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Le Pays basque (2 études)

Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées.
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La pelote basque

Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées. Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées.
Gustave Henri COLIN.
Jeunes joueurs de pelote à Guéthary. Jeunes joueurs de pelote à Guéthary.
ANONYME.
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Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Vizzavona

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Titre : Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées.

Auteur : Gustave Henri COLIN (1828-1910)
Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97-024842 / VZC7611

Jeunes joueurs de pelote à Guéthary.

© Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Touring Club de France

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Titre : Jeunes joueurs de pelote à Guéthary.

Auteur : ANONYME
Technique et autres indications : Série : Touring Club de France
Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-500111 / TCF11290

  Contexte historique

La pelote basque aux XIXe et XXe siècles

Héritière des traditionnels jeux de paumes, la pratique de la pelote basque se développe, précise son fonctionnement et s’organise dans la seconde partie du XIXe siècle. Si le nom désigne en fait plusieurs types de jeux, différents selon les instruments utilisés, les terrains et les règles, il renvoie cependant toujours à une pratique tout à la fois sportive et culturelle, profondément ancrée dans la tradition et l’identité basques. Ainsi, dans presque tous les villages, la place centrale principale (« plaza ») est aussi le terrain où elle se joue. Les parties sont des moments de sociabilité, qui rythment la vie des communautés.

Pendant la Troisième République, cette véritable institution qu’est la pelote basque devient un enjeu du conflit d’influence entre l’Eglise et l’Etat qui tentent d’encadrer et de promouvoir sa pratique, organisant des clubs et des compétitions. En 1900, la pelote est l’une des disciplines pratiquée aux Jeux Olympiques de Paris, ce qui contribue à la faire un peu connaître hors du Pays basque. Mais elle reste essentiellement en France une pratique régionale.

  Analyse des images

Scènes de la vie basque

La première image, Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées est un tableau de Gustave Colin (1828-1910), réalisé peu avant 1908, année où il fut exposé Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. Comme dans de nombreuses de ses œuvres, Colin présente ici une scène de la vie basque. Sur la « plaza » du village de Sare, se joue une partie de pelote au Rebot, qui consiste en l’affrontement en plein air de deux équipes où les joueurs doivent, à l’aide d'un petit chistera (panier d’osier qui sert à réceptionner et renvoyer la pelote), empêcher les adversaires d’attraper la pelote ou de la renvoyer dans les limites du terrain. On aperçoit ici les joueurs, vêtus du costume traditionnel (blanc avec une ceinture de tissu) du « pilotari » (joueur de pelote), et munis de leur chistera. Ils sont répartis sur le terrain qui fait environ 100 mètres de long, bien rendu par la perspective. La place est délimitée à sa gauche par un mur (le « fronton »), sur et au pied duquel de nombreux spectateurs sont massés. Au second plan (au fond et sur la gauche) des bâtiments de type architectural basque encadrent le terrain, parmi lesquels l’Eglise (à droite). A l’horizon, les Pyrénées s’élèvent, surplombant la scène.

La seconde image, Jeunes joueurs de pelote à Guéthary est une photographie anonyme datant du XXe siècle, prise dans le cadre de la série du Touring Club de France (le club d’équitation et de pelote basque le plus important). Sur une petite plaza se trouvent cinq jeunes garçons. Ils sont équipés pour le jeu : d'une chistera, d'une paletta (petite palette) ou d'un petit gant (joko garbi). Ils font face à une maison basque, reconnaissable à sa façade largement percée avec son porche caractéristique (lorio), à son colombage et à son toit à deux versants en pente douce. Mitoyen, un autre bâtiment sur le mur duquel sont peintes des informations sur un commerce proche.

  Interprétation

La pelote, au centre de l’attention et de la sociabilité basques

Les deux images peuvent être considérées comme de véritables « cartes postales » du Pays basque, puisque d’un coup d’œil, le spectateur sait où il se trouve. On peut donc considérer que dans les deux cas l’auteur a voulu faire connaître cette région à travers le prisme sportif et culturel de la pelote, qui est l’un des signes les plus caractéristique d’un mode de vie basque.

Le tableau de Gustave Colin s’inscrit, comme d’autres de ses œuvres, dans la perspective d’un développement des thèmes régionaux (et parfois régionalistes) dans la littérature et la peinture, de la seconde partie du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale. La partie de pelote y apparaît comme le centre, le foyer et le point d’attention d’un emboîtement de symboles, d’échelles et de temporalités. Les Pyrénées (le paysage basque : la vie de la nature, immuable) encadrent le village typique (les maisons et les institutions comme l’Eglise  : la vie des hommes, traditionnelle) qui enserre lui-même la place (lieu de sociabilité et de culture) autour de laquelle il s’organise, et sur laquelle se déroule la partie, affirmation plus éphémère mais régulière et cyclique de la même tradition. Tout le « pays » (des montagnes aux hommes du village) semble regarder le jeu, véritable moment de sociabilité villageoise qui, un temps, condense et focalise l’identité basque.

L’utilisation habile de la perspective, qui confond la foule dans une masse d’abord indistincte du village (elle se confond avec le mur, puis avec les bâtiments du fond), puis de la nature (elle semble se perdre dans les montagnes) pourrait suggérer l’unité des hommes, d’un territoire et de la manière qu’ils ont de l’habiter. Si la partie est bien le centre d’intérêt, les joueurs du fond, de plus en plus petits, semblent eux aussi retourner à ce « tout basque » dont ils sont issus et qu’ils ne font qu’exprimer.

La seconde image est elle plutôt un « instantané » qui montre que dès le plus jeune âge, les basques se livrent, même sans cérémonie, à cette pratique. En plein soleil (à l’heure de la sieste, s’il ne reste qu’une activité (les enfants sont comme seuls au monde), ce sera celle-ci. Même traditionnelle, la pelote basque demeure donc bien vivante.

Auteur : Alban SUMPF


Bibliographie

  • Manex GOYHENETCHE, Histoire générale du Pays Basque ; 5 tomes, Bayonne, Elkar, 2005.
  • Louis TOULET, La pelote basque Histoire, technique et pratique, Paris, De Vecchi, 1979.
  • Jean-Claude VIGATO, L’architecture régionaliste : France 1890-1950, Paris, Norma, 1994.

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