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Le bal de l'opéra.

© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

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Titre : Le bal de l'opéra.

Auteur : Eugène Charles François GUÉRARD (1821-1866)
Technique et autres indications : Lithographie coloriée.
Lieu de Conservation : Musée Carnavalet (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-024174

Le carnaval à Paris, bal masqué à l'Opéra.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

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Titre : Le carnaval à Paris, bal masqué à l'Opéra.

Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-521382 / 52.39.256D

Vénitienne au bal masqué.

© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

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Titre : Vénitienne au bal masqué.

Auteur : Joseph-Désiré COURT (1797-1865)
Date de création : 1837
Date représentée : 1837
Dimensions : Hauteur 92.7 cm - Largeur 74 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée des Beaux-Arts de Rouen (Rouen) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-522373 / 886.9.3

Bal costumé au Palais des Tuileries.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Bal costumé au Palais des Tuileries.

Auteur : Jean-Baptiste CARPEAUX (1827-1875)
Date de création : 1867
Date représentée : 1867
Dimensions : Hauteur 56 cm - Largeur 46 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 88EE456/RF 1600

  Contexte historique

Histoire du bal masqué

D’origine probablement italienne, le bal masqué apparaît dans la noblesse française à l’époque médiévale. L’engouement que suscitent les déguisements se renforce à la Renaissance avec la mode de l’allégorie. Ces bals se multiplient alors dans toute l’Europe et s’ouvrent à un plus large public. Aux siècles suivants, leur vogue ne diminue pas, comme en témoigne le grand bal masqué donné par Fouquet en 1661 dans son hôtel parisien d’Emery, et ces divertissements deviennent un véritable phénomène de société. Mais c’est en 1715 que naît le plus somptueux d’entre eux, le bal de l’Opéra, créé par une ordonnance du régent en date du 31 décembre. En autorisant la tenue de bals masqués publics à l’Opéra durant la période du carnaval, à raison de deux bals par semaine à partir de minuit, le régent lança une mode qui dura près de deux siècles. Ces bals ont été organisés dans tous les lieux succesivement occupés par l’opéra : jusqu’en 1820 rue de Richelieu, puis pendant un an dans la salle Louvois, ensuite, de 1821 à 1873, rue Le Peletier, enfin, à partir de 1875, à l’Opéra-Garnier.

  Analyse des images

Le bal de l’Opéra

Le grand bal de l’Opéra, appelé aussi « grand veglione de l’Opéra » (le mot italien « veglione » équivalant à « réveillon »), était l’un des moments forts du carnaval de Paris ainsi que de la scène nocturne parisienne ; véritable féerie multicolore, il se distinguait par la munificence de son cadre, la richesse et l’excentricité des toilettes des participants.

Une lithographie coloriée d’Eugène Guérard (1821-1866) et une autre gravure issue de l’imagerie populaire restituent bien l’atmosphère luxueuse de cette fête nocturne, alors qu’elle se déroulait rue Le Peletier : toute une foule bigarrée se presse dans la salle, sur la scène et dans les loges. Les très nombreux lustres ajoutés pour l’occasion inondent de lumière la salle qui brille de mille feux. La plupart des participants arborent la tenue de rigueur : haut-de-forme et habit noir pour les hommes, domino et robe chatoyante pour les femmes, mais on aperçoit aussi çà et là des costumes plus extravagants, comme ceux empruntés à des figures de la commedia dell’arte, Pierrot par exemple.

Le bal de l’Opéra était l’occasion pour les spectateurs d’admirer les élégants déguisements des femmes de la haute société qui occupaient les loges, comme cette Vénitienne portraiturée par le peintre rouennais Joseph-Désiré Court (1797-1865). Négligemment appuyée au balcon de sa loge, à côté d’une colonne cannelée à l’antique, un domino à la main, elle arbore une somptueuse toilette vénitienne à laquelle un chapeau à plumes et des rubans rose vif confèrent une touche d’excentricité. Aux tonalités éclatantes de cette composition classique s’oppose l’arrière-plan simplement esquissé en camaïeu de brun, dans lequel on devine la foule des spectateurs.

La vogue des bals masqués qui se tenaient à l’Opéra ou dans d’autres lieux s’est maintenue durant tout le XIXe siècle, comme en témoigne cette autre peinture où Jean-Baptiste Carpeaux a représenté une réception costumée donnée au palais des Tuileries par l’empereur Napoléon III en 1867, au moment de l’Exposition universelle. Grâce à ses étroites relations avec la famille impériale, le peintre assistait souvent à ces fêtes somptueuses. Ici, il a su en rendre l’ambiance féerique et tourbillonnante par un traitement novateur de la scène, esquissée dans une veine pré-impressionniste à grands coups de pinceau-brosse, et par l’emploi de tons mordorés. Au milieu de ces taches de couleur et de lumière, il a cependant veillé à représenter distinctement Napoléon III en habit avec, à son bras, l’impératrice Eugénie.

  Interprétation

Un carnaval mondain

Le grand nombre d’artistes, de compositeurs et d’écrivains qui se sont penchés sur le bal de l’Opéra reflète la popularité de l’événement durant tout le XIXe siècle. Ce clou du carnaval de Paris s’en distingue néanmoins par son caractère nocturne bien plus luxueux et enchanteur et par son élitisme. Tandis que bourgeois et ouvriers se pressaient dans les faubourgs de Belleville, à la Courtille, pour festoyer et danser, l’aristocratie préférait l’atmosphère sophistiquée des bals masqués, où les uns et les autres pouvaient rivaliser d’élégance avec de somptueux déguisements tout en échangeant des mondanités. En cela, le bal de l’Opéra possède de nombreux points communs avec le carnaval vénitien du XVIIIe siècle, réputé pour ses grandes fêtes nocturnes. Ce qui n’a nullement empêché certaines innovations licencieuses, comme le « cancan » introduit vers 1840 par Philippe Musard, le chef d’orchestre des bals de l’Opéra : cet ancêtre du « french cancan », dansé en couple à une époque où les femmes portaient des culottes fendues sous leurs jupons, était considéré comme une danse scandaleusement lascive par les autorités. Son succès montre que, malgré les apparences, le bal de l’Opéra était également perméable au côté frivole et canaille de la société parisienne.

Auteur : Charlotte DENOËL


Bibliographie

  • Les bals de l’Opéra, catalogue de l’exposition de la bibliothèque-musée de l’Opéra, Paris, 13 juin-25 septembre 1994, Paris, B.N.F.-Opéra national-Louis-Vuitton, 1994.
  • Pier Giovanni D’AYALA et Martine BOITEUX (dir.), Carnavals et mascarades, Paris, Bordas, 1988.
  • Julio CARO-BAROJA, Le Carnaval, Paris, Gallimard, 1979.
  • Daniel FABRE, Carnaval ou la Fête à l’envers, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes » 1992.
  • Sylvie JACQ-MIOCHE et Nicole WILD, « Bals de l’Opéra », in Joël-Marie Fauquet (dir.), Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Paris, Fayard, 2003.
  • Richard Templar SEMMENS, The Bals publics at the Paris Opera in the eighteenth century, Hillsdale (NY), Pendragon Press, 2004.

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