© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN / Pascal Segrette
Titre : Voiture de la Compagnie Française des Automobiles.
Dimensions : Hauteur 220 cm - Largeur 160 cm
Technique et autres indications : Voiture à moteur de huit chevaux à essence de pétrole de deux cylindres, carrosserie du type "Landaulet" ; véhicule acquis par la Compagnie Française des Automobiles de Place (dite "G7"), utilisé le 7 septembre 1914 pour le transport de troupes ("Taxi de la Marne") Création entre 1905 et 1914 à Boulogne-Billancourt.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-510628 / 1635 C1
© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN / Pascal Segrette
Titre : Voiture de la Compagnie Française des Automobiles. Affichette des tarifs.
Technique et autres indications : Voiture à moteur de huit chevaux à essence de pétrole de deux cylindres, carrosserie du type "Landaulet" ; véhicule acquis par la Compagnie Française des Automobiles de Place (dite "G7"), utilisé le 7 septembre 1914 pour le transport de troupes ("Taxi de la Marne") Création entre 1905 et 1914 à Boulogne-Billancourt.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-509500 / 1635 C1
© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN
Titre : Voiture de la Compagnie Française des Automobiles.
Dimensions : Hauteur 220 cm - Largeur 160 cm
Technique et autres indications : Voiture à moteur de huit chevaux à essence de pétrole de deux cylindres, carrosserie du type "Landaulet" ; véhicule acquis par la Compagnie Française des Automobiles de Place (dite "G7"), utilisé le 7 septembre 1914 pour le transport de troupes ("Taxi de la Marne") Création entre 1905 et 1914 à Boulogne-Billancourt.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-505584 / 1635 C1
Des taxis parisiens aux taxis de la Marne
La Compagnie Française des Automobiles de Place, plus tard dite « G7 » (du fait que ses véhicules étaient immatriculés G7 par la préfecture) est fondée le 4 mars 1905 par le baron Rognat. Dès 1905, après des essais comparatifs, la Compagnie choisit les véhicules Renault de type AG à 8 chevaux et deux cylindres pour son parc automobile de taxis parisiens. La production commence en 1905 à Boulogne-Billancourt, et en 1914, trois quarts des 12 000 taxis parisiens sont des véhicules Renault AG.
Dès septembre 1914, le gouvernement prévoit de réquisitionner des taxis pour évacuer de Paris les archives du Ministère de la Guerre en cas de menace allemande, constituant à cet effet une réserve permanente de véhicules. Mais c’est par un usage inattendu que les taxis parisiens deviennent les taxis de la Marne. Après l’avancée Allemande du début septembre, Joffre décide le 6 septembre, de contre-attaquer. Pour envoyer des troupes en renfort sur le front de l’Ourcq, le général Gallieni alors gouverneur militaire de Paris, décide de réquisitionner des taxis, afin de compléter le transport des troupes par train. Dans la journée du 6 septembre, 630 taxis sont mobilisés et réunis sur l’esplanade des Invalides, pour acheminer, à une vitesse moyenne de 25km/h, près de 4000 soldats (quatre ou cinq par voiture) des 103e et 104e RI à Silly-le-Long et Nanteuil-le-Haudouin, situés à 100km de Paris.
Les taxis Renault
La première photographie présente de face et de près un véhicule AG immatriculé 2862 G7. Le modèle date d’avant 1912, date à la quelle le volant est placé à gauche (il est à droite ici). La carrosserie de type Landaulet, c’est-à-dire un coupé automobile à conduite extérieure, avec une capote à l’arrière, est rouge sombre, ce qui confirme qu’il a été produit avant 1912, année où les taxis deviennent verts. Le châssis ainsi que les rayons des roues sont jaunes vif. Le modèle doit être démarré à la manivelle (visible sur le devant, sous la plaque d’immatriculation) et le chauffeur conduit à l’extérieur, placé sur un coffre couvert de deux coussins de cuir noir, à l’aide du volant au bout de la colonne de direction et de deux manettes de commande (visibles à droite du volant). Deux lanternes, disposées à l’avant du véhicule permettent l’éclairage. L’habitacle, surélevé, comporte deux fenêtres grillagées à l’avant et deux fenêtres vitrées latérales (pour permettre aux passagers de voir la route, tout en étant protégés d’éventuelles projections) et est recouvert d’une capote. Il comporte une banquette pour deux et deux strapontins auxquels on accède par des portières latérales. Sur la droite, on devine le taximètre, qui indique le prix de la course et peut être lu par le client.
La seconde photographie, prise à l’intérieur de la cabine, montre la plaque vissée dans tous les véhicules, et qui indique les règles tarifaires du taxi. Enfin, la troisième photographie montre ce taxi de trois-quarts dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides. Il s’agit du même véhicule (même immatriculation) mais avant rénovation. A l’arrière-plan le bâtiment et un canon inscrivent le taxi dans un contexte militaire.
La légende des taxis de la Marne
L’image du taxi AG-1 dans la cour des Invalides, avec la canon au second plan, donne l’impression d’une anomalie : un véhicule civil, un peu usé, aux couleurs vives, qui ne semble pas à sa place dans ce cadre majestueux et martial, dominé par le blanc et l’acier. Mais l’épisode des taxis de la Marne signifie justement, dans l’imaginaire collectif, une aventure héroïque, qui associe concrètement le monde du front et celui de l’arrière dans la défense de la patrie. Gallieni, qualifiant son initiative, évoque d’ailleurs une « bonne idée de civil », qui trouve une application militaire. L’union sacrée était ainsi matérialisée et concrétisée.
Si le rôle des taxis n’est en effet pas décisif en septembre 1914 (la très grande majorité des troupes est transportée en train), et si la réquisition n’est pas gratuite (l’armée paye les 70 012 Francs de courses), l’épisode acquiert, notamment grâce à la presse, une forte portée symbolique : celui du sursaut national victorieux permis par la détermination, l’énergie, l’unité nationale et un certain « génie français » de l’improvisation. On peut d’ailleurs supposer que nombreux sont les chauffeurs de taxi qui racontent à leurs passagers la manière dont ils ont participé à la bataille de la Marne, contribuant à alimenter le mythe, et à l’ancrer dans le quotidien des civils. Le passager, se mettant lui à la place (au sens propre et figuré) des soldats, à l’intérieur de l’habitacle visible sur la seconde image. Ce qui constitue par ailleurs, l’opportunité d’une bonne publicité pour la compagnie de taxis. Après le 6 septembre 1914, cet objet du quotidien est transfiguré : les Parisiens, familiers de ces véhicules, peuvent les associer directement aux combats victorieux et au courage des soldats. Preuve que l’héroïsme peut concerner aussi l’arrière, qui sait se mobiliser et se tient prêt. Vecteur de patriotisme et de solidarité nationale, la légende est entretenue pendant le conflit et bien après.
Auteur : Alban SUMPF
automobile - bataille de la Marne - Guerre de 14-18 - Renault
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