Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image

Albums liés

Le Pays basque (2 études)

Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées.
Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées.
Gustave Henri COLIN

Découvrez aussi

La pelote basque

Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées.
Partie de pelote au Rebot sur la place de Sare, Basses-Pyrénées.
Gustave Henri COLIN

Biarritz, l’autre côte

Scène de plage, Biarritz.
Scène de plage, Biarritz.
Henri LEMOINE

Le monde paysan au XVIIe siècle

Repas de paysans.
Repas de paysans.
Louis LE NAIN

Souvenir des inondations de Paris 1910

Souvenir des inondations de Paris 1910.
Souvenir des inondations de Paris 1910.
Jean-Bertrand PÉGOT-OGIER

Le mariage à la campagne au XIXe siècle

Une noce en Basse-Normandie. La belle-mère apporte le trousseau de la mariée.
Une noce en Basse-Normandie. La belle-mère apporte le trousseau de la mariée.
Joseph-Louis-Hippolyte BELLANGE

De l'inflation à la Terreur monétaire

Les habitants des campagnes vendoient très cher leurs denrées pour des assignats...
Les habitants des campagnes vendoient très cher leurs denrées pour des assignats...
Jean-Baptiste LESUEUR

L'autonomisme corse dans l'entre-deux-guerres : A Muvra

Prospectus d’abonnement au journal <I>A Muvra</I> (« Le Mouflon »).
Prospectus d’abonnement au journal A Muvra (« Le Mouflon »).

Le renouveau médiéval

Ville médiévale au bord d'un fleuve.
Ville médiévale au bord d'un fleuve.
Karl Friedrich SCHINKEL

Le Pays basque

Pays basque. Pays basque.
Gustave Henri COLIN.
La Vallée de la Bidassoa. La Vallée de la Bidassoa.
Paul BARTLETT.
Paysage basque. Paysage basque.
Robert CAMI.
commentaires 0 commentaire commentaires
Pays basque.

© Photo RMN-Grand Palais - J. L'Hoir / J. Popovitch

Agrandissement - Zoom
»

Titre : Pays basque.

Auteur : Gustave Henri COLIN (1828-1910)
Dimensions : Hauteur 152 cm - Largeur 220 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Lycée Jeanson de Sailly (Paris)
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 76-000919 / RF2728

La Vallée de la Bidassoa.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot / Droits réservés

Agrandissement - Zoom
« »

Titre : La Vallée de la Bidassoa.

Auteur : Paul BARTLETT (1881-1965)
Dimensions : Hauteur 76.5 cm - Largeur 91.5 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée national de la Coopération Franco-américaine (Blérancourt) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 91-000741 / RF1980-58

Paysage basque.

© Collection Centre Pompidou, Dist. RMN-Grand Palais / Droits réservés

Agrandissement - Zoom
«

Titre : Paysage basque.

Auteur : Robert CAMI (1900-1975)
Dimensions : Hauteur 24 cm - Largeur 32 cm
Technique et autres indications : Encre et lavis d'encre sur papier.
Lieu de Conservation : Musée national d'Art moderne - Centre Pompidou (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 19-004678 / AM1483D

  Contexte historique

Paysages, vie rurale et situation du Pays basque dans le premier tiers du XXe siècle

Les Pyrénées sont le centre du Pays basque. Ils délimitent les provinces espagnoles des trois provinces françaises : Labourd, Basse Navarre et Soule. Outre les paysages côtiers et ceux de haute montagne, la région se caractérise par des collines vertes assez arrondies (hauts plateaux herbeux et vallées pas trop profondes), qui sont traditionnellement terres de pâturages.

Le Pays basque français reste une région assez largement rurale au XIXe siècle, le développement industriel concernant alors plutôt la partie espagnole et les ports. Dans les régions les plus hautes, on pratique surtout l‘élevage. Il existe aussi une tradition viticole et maraîchère (surtout en Navarre), et la culture du maïs, destinée aux bêtes, s’est développée au XXe siècle. Cependant, entre 1850 et les années 1930, la région a connu une forte émigration des populations rurales (particulièrement celles se trouvant sur les hautes terres), notamment vers l’Amérique du sud.

