-505754 / 2001.72.6

Engagez-vous, rengagez-vous dans les troupes coloniales.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

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Titre : Engagez-vous, rengagez-vous dans les troupes coloniales.

Auteur : Léon FAURET (1863-1955)
Dimensions : Hauteur 119.5 cm - Largeur 79.7 cm
Technique et autres indications : Impression offset sur papier.
Réalisée vers 1930.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-502437 / 2005.53.2

  Contexte historique

Armée des colons, armée de colonisés

Les troupes coloniales, héritières des unités de Marine créées sous Colbert, ont été instituées en 1900. Au lendemain de la prise d’Alger en 1830, des militaires français de carrière forment avec des sous-officiers indigènes l’encadrement des bataillons de supplétifs – souvent recrutés au sein des populations indigènes. L’Armée d’Afrique née au cours de ce premier acte du renouveau colonial français occupe une place à part dans les troupes coloniales. Les Français sont orientés vers les zouaves et les chasseurs, les indigènes vers les tirailleurs et les spahis (à cheval). Pour les premiers les carrières sont plus rapides qu’en métropole, au prix de l’éloignement et de l’inconfort, compensés par le goût de l’exotisme et de la domination.

La conduite du commandant Marchand, héros de Fachoda (1898) symbolise l’engagement de la Coloniale pendant la Première Guerre mondiale. La victoire et l’octroi à la France de nouveaux territoires à administrer renouvellent le sentiment de puissance. Chez les indigènes, le manque de reconnaissance collective de leur sacrifice sur tous les fronts (Marne, Verdun, Chemin des Dames) a déçu les espoirs d’autonomie et sans doute favorisé une vague de rébellions armées. La plus menaçante a provoqué la guerre du Rif, au Maroc, dans laquelle la France est intervenue en 1924 et a vaincu Abd el Krim en 1926.

  Analyse des images

Les couleurs de l’imaginaire colonial

L’affiche de recrutement de 1927 se compose d’un texte, au centre, et de figures militaires peuplant les marges. Autour d’un cadre rappelant l’architecture arabo-andalouse par son arc outrepassé, dominent les trois couleurs de la France et sont associées deux topoi de la peinture militaire : la revue montée, et le défilé en grande tenue. Cinq types de personnages composent l’Armée d’Afrique. En haut, au milieu, les officiers européens brandissent le symbole de la République conquérant territoires et esprits. Montés eux aussi, à droite, les spahis marocains en blanc et rouge saluent le sabre au clair ; à gauche, les chasseurs d’Afrique surgissent de l’ombre sur leurs dromadaires. En bas, à gauche, les zouaves présentent les armes dans un décor d’inspiration algérienne, tandis qu’à droite, un tirailleur (algérien) pose devant des palmes.

L’affiche signée par Danilo en 1928 s’adresse non aux indigènes, mais aux Européens et en particuliers aux jeunes. Encore une fois, un texte mobilisateur en grosses lettres rouges ou en petites lettres bleues s’inscrit au cœur d’une composition jouant avec l’imaginaire colonial en adoptant trois approches picturales distinctes. Dans la moitié supérieure, le fonds jaune, qui connote le soleil et l’Eldorado, est associé au vert de palmiers stylisés, symboles d’exotisme. Dans le quart inférieur gauche, la course des dromadaires est traitée par larges touches de couleur ocre et grise. Dans l’autre quart, le dessin se veut au contraire réaliste, détaillant les spécificités architecturales du bâtiment, les poils du dromadaire et son harnachement, les costumes traditionnels avec leurs coiffes respectives.

Dans l’affiche datée de 1930, le texte a quasiment disparu, laissant la place à un slogan en tête de page, toujours aux couleurs de la République. Le cadre est partagé également entre un paysage asiatique et trois militaires français au premier plan. Là encore triomphent le jaune et le vert, qui dénote ici la luxuriance. Le temple rouge et blanc aux détails minutieusement reproduits accroît l’exotisme rendu par l’éléphant et les chapeaux coniques d’une scène de marché aux fruits. Les uniformes des trois officiers contrastent par leurs plis impeccables et leurs accessoires avec les tenues plus lâches des indigènes, par la franchise du bleu et du marron qui tranche avec des demi-tons verts et ocres, par la richesse des galons et des médailles s’imposant au blanc du simple habit paysan.

  Interprétation

Remobiliser l’empire colonial

Si les années suivant les horreurs de la Grande Guerre connaissent un réel essor du pacifisme, diffusé par les associations d’anciens combattants, la démobilisation de plusieurs millions d’hommes constitue un défi difficile à relever pour la société française. La première affiche sollicite directement les soldats de l’Armée d’Afrique en les appelant à se réengager, avec des arguments monétaires insistant sur la fidélité, associés à des arguments picturaux jouant sur la tradition militaire (étendards de régiments). La fin du texte où sont mentionnés tous les points de renseignement indique à la fois le probable emplacement de l’affichage et les difficultés de recrutement.

L’objectif de la seconde affiche consiste à trouver de nouvelles recrues, notamment parmi les anciens combattants ou les anciens conscrits. Si le texte insiste sur les avantages financiers et psychologiques, le dessin essaie lui de démontrer l’adaptation des Français au territoire qu’ils dominent : le seul personnage européen monte sans difficultés le dromadaire, le drapeau flotte sur un bâtiment d’architecture mauresque comme il le ferait sur un château fort, la population apparaît à la fois au service des colons (chasseurs d’Afrique en masse dynamique) et proche (y compris les femmes). Tout identifie l’Algérie, colonie de peuplement cruciale pour la France, pour son histoire comme pour son développement, au cœur de l’imaginaire colonial de la métropole et des tentatives de réformer l’administration des territoires dominés.

Enfin, la troisième affiche souligne clairement le message de domination coloniale. Les trois officiers français apparaissent plus grands, en bonne santé, sûrs de leur pouvoir local et de la science militaire et industrielle que la France impose à des pays traditionnels et archaïques, qui doivent être civilisés. Les trois affiches annoncent qu’après la Grande Guerre, la France cherche à réaffirmer son statut de grande puissance mondiale à travers la maîtrise économique et militaire de son vaste empire colonial, sans changement de rapports entre métropole, colons et indigènes.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Maurice AGULHON, La République, tome 1 (1880 à 1932), Paris, Pluriel Hachette, 1990.
  • Dominique BORNE, Henri DUBIEF, La crise des années 1930 (1929-1938), Paris Seuil, 1989.
  • Anthony CLAYTON, Histoire de l’armée française en Afrique, 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994.

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