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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Prise de l'Hôtel de ville : le Pont d'Arcole. Prise de l'Hôtel de ville : le Pont d'Arcole.
Amédée BOURGEOIS.
Augereau au pont d'Arcole. 15 novembre 1796. Augereau au pont d'Arcole. 15 novembre 1796.
Charles THEVENIN.
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Prise de l'Hôtel de ville : le Pont d'Arcole.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Prise de l'Hôtel de ville : le Pont d'Arcole.

Auteur : Amédée BOURGEOIS (1798-1837)
Date de création : 1830
Date représentée : 28 juillet 1830
Dimensions : Hauteur 145 cm - Largeur 195 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97DE18302/MV 5186

Augereau au pont d'Arcole. 15 novembre 1796.

© Photo RMN-Grand Palais

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Titre : Augereau au pont d'Arcole. 15 novembre 1796.

Auteur : Charles THEVENIN (1764-1838)
Date de création : 1798
Date représentée : 15 novembre 1796
Dimensions : Hauteur 362 cm - Largeur 268 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 87EE895-1/MV 1482

  Contexte historique

Le 25 juillet 1830, Charles X fait publier dans Le Moniteur des ordonnances qui établissent une censure rigoureuse de la presse, dissolvent la Chambre des députés nouvellement élus et modifient le système électoral en faveur des candidats conservateurs. Trois journées d'émeutes s'ensuivent, au terme desquelles la Restauration s'effondre.

Quand à la fin de 1830, Amédée Bourgeois décide de peindre la prise du pont qui enjambe la Seine entre l'île de la Cité et la place de Grève, les modèles ne manquent pas. Eugène Delacroix, témoin des « Trois Glorieuses » a déjà dessiné Le Combat du pont d'Arcole (dessin à la plume signé Eugène Delacroix mais parfois attribué à Auguste Raffet) et une gravure anonyme, Le Pont d'Arcole (Paris, musée Carnavalet), est largement diffusée. Dès septembre, Casimir Delavigne a également publié le poème Une semaine de Paris (dans La Revue de Paris), consacré à ce violent combat du 28 juillet au cours duquel un jeune polytechnicien, qui s'était choisi le nom de guerre « Arcole », se distingua par sa bravoure, tomba rapidement sous les balles des troupes royales, mais permit au peuple de prendre l'Hôtel de Ville.

  Analyse des images

Le centre de la composition est occupé par « Arcole », parvenu au milieu du pont et entraînant la foule insurgée. Il tient la hampe d'un étendard tricolore à deux mains. Deux autres drapeaux surmontent respectivement l'Hôtel de Ville et l'église Saint-Paul.

Au premier plan, mal protégés par un parapet, des hommes armés de fusils font feu sur les cavaliers et les fantassins du général Talon[1], attroupés sur l'autre rive , place de Grève, ou déjà engagés sur le pont. A l'extrême droite du tableau, une femme du peuple dessine une nouvelle bannière avec son vêtement : blouse bleue, jupon blanc et jupe rouge. Elle s'apprête à rafraîchir le visage d'un blessé et à ravitailler les émeutiers, comme l'atteste la présence d'un panier d'osier d'où dépassent un pain et trois bouteilles fermées par des verres renversés.

Compte tenu du surnom qu’il s’est choisi, l'intrépide polytechnicien est, logiquement, montré dans une posture qui rappelle celle du général Augereau au pont d'Arcole[2]. Amédée Bourgeois exprime sciemment la filiation avec l'épisode de novembre 1796.

  Interprétation

Le Pont d'Arcole est une œuvre de commande. Le peintre cherche donc à prouver l'union de tous les Parisiens et à faire oublier que les combattants furent majoritairement des ouvriers. Ici guerroient côte à côte, pour la liberté, des hommes en blouse, des bourgeois au gibus orné de la cocarde, des Turcos, un soldat de Charles X rallié à la révolution, des gardes nationaux et des polytechniciens – qui s'engagent hardiment derrière leur camarade. Tout suggère la solidarité entre les classes. Un médecin, muni d'une trousse chirurgicale, bande la jambe d'un artisan tandis qu'un jeune bourgeois donne à boire à un ouvrier. Parmi les victimes, qui gisent au premier plan, se trouvent autant de gardes nationaux que de notables en civil et d'ouvriers. Un garçonnet coiffé d'une casquette tire au pistolet à proximité d'un enfant en costume.

Si cette toile commandée par Louis-Philippe surestime le rôle joué par les élites[3] durant les « Trois Glorieuses » , elle nous renseigne en revanche sur la place tenue par les femmes, qui ne prirent pas le fusil mais nourrirent les insurgés et soignèrent les blessés. Elle nous rappelle aussi par la présence, sur la berge comme sur la Seine, de nombreuses barques, de fûts et de linge qui sèche, combien l'activité fluviale de la capitale était encore importante en 1830.

Auteur : Myriam TSIKOUNAS


Notes

Il s'agit de la deuxième des trois colonnes envoyées par le maréchal Marmont pour mater les rebelles. Cette colonne, qui a progressé le long des quais de la rive droite vers la place de Grève, est composée du premier bataillon du 3e régiment de la Garde et commandée par le général Talon.

Peint par Charles Thévenin. Le 15 novembre 1796, le général Augereau avait réussi à s'emparer du pont d'Arcole et à le défendre jusqu'à l'arrivée de Bonaparte. La propagande napoléonienne évinça rapidement ce jeune militaire pour le remplacer par Bonaparte dans le tableau peint par Jean-Antoine Gros.

Sur les deux cent cinquante polytechniciens qui sympathisèrent avec l'opposition contre Charles X, soixante-six seulement prirent part aux combats, pour la plupart le dernier jour, quand le résultat était déjà largement acquis. Par contre, le 28 juillet, plusieurs étudiants de l'Ecole polytechnique entraînèrent un groupe de plusieurs centaines d'hommes et prirent d'assaut la caserne des gardes suisses, rue de Babylone. A noter aussi que le maréchal Marmont sera tué durant ces journées de juillet 1830 par un élève de l'Ecole polytechnique.


Bibliographie

  • Maurice AGULHON, « 1830 dans l'histoire du XIXe siècle français », Romantisme, n° 28-29, 1980, p. 15-27.
  • Claire CONSTANS, « Versailles, les grandes commandes »,, in 1815-1830. Les années romantiques, Musée des Beaux-Arts de Nantes, Réunion des Musées Nationaux, 1995, p. 86-93.
  • David PINKNEY, La Révolution de 1830 en France, Paris, PUF, 1988.

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