Le premier tiers du XXe siècle, période de réalisation des trois œuvres ici étudiées (1908-1935), est donc marqué par l’exode rural, lié à une industrialisation et à une urbanisation qui restent cependant mesurées. La période est aussi celle des premiers développements du tourisme (balnéaire d’abord). On n’hésite pas alors, soit par réaction, soit par intérêt « publicitaire », à diffuser ces thèmes à la fois identitaires et pittoresques. C’est en effet dans ces temps de mutations qu’un mouvement régionaliste basque s’intensifie quelque peu, à la fois garant et promoteur d’une identité basque associée notamment à la langue, mais aussi aux paysages naturels et aux traditions agricoles.

  Analyse des images

Variation de style sur le motif basque

Le premier tableau, Pays basque a été réalisé par Gustave Henri (1828-1910), avant 1908. Au second plan, les Pyrénées assez abruptes constituent l’horizon. Sur la droite, on devine une vallée qui s’aplanit vers la côte. Plus proche du spectateur, niché en contrebas des montagnes, on aperçoit un petit hameau et son Eglise (le clocher blanc). Sur de collines verdoyantes où se trouvent deux petits bâtiments agricoles, des paysans se livrent aux travaux des champs. Leurs équipements sont assez rudimentaires, et rien n’apporte un quelconque signe de modernité. Au premier plan, une femme ratisse l’herbe qui fera sans doute du foin pour les bêtes.

La seconde toile, intitulée, La Vallée de la Bidassoa, est l’œuvre de Paul Bartlett (1881-1965). Elle date du premier quart du XXe siècle. Elle prend le même motif que précédemment, mais le traite de manière plus moderne, qui n’est pas sans rappeler un certain impressionniste, ou même Cézanne. On y voit le fleuve Bidassoa (frontière entre la France et l’Espagne, dans le Pays basque occidental) serpenter entre des collines arrondies et aux verts nuancés. Au second plan, des collines plus hautes et plus brumeuses et un village perché sur l’une d’elles (avec son Eglise). Plus proches de nous, des hommes sont à l’ouvrage, vus de haut, presque plus suggérés et schématisés que décrits. Au premier plan, des arbres (des hêtres ?) et un paysan qui bêche le sol.

Enfin, le dessin Paysage basque , de Cami Robert (1900-1975), réalisé avant 1935, montre les mêmes collines, mais cette fois dans une atmosphère plus hivernale (les arbres sont nus). On devine des vignes et des cerisiers (spécialité en Navarre). Le relief est rendu par une variation entre la ligne d’encre et le blanc, qui donne à l’ensemble, assez dépouillé, une certaine intensité dramatique.

  Interprétation

Des hommes éparpillés et fondus dans le paysage

Dans les trois images la représentation est plus celle d’un paysage que des hommes qui l’occupent. Le dessin montre un espace rural, certes entretenu et mis en valeur (les vignes et les arbres sont taillés), mais assez désertique. Et dans les deux toiles, les hommes, leurs activités et leurs habitations (jusqu’aux villages, toujours petits et presque inscrits dans la nature) sont presque insignifiants, détails éparpillés ça et là dans un paysage qui les englobe et les dépasse largement. Il ne s’agit pas d’un travail agricole coordonné et surdéveloppé qui ferait violence au territoire, mais plutôt d’une présence humaine en pointillés, fondue dans le tout. Le tableau de Colin révèle ainsi un équipement agricole très sommaire. Plus tardive, la toile de Bartlett ne montre pas plus de modernité (il y a une sorte de charrue traînée par deux bœufs).

On comprend alors que, même si elles sont clairement maîtrisées (elles ne sont pas sauvages et rien ne semble laissé à l’abandon), ces collines verdoyantes qui semblent accueillantes sont quand même des terres relativement hautes, aux hivers rigoureux (comme le suggère le dessin), venteuses (il y a un certain mouvement perceptible dans le trait de Bartlett) et difficiles à mettre en valeur de manière plus intensive. Ce qui explique qu’elles restent assez vides, et qu’elles connaissent un exode assez important aux XIXe et XXe siècles. Le Pays basque conserve donc des paysages ruraux typiques car relativement préservés, assez inchangés entre le XIXe et le XXe siècle (période couverte par nos trois représentations).

Auteur : Alban SUMPF


Bibliographie

  • Georges DUBY, Armand WALLON, Histoire de la France rurale, apogée et crise de la civilisation paysanne, T. 3, Paris, Seuil, 1976.
  • Manex GOYHENETCHE, Histoire générale du Pays Basque ; 5 tomes, Bayonne, Elkar, 2005.
  • Jean-Claude VIGATO, L’architecture régionaliste : France 1890-1950, Paris, Norma, 1994.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page