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Pavillon Primavera. Intérieur. Pavillon Primavera. Intérieur.
commentaires 3 commentaires commentaires
Pavillon Primavera.

© Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Droits réservés

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Titre : Pavillon Primavera.

Auteur : Henri SAUVAGE (1873-1932)
Date de création : 1925
Date représentée : 1925
Technique et autres indications : Atelier d'Art des Grands Magasins du Printemps.
Série : Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925. Architecte : Henri Sauvage assisté de Georges Wybo.
Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 09-564304 / EAD 343 N

Pavillon Primavera. Intérieur.

© Ministère de la Culture / Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / Droits réservés

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Titre : Pavillon Primavera. Intérieur.

Date de création : 1925
Date représentée : 1925
Technique et autres indications : Atelier d'Art des Grands Magasins du Printemps.
Série : Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925. Piano Gaveau de L. Sognot
Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 09-564305 / EAD 344 N

  Contexte historique

Les ateliers d’art des grands magasins

Afin de développer les arts décoratifs modernes et de favoriser leur diffusion, René Guilleré, fondateur de la Société des artistes décorateurs, convainc dès 1912 les grands magasins du Printemps de faire produire des ensembles de meubles et d’objets d’art par des ateliers artisanaux. Conçue sous la direction d’artistes en vogue comme Charlotte Chauchet, l’épouse de Guilleré, leur production est baptisée « Primavera », nom qui, par son étymologie latine, renvoie habilement à celui du magasin. Après la Première Guerre mondiale, le grand magasin est imité par ses confères. Maurice Dufrêne est ainsi appelé à la tête des ateliers de la « Maîtrise » par les Galeries Lafayette en 1922, et Paul Follot par le Bon Marché pour diriger « Pomone » l’année suivante. Les magasins du Louvre se tournent quant à eux vers Kohlmann pour leur « Studium ». En 1925, l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, coorganisée par le ministère du Commerce, fait de ces quatre ateliers des attractions majeures de la manifestation en leur attribuant à chacun un des angles de l’esplanade des Invalides, au cœur de la section française. Chaque enseigne rivalise d’audace, confiant l’édification de son pavillon à un architecte de renom. Henri Sauvage, associé à Georges Wybo, architecte en chef du magasin, est ainsi choisi par le Printemps.

  Analyse des images

Un thème : la maison d’un artiste

Obéissant à des contraintes de profil et de gabarit imposées par le règlement de l’Exposition de 1925, le pavillon Primavera se distingue néanmoins de ses concurrents par l’originalité de son parti architectural. Délaissant presque toute interprétation monumentale classique, il assume pleinement la structure en béton armé de son toit cônique (élaborée par les frères Perret), lequel vient couvrir des murs bas disposés sur un plan octogonal. Les critiques les plus acerbes de la manifestation l’ont d’ailleurs assimilé à une « hutte ». Cette apparence de prime abord un peu brute est cependant compensée par la préciosité des revêtements décoratifs : lap d’or (ciment mêlé de filaments d’or) pour les murs du soubassement, mosaïque noire et or pour leur corniche, paille compressée et galets de verre coloré de Lalique pour la toiture… Une multitude de fleurs et de généreux éclairages dissimulés dans les jardinières complètent cette riche ornementation.

Évoquant un temple, ce bâtiment inédit abrite un intérieur à la fois moderne et raffiné, conçu selon le souhait du Printemps comme celui d’un artiste. Son aménagement réalisé par les différents ateliers de Primavera contraste assez fortement avec l’aspect extérieur, comme le montre la vue du vaste salon. Tout le mobilier de cette pièce répond à un esprit de confort moderne : le large divan, les tapis aux motifs géométriques, la petite table basse aux lignes épurées, le piano sur colonnes où trône une grosse lampe à l’abat-jour plissé. Invitant à la contemplation et à la rêverie esthétique, les objets d’art disposés dans cette salle de réception en accentuent encore l’atmosphère élégante et raffinée.

  Interprétation

Un nouvel art de vivre

L’aménagement intérieur du pavillon Primavera, véritable démonstration des possibilités créatives des ateliers du Printemps, révèle tout aussi clairement les principes directeurs du grand magasin : il s’agit de proposer à la clientèle un décor harmonieux, confortable et conçu comme un tout. Pensée différemment selon qu’elle s’adresse à un homme ou à une femme, la décoration prend aussi en compte sa profession : le pavillon de 1925 correspond ainsi à la demeure d’un artiste masculin. Les décorateurs prêtent autant d’attention au mobilier qu’aux accessoires : des papiers peints aux lampes, des tentures aux verreries, céramiques et statuettes, tous les éléments ont de l’importance. Pour le Printemps, la production de ses ateliers d’art doit à la fois s’inspirer du passé, source de raffinement revendiquée par les tenants de l’Art déco, et s’inscrire dans son temps. Avec ses millions de visiteurs, l’Exposition de 1925 a grandement contribué à la diffusion internationale de ce nouvel art de vivre.

Auteur : Fabienne FRAVALO


Bibliographie

  • Myriam BACHA (dir.), catalogue de l’exposition Les Expositions universelles à Paris, 1855-1937, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, 2005.
  • Jean-Baptiste MINNAERT, Henri Sauvage ou l’exercice du renouvellement, Paris, I.F.A.-Norma éditions, 2002.
  • Paul SENTENAC, « Le Pavillon de Primavera », La Renaissance de l’art français et des industries de luxe, août 1925, p. 370-373.
  • Emmanuel BRÉON, Dominique ESCANDE, Claude LOUPIAC, Alain MANIER et Isabelle MARINONE, Création et vie artistique au temps de l’exposition de 1925, Paris-Vienne, C.N.D.P.-Futuroscope, coll. « Histoire des arts », 2006.

Commentaires

Chère Fabienne,

Bel article.

Charlotte Chauchet-Guilleré est (était)ma tante.

Cordialement. michel guilleré
****@yahoo.fr
michel
Par michel le 19/07/11 à 18h21 - #242
Vous pouvez voir aussi, dans la revue de la société des amis du musée national de céramique, Sèvres, "Colette Guéden (1905–2000)
Primavera et la céramique" par A Lajoix....
Parisenne
Par Parisenne le 06/05/12 à 17h31 - #763
Chère Madame,
Je vous adresse toutes mes félicitations pour votre article pédagogique et très instructif. Je me permets une question concernant les objets d'art ; à votre connaissance les magasins Primavera ont-ils vendu (et donc édité sous leur label) des sculptures sur bois en taille directe ? Je vous le demande parce que possède de famille un bas relief signé d'un monogramme suivi de "Primavera" justement Merci et bonne continuation
Benjamin
Par Benjamin le 07/11/13 à 21h08 - #1811

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