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Jean-Demosthène DUGOURC.
Assassinat du duc de Berry à la porte de l'Opéra par Louvel le 13 février 1820. Assassinat du duc de Berry à la porte de l'Opéra par Louvel le 13 février 1820.
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Mariage du duc de Berry et de Marie-Caroline de Naples dans l'église Notre-Dame de Paris le 17 juin 1816.

© Photo RMN-Grand Palais - Droits réservés

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Titre : Mariage du duc de Berry et de Marie-Caroline de Naples dans l'église Notre-Dame de Paris le 17 juin 1816.

Auteur : Jean-Demosthène DUGOURC (1749-1825)
Date de création : 1817
Date représentée : 17 juin 1816
Dimensions : Hauteur 49.6 cm - Largeur 81.4 cm
Technique et autres indications : Dessin à la plume.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 78-001324 / MV5691;INVDessins295

Assassinat du duc de Berry à la porte de l'Opéra par Louvel le 13 février 1820.

© Photo RMN-Grand Palais - Droits réservés

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Titre : Assassinat du duc de Berry à la porte de l'Opéra par Louvel le 13 février 1820.

Date représentée : 13 février 1820
Dimensions : Hauteur 23 cm - Largeur 29 cm
Technique et autres indications : Lithographie de Antoine-François Gelée (1755-1830) .
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 74-004469 / invgravures3491

  Contexte historique

Né à Versailles le 24 janvier 1778, Charles Ferdinand d’Artois, duc de Berry, est le fils puîné de Marie-Thérèse de Sardaigne, plus connue sous le nom de Marie-Thérèse de Savoie, et du comte d’Artois, frère cadet de Louis XVI et de Louis XVIII, et futur Charles X. En 1789, le duc émigre avec son père et, de 1792 à 1797, il sert dans l’armée de Condé, avant de passer en Angleterre. Il y épouse Amy Brown, fille d’un pasteur de petite noblesse, dont il a deux filles, Charlotte, née le 13 juillet 1808, et Louise, née le 19 décembre 1809. Après l’abdication de l’empereur Napoléon Ier, il rentre en France le 13 avril 1814. Pendant les Cent-Jours, il suit son oncle le roi Louis XVIII en exil à Gand. Il est de retour après Waterloo. Le 17 juin 1816, il épouse à Notre-Dame Marie-Caroline de Bourbon-Sicile (1798-1870). De vingt ans sa cadette, elle est la fille de François Ier, roi des Deux-Siciles (1777-1830) et de Marie-Clémentine d’Autriche (1777-1801), fille de l’empereur d’Autriche Léopold II et nièce de la reine Marie-Antoinette.

Le 13 février 1820, le duc de Berry est poignardé à la sortie de l’Opéra de la rue de Richelieu par un ouvrier sellier bonapartiste, Louis Pierre Louvel, qui avoua avoir eu pour but de « détruire la souche des Bourbons ». Le duc était en effet le seul homme de la famille royale susceptible d’assurer une descendance à la dynastie fondée par le roi Henri IV. Le 29 septembre 1820, la duchesse de Berry donne néanmoins le jour à un fils posthume prénommé Henri, en souvenir du premier des Bourbons, et Dieudonné. La ferveur populaire parle alors de « l’enfant du miracle », suivant l’expression d’Alphonse de Lamartine.

  Analyse des images

Dessinateur du Garde-Meuble de la Couronne avant la Révolution, Jean-Démosthène Dugourc (1749-1824) imagina notamment le mobilier commandé en 1787 par la reine Marie-Antoinette pour sa chambre à coucher du Petit Trianon. Bien avant 1789, sa fécondité et son originalité avaient suscité l’intérêt des souverains étrangers, ceux de Russie et d’Espagne en particulier. En 1799, Dugourc s’installa à Madrid et y fit carrière de dessinateur et d’architecte auprès de la famille royale et de la noblesse.

