© Photo RMN - J. P. Lagiewski
Titre : Voiturette Renault.
Technique et autres indications : Voiturette Renault ; carrosserie du type Tilbury, moteur monocylindrique à ailettes de 1 3/4 CV fabriqué par de Dion-Bouton.
Produite entre 1898 à 1903.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-023731 / CMV.252
© Photo RMN - J.-G. Berizzi
Titre : Album photographique : Renault 1901 type D.
Date de création : 1901
Date représentée : 1901
Technique et autres indications : Début 20e siècle Fonds René de Knyff, 1920.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-015358 / 01-015358
© Photo RMN - R. G. Ojeda
Titre : Automobile de course Renault 1903 type Paris-Madrid.
Date de création : 1903
Date représentée : 1903
Technique et autres indications : Automobile Renault de type Nc, dérivé du type K.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-000470 / C.31058/53
© Photo RMN - R. G. Ojeda
Titre : Taxi "autoplace" Renault 1905.
Date de création : 1905
Date représentée : 1905
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-000480 / CMV.31058/62
Renault, les débuts du succès (1898-1905)
En 1898, Louis Renault (1877-1944) ajoute une quatrième roue, une boîte à trois vitesses et une transmission par cadran à un tricycle Dion-Bouton équipé d’un moteur à essence : la première voiturette Renault est née. En février 1899, il améliore encore son invention, en mettant au point un système de transmission et de changement de vitesses « en prise directe », qui remplace avantageusement la transmission par chaîne. Avec ses deux frères, Marcel et Fernand, il crée la société Renault Frères le 25 février 1899. La demeure familiale de Boulogne-Billancourt est réaménagée en usine, et les premières Renault (type A) sont produites (71 en 1899). Suivent, au gré des améliorations, d’autres modèles (type B, C en 1900, D et E en 1901, et G, H et K en 1902, etc.) qui sont à la fois vendus à des particuliers fortunés, et engagés dans des courses automobiles. Les succès des frères, qui pilotent eux-mêmes dans de nombreuses courses très médiatisées (Paris-Trouville dès 1899, Paris-Vienne de 1902 par exemple) permettent de multiplier les commandes. C’est d’ailleurs lors de la course Paris-Madrid via Bordeaux, que Marcel se tue dans un accident le 24 mai 1903.
En 1905, Renault reçoit sa première commande d’importance : la Compagnie Française des Automobiles de Place lui commande 250 taxis « autoplace » (type AG), confirmant et entretenant l’essor rapide de l’entreprise. Celle-ci commence alors la production en série. A la fin de l’année 1905, plus de 1000 véhicules sont produits dans l’usine de Billancourt, qui compte déjà plus de 1500 ouvriers. Renault devient alors le premier constructeur automobile français.
Premières voitures
La première image présente une voiturette Renault de type A 0.3 qui fut produite de 1898 à 1903. Elle succède à la Renault type A 0.2 de 1898 et qui est le tout premier modèle commercialisé. A l’avant, le capot en forme de garde-manger est équipé, pour l’aération, d’une grille et d’un système d’évacuation (visible sur le dessus) à trous. Il recouvre le moteur Dion-Bouton, du nom du constructeur de moteurs et d’automobiles, qui domine le marché jusqu’en 1900, et qui équipe les véhicules de tourisme Renault (ceux des courses ont des moteurs Renault à partir de 1902) jusqu’en 1904-1905. Le moteur est pourvu d’ailettes, pour un meilleur refroidissement. La carrosserie de type Tilbury (du nom d’un genre de cabriolet inventé au XIXème siècle) comporte une banquette surélevée de deux places. Sur la partie basse et centrale se situent les commandes de conduite : à droite (il est placé à gauche en 1912-1914), le volant en demi-cercle ressemble encore à d’un guidon, et à sa gauche, le frein à main.
