© Photo RMN-Grand Palais - Photographe inconnu
Titre : Annexion de la Savoie et du Comté de Nice, 12 juin 1860.
Auteur : Jean LAGRANGE (1831-1908)
Dimensions : Hauteur 7.3 cm - Largeur 7.3 cm
Technique et autres indications : Cliché uniface en bronze.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 90-014133 / MEDOR757
© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot
Titre : Séjour à Chambéry - Défilé des populations devant Leurs Majestés, sur la place du Château.
Date représentée : 17 août 1860
Dimensions : Hauteur 23 cm - Largeur 33.5 cm
Technique et autres indications : Défilé des populations devant Napoléon III et l'impératrice Eugénie sur la place du château de Chambéry. Tiré du "Monde illustré".
Réalisé par Edouard Riou (1833-1900) et Louis Tazzini (1822-1891) d’après un dessin de Louis Moullin (1817-1876).
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 95-009751 / invGravures4888(3epartie)
© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais
Titre : Guiseppe Garibaldi.
Auteur : Auguste ESTIENNE (1807-1882)
Date de création : 1856
Date représentée : 1856
Dimensions : Hauteur 55 cm - Largeur 45 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-527995 / 9504 ; Ea 424
Un royaume en Italie du Nord et centrale contre Nice et la Savoie à la France
Alors que le roi de Sardaigne Victor-Emmanuel II de Savoie (1820-1878) et Camille Bens de Cavour (1810-1861), son Premier ministre depuis 1851, tentent d’unifier l’Italie du Nord (Risorgimento) au profit de la Maison de Savoie, en janvier 1858 l’attentat du révolutionnaire italien Orsini contre Napoléon III décide l’empereur français à se rallier à leur cause. À l’entrevue de Plombières en juillet, Cavour lui promet le comté de Nice et le duché de Savoie contre son aide militaire.
Après les batailles sanglantes de Magenta et de Solferino contre les Autrichiens en juin 1859, Napoléon III signe unilatéralement en juillet un armistice semi victorieux à Villafranca : le royaume de Sardaigne ne s’agrandit que du Milanais, Cavour doit démissionner et la question de Nice et de la Savoie reste en suspens.
Au printemps 1860, suite à leurs soulèvements encouragés par Turin (capitale des états de Sardaigne), les principautés de Modène, Parme et Florence sont à leur tour intégrées au royaume après consultation de leurs populations par referendum. Par le traité de Turin du 24 mars, Paris accepte cette expansion territoriale sarde en échange de Nice et de la Savoie. Consultées elles aussi par plébiscite en avril, les populations votent à une large majorité pour la Réunion.
La dernière grande expansion territoriale française
Dernière grande expansion du territoire français, la Réunion de Nice et de la Savoie est digne pour la Monnaie de Paris de figurer sur une médaille commémorative, la première du Second Empire à être confiée à Jean Lagrange. Sous le titre de l’Annexion de la Savoie et du Comté de Nice à la France, le graveur représente au centre de la composition une allégorie de l’Empire français assise sur son trône. Celle-ci pose ses mains sur les épaules de deux figures féminines debout devant elle : Nice à droite - identifiable à ses attributs maritimes - et la Savoie à gauche, qui tient à ses côtés son blason à la croix de Savoie tandis que des enrochements derrière elle évoquent les Alpes. La Savoie est en train de placer un bulletin de vote dans une urne située au pied du trône, entre les deux allégories des provinces.
Le voyage du couple impérial dans le sud-est de la France durant l’été 1860 (qui se poursuit jusqu’en Algérie), avec étape en Savoie et à Nice en août et septembre, peut être considéré comme la remise allégorique des nouveaux territoires à l’Empereur par leurs populations. Louis Moullin (1817-1876), du Monde Illustré, est du voyage. La politique éditorial de cet hebdomadaire privilégie le texte à l’image et tâche de relater le plus rapidement et le plus fidèlement possible le séjour. La gravure d’après dessin du Défilé des populations devant Leurs Majestés, sur la place du Château à Chambéry le 17 août, est publiée le 8 septembre. Gravée par Edouard Riou et Louis Tazzini, l'image s’étend sur une page. Elle est sommaire, mais traduit toutefois l’enthousiasme du défilé des délégations communales (arborant costumes et drapeaux respectifs) devant le couple impérial, sur la place pavoisée de l’ancien château des ducs de Savoie sommairement représenté, devenu préfecture et palais impérial.
Né à Nice en 1807 (la ville faisait alors partie de l’Empire français), Garibaldi refuse le rattachement et se considère comme « un étranger dans sa propre patrie ». En 1856, quand le peintre Auguste Estienne, élève du baron Gros, réalise son portrait, il vit retiré sur l’île de Caprera. Mais il le représente comme le héros de la cause italienne, le cadrage sur son buste mettant en valeur son désir d’action et soulignant son regard décidé qui cherche à soulever l’adhésion. S’il porte un uniforme galonné de chef militaire, il est coiffé d’un mouchoir blanc comme un homme du peuple. Il tient comme étendard le drapeau tricolore italien vert, blanc et rouge, symbole de ralliement à la cause de l’Unité italienne.
Unités territoriales autour des Alpes
De 1859 à 1860, alors que le sort commun de Nice et de la Savoie n’est pas entièrement décidé, un climat d’instabilité s’installe dans ces provinces car les populations sont partagées.
En mars 1860, Garibaldi est élu représentant niçois au parlement de Turin et s’oppose ouvertement à la réunion, comme la plupart des députés savoyards conservateurs. Mais Victor-Emmanuel II délie alors ses sujets niçois et savoyards de leurs serments et les invite à choisir le rattachement à la France. Cette perspective suscite, surtout en Savoie, résignation ou espoir d’un rapide développement économique et social.
Comme semble le rappeler la médaille, les habitants du comté de Nice votent les premiers, les 15 et 16 avril, et à 83,82 % pour l’adhésion. Ceux du duché de Savoie s’expriment les 21 et 22 avril suivants pour le rattachement de manière tout aussi écrasante : 130 533 oui, 235 non, 34 nul et 5000 abstentions. Le 12 juin, la réunion est approuvée unanimement par le Sénat impérial (date retenue pour la médaille).
Durant l’été, les populations manifestent à nouveau leur enthousiasme lors de la visite du couple impérial dans ces anciennes provinces sardes devenues les départements de Savoie, de Haute-Savoie et des Alpes-Maritimes.
De l’autre côté de la barrière naturelle que constitue la chaîne alpine, dont la ligne de crêtes forme dorénavant la frontière franco-italienne, l’unité de la péninsule se poursuit. Dès avril 1860, Garibaldi se détourne de Nice pour préparer une expédition en Sicile (dite des Mille) qui marquera le début de la réunion du Sud de l’Italie avec le Nord.
Auteur : Guillaume NICOUD