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Photographie de prisonniers membres des troupes coloniales françaises. Photographie de prisonniers membres des troupes coloniales françaises.
ANONYME.
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Carte postale allemande.

© Musée d'Histoire contemporaine / Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

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Titre : Carte postale allemande.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1915
Date représentée : 1915
Technique et autres indications : photographie, carte postale
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Hôtel des Invalides, 129 rue de Grenelle, 75007 Paris, Tél : 01.44.42.54.92 / Fax : 01.44.18.93.84 ; site web

Carte postale allemande.

© Musée d'Histoire contemporaine / Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

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Titre : Carte postale allemande.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1916
Date représentée : 1916
Technique et autres indications : photographie, carte postale
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Hôtel des Invalides, 129 rue de Grenelle, 75007 Paris, Tél : 01.44.42.54.92 / Fax : 01.44.18.93.84 ; site web

Photographie de prisonniers membres des troupes coloniales françaises.

© Musée d'Histoire contemporaine / Bibliothèque de documentation internationale contemporaine

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Titre : Photographie de prisonniers membres des troupes coloniales françaises.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1917
Date représentée : 1917
Technique et autres indications : photographie
Lieu de Conservation : Musée d'histoire contemporaine / BDIC (Paris) ; site web
Contact copyright : Hôtel des Invalides, 129 rue de Grenelle, 75007 Paris, Tél : 01.44.42.54.92 / Fax : 01.44.18.93.84 ; site web

  Contexte historique

Dans la bataille de propagandes à laquelle se livrent les belligérants entre 1914 et 1918, les Allemands, en réponse aux accusations d’assassinats d’innocents dans les zones envahies formulées contre eux, ont aussi recours à des images pour se défendre, voire pour contre-attaquer. Les documents n° 1, n° 2 et n° 3 le prouvent.

  Analyse des images

Les deux premières photographies, publiées et diffusées sous forme de carte postale avec un titre ironisant sur la « soi-disant barbarie allemande », montrent chacune un soldat qui partage sa ration alimentaire avec des enfants issus de familles françaises.

Le premier document est peu plausible dans la mesure où l’on voit immédiatement que les personnages posent dans un décor : ils sont alignés, immobiles devant une toile peinte, avec une certaine naïveté esthétique (procédé courant dans les studios photographiques de l’époque), et l’ensemble n’a aucune profondeur de champ.

La scène similaire représentée sur le deuxième document paraît plus juste car dotée d’une exigence de réalisme plus importante. Située en extérieur, en l’occurrence devant une maison, la composition est beaucoup moins plate, plus naturelle que l’exemple précédent, sans que rien ne nous garantisse cependant qu’elle soit véridique : le soldat assis sur un banc nourrit une fillette qu’il tient sur ses genoux, alors qu’au second plan, près de la porte d’entrée, deux enfants plus âgés les regardent en souriant.

Le troisième document est plus troublant. Ce cliché, pris par un photographe allemand, représente sept prisonniers des troupes coloniales françaises (un Sénégalais, un Guinéen, un Somalien, un Tunisien, un Annamite, un Soudanais, un Dahoméen) qui ont été rassemblés pour poser devant l’objectif. Publié dans une brochure diffusée en plusieurs langues, ce portrait de groupe est utilisé pour dénoncer, de façon sarcastique, la prétention des Alliés à vouloir défendre la culture et la civilisation avec des combattants de couleur.

  Interprétation

Les deux premières photos sont des mises en scène cherchant à démontrer que, contrairement aux affirmations répétées, les troupes d’invasion se comportent correctement vis-à-vis des populations civiles dans les territoires occupés. Dans les deux cas, l’attitude des soldats est aux antipodes des méthodes extrêmement brutales que les Alliés attribuent de façon systématique aux Allemands qui en sont indignés. L’accent est donc mis avec insistance sur la « bonne conduite et la générosité des occupants » pour tenter d’effacer les images de tortionnaires qui leur collent à la peau (voir l'étude Images de l’Allemand).

Les Allemands sont dépourvus de troupes coloniales[1]. Leur propagande a donc beau jeu d’affirmer que les indigènes venus d’Afrique, du Proche-Orient ou d’Asie, pour se battre contre eux, aux côtés des Français, sont les « véritables barbares ». Cette forme de racisme évidente, dont rend parfaitement compte la photographie prise dans le camp de prisonniers, sera amplifiée après le Traité de Versailles. Au moment de l’occupation française le long du Rhin, la presse allemande parlera en effet de la « Honte noire » ; des histoires terrifiantes de meurtres et de viols seront répandues à propos des soldats de la légion étrangère. Ce conditionnement de l’opinion publique allemande facilitera sans doute l’acceptation, dès 1933, de la propagande nazie qui reprendra ce type d’image, à peu de chose près, pour démontrer la suprématie de la race aryenne en Europe.

Auteur : Laurent VÉRAY


Notes

Les colonies françaises fournissent environ 600000 combattants; des tirailleurs nord-africains et sénégalais sont utilisés comme troupes de choc. Le général Mangin est persuadé qu'il est possible de constituer une importante armée africaine (ce qu'il appelle la "Force noire") et que son rôle peut être décisif sur le champ de bataille. Contrairement à la légende, ces troupes coloniales ne subirent pas en proportion des pertes plus élevées que les troupes métropolitaines.


Bibliographie

  • Marc MICHEL, l’Appel à l’Afrique. Contributions et réactions à l’effort de guerre en AOF 1914-1919, Paris, Publications de la sorbonne, 1982.
  • Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

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