Sur la seconde image, une Renault de type D 1901 (produite seulement cette année) à l’arrêt et ses deux passagers, sur une route, bordée d’herbes et d’arbres. Le conducteur est debout sur le châssis. Une femme pose à côté de lui et de la voiture. Les deux personnages, visiblement fiers et ravis, sont vêtus richement (les rares propriétaires de voiture étaient très aisés à l’époque) et équipés pour la route (gants et capote pour la femme, gants et casquette de pilote pour l’homme). La femme arbore tout de même un chapeau à la mode. Au premier plan, la voiture avec le capot en forme de trapèze, le volant et un klaxon à poire.
La troisième image montre le modèle de type Nc, voiture produite en 1903. C'est un modèle dérivé du modèle de type K, victorieux sur le Paris-Vienne, et engagé dans la course Paris-Madrid (un peu différente du type O conduit par Marcel lors de son accident). On peut lire sur la plaque avant, au dessus de l’immatriculation, le nom d’un rallye auquel le véhicule a participé. Au départ spécialement conçu pour les rallyes, le type K se caractérise par une structure plus basse, un capot dit « alligator » (il n’est plus trapézoïdal mais allongé) surmonté d’une trappe d’extraction de l’air et la présence de larges radiateurs sur les côtés. Le volant est constitué par un rond complet (et non plus un demi-cercle).
Enfin, la dernière image est celle d’un modèle AG 1905, commandé à 250 exemplaires pour le parc de taxis parisiens, qui présente la particularité (par rapport aux modèles évoqués précédemment) de doubler le poste de conduite d’un habitacle surélevé destiné aux clients, muni d’une capote. Il s’agit d’un des premiers véhicules de tourisme équipé d’un moteur Renault.
Premiers usages et modernité
Les quatre images illustrent d’abord la progressive spécification des usages des véhicules de la marque. Le modèle (type A, première image) est certes à la fois destiné aux particuliers et à la course. Mais assez rapidement, on distingue les véhicules de tourisme vendus aux particuliers (type D, seconde image) des véhicules conçus pour les rallyes (type K), dont la forme est spécifique. Cela n’empêche pas Renault de miser sur les succès sportifs pour assurer une large publicité et emporter des commandes de modèles classiques. Véhicules de course, de tourisme pour particuliers et aussi, à partir de 1905, véhicules urbains (les taxis), ancrent un peu plus la marque dans le paysage urbain et l’imaginaire collectif.
A travers les photographies, on peut percevoir sept ans d’essais, d’améliorations et d’innovations qui témoignent du dynamisme de cette industrie naissante. Si les prouesses techniques concernant les moteurs ne sont pas ici visibles, on saisit celles concernant l’habitacle, le système d’aération et les commandes (l’évolution du volant assurant par exemple une meilleure conduite).
Enfin, l’image montrant une voiture « en situation » suggère une certaine modernité. L’air réjoui et conquérant des deux acteurs de cette nouvelle époque marquée par de nouvelles pratiques renvoie à un certain esprit d’aventure, fait de vitesse (le conducteur s’identifie aux coureurs des toutes nouveaux rallyes, portant comme eux la casquette), de plaisir et de conquête. La pose de la femme au chapeau rappelant presque celle des aventuriers exotiques, dont les exploits sont justement à l’époque popularisés par la presse. Cette mode de la course ou de l’aventure motorisée étant d’ailleurs relayée aussi par le journal L’Auto, fondé le 16 octobre 1900. Modernité dont l’usage direct est certes d’abord réservé aux classes très aisées (on estime le prix d’une voiture à 10 ans de salaire d’un ouvrier, soit environ 3000 francs de l’époque), mais qui marque tous les esprits (beaucoup suivent les rallyes dans les journaux, et dans les villes, les habitants croisent de plus en plus de véhicules), avant de se démocratiser peu à peu (notamment avec les taxis qui permettent à un plus grand nombre d’essayer la voiture).
Auteur : Alban SUMPF
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