Après le départ du roi Charles IV en 1808, il continua à travailler pour le frère de Napoléon Ier, le roi Joseph. Rentré en France en 1813, il collabora avec les célèbres bronziers Thomire et Rémond, et couvrit par ses dessins à la plume tous les événements marquants du règne de Louis XVIII, comme ici les noces du duc de Berry et de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile à Notre-Dame, ou encore ses funérailles à la basilique Saint-Denis le 14 mars 1820.

La mort du duc de Berry, quant à elle, inspira des peintres comme Alexandre Menjaud (1773-1832), qui a représenté avec réalisme les derniers instants d’un héros romantique. Elle nourrit également une abondante imagerie populaire comme en témoigne cette belle estampe qui aurait fort bien pu illustrer le récit de Chateaubriand : « Monsieur le comte de Clermont-Lodève […] était derrière le prince […]. Alors un homme, venant du côté de la rue de Richelieu, […] se jette sur le prince, au moment où celui-ci, se retournant pour rentrer à l’Opéra, disait à Madame la duchesse de Berry : « Adieu, nous nous reverrons bientôt. » L’assassin, appuyant la main gauche sur l’épaule gauche du prince, le frappe de la main droite, au côté droit, un peu au-dessous du sein. »

  Interprétation

La mort du duc de Berry fut lourde de conséquences. Il était le dernier héritier en ligne directe de la dynastie des Bourbons, et tous les espoirs de Louis XVIII et du futur Charles X reposaient sur son éventuelle descendance mâle. En perpétrant son crime, Louvel souhaitait « éteindre la race » honnie, mais son geste fatal fut inutile puisque, sept mois plus tard, la duchesse de Berry donnait naissance à Henri-Dieudonné, duc de Bordeaux et comte de Chambord. Néanmoins, les suites politiques de l’assassinat furent immédiates.

Premier ministre de Louis XVIII depuis novembre 1819, le duc Élie Decazes de Glücksberg (1780-1860) menait une politique libérale qui lui attirait les foudres des royalistes ultras. Ils le rendirent responsable du crime et le contraignirent à démissionner. « Le pied lui a glissé dans le sang », commenta Chateaubriand avec ironie. Le duc de Richelieu, son successeur, mit alors en œuvre une politique de réaction systématique : suppression des libertés individuelles et de la liberté de la presse, rétablissement de la censure et de l’autorisation préalable pour fonder un journal. La réforme électorale de 1820 brisa les espoirs des libéraux qui s’enfermèrent dans une sourde opposition clandestine. Les Trois Glorieuses et l’avènement de Louis-Philippe écartèrent définitivement les Bourbons du pouvoir.

Le petit duc de Bordeaux suivit Charles X en exil. La tentative de soulèvement, fomentée en 1832 par la duchesse de Berry pour le faire proclamer roi, sous le nom d’Henri V, fut un humiliant échec. Après la chute du second Empire en 1870, le comte de Chambord ne sut pas saisir l’occasion qui lui était offerte de restaurer la monarchie. Il mourut en exil le 24 août 1883.

Auteur : Alain GALOIN


Bibliographie

  • Guillaume BERTIER DE SAUVIGNY, La Restauration, Paris, Flammarion, 1955.
  • Jean-Noël BRÉGEON, La Duchesse de Berry, Paris, Taillandier, 2009.
  • François-René de CHATEAUBRIAND, Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition critique, 3e partie, 2 e époque, livre 1er, Paris, Classiques Garnier, 1989.
  • Francis DEMIER, La France du XIXe siècle, Paris, Le Seuil, coll. « Points Histoire », 2000.
  • Daniel MANACH, La Descendance de Charles X, roi de France, Paris, Christian, 1997.
  • Jean VIDALENC, La Restauration 1814-1830, Paris, P.U.F., coll. « Que sais-je ? », 1983.
  • Emmanuel de WARESQUIEL et Benoît YVERT, Histoire de la Restauration. Naissance de la France moderne, Paris, Perrin, 1996.

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