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Dahomey : milicien, petite tenue.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Dahomey : milicien, petite tenue.

Auteur : FREVILLE
Lieu de Conservation : Musée du Quai Branly (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94-055118 / 75.5039

Indochine : artilleur trompette.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Indochine : artilleur trompette.

Auteur : FREVILLE
Lieu de Conservation : Musée du Quai Branly (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94-055114 / AF5036

Sénégal : spahi, grande tenue.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Sénégal : spahi, grande tenue.

Auteur : FREVILLE
Lieu de Conservation : Musée du Quai Branly (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94-055123 / 75.5048

  Contexte historique

Naissance et développement des troupes coloniales

La création des troupes de marine au début du XVIIe siècle doit permettre de disposer d'une force pour explorer, occuper, mettre en valeur et défendre les territoires que la France commence à conquérir outre-mer. En 1622, le cardinal de Richelieu crée les cent compagnies ordinaires de la mer qui, en 1626, deviennent le régiment « La Marine ». Au milieu du XVIIIe siècle, les premières troupes indigènes sont recrutées, d'abord les Cipayes aux Indes (1750), puis les Laptots de Gorée au Sénégal (1765), puis au Dahomey et en Indochine à partir du XIXe siècle. Les troupes devenant de plus en plus diverses et conséquentes, il faut les réorganiser. L’ordonnance du 14 mai 1831 regroupe les troupes indigènes en deux régiments, les 1er et 2e R.I.M. (régiments d'infanterie de la marine). Avec le développement de son domaine colonial, la France compte, au milieu du XIXe siècle, 4 régiments d'infanterie de marine regroupant 120 compagnies, et un régiment d'artillerie de marine à 27 compagnies. Par la loi du 7 juillet 1900, les troupes de la Marine deviennent troupes coloniales.

  Analyse des images

Trois soldats indigènes des troupes coloniales

Les trois images sont l’œuvre de G. Fréville, qui a réalisé toute une série de dessins sur les différentes troupes et bataillons coloniaux. A l'aide des uniformes et des équipements, il est possible de les dater de la période de la fin du XIXe siècle - début du XXe.

Réalisées à l’aquarelle, les dessins présentent tous un soldat indigène, posant debout (de face ou de trois quart) en tenue militaire. La représentation est colorée et précise : tous les détails des uniformes sont rendus avec soin. L’artiste insiste aussi sur les visages, qui sont très « typés », le plus souvent avec des expressions à la fois dignes, sévères et guerrières. Le titre de chaque œuvre présent sous le dessin indique de quel type de soldats et d’uniformes il s’agit.

Le milicien du Dahomey porte la « petite tenue » : fusil à l’épaule, veste et pantalon bleus, bonnet rouge et chaussures basses blanches.

L’artilleur d’Indochine reconnaissable à la natte typique des indigènes porte un couvre-chef, une veste et un pantalon blancs de type asiatique, ainsi que des bas rouges. Il nous fait face et nous regarde avec dureté, sa trompette à la main.

Enfin le spahi du Sénégal en « grande tenue » se tient les bras croisés. Il porte un casque blanc, une veste rouge, un pantalon bouffant bleu, les bottes noires et le sabre, tous typiques de ce corps de cavalerie.

  Interprétation

Immortaliser et valoriser les troupes coloniales

Fréville s’est « spécialisé » dans la représentation des nouvelles troupes coloniales : il s’agissait de les faire connaître et, dans un souci documentaire et historique, d’immortaliser ces nouveaux venus dans l’armée française. Il voulait montrer la diversité des hommes et de leurs équipements.

Les dessins sont certes « exotiques », puisque les uniformes et les visages marquent clairement l’origine des soldats des différents corps d’armée. Mais ce qui l’emporte, c’est l’image de combattants qui semblent à la fois redoutables et réellement engagés dans leur fonction, prêts à servir la France dans ces terres lointaines, et bientôt en Europe. Le caractère presque « officiel » de ces dessins ainsi que la pose digne des hommes suggère l’idée qu’eux aussi servent la grandeur de la France, qui ne s’étend pas qu’en Europe, mais aussi, entre autres, en Asie et en Afrique.

Il est difficile de mesurer la réception que connut son travail à son époque, mais il s’inscrit pleinement dans le développement, en métropole, d’un intérêt politique, militaire, ethnologique, culturel et artistique pour les troupes coloniales. Intérêt qui est lui-même lié au second mouvement de colonisation caractérisant le Second Empire et surtout la Troisième République.

Auteur : Alban SUMPF


Bibliographie

  • Jules-Louis LEWAL, Les troupes coloniales, Paris, Baudoin, 1894.
  • Jean MEYER, Annie REY-GOLDZEIGUER, Jean TARRADE, Jacques THOBIE, Histoire de la France coloniale, des origines à 1914, Paris, Armand Colin, 1990.

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