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Jean-François JANINET.
Hôtel de ville de Paris. Hôtel de ville de Paris.
Edouard Denis BALDUS.
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Hôtel de Ville et place de Grève.

© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

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Titre : Hôtel de Ville et place de Grève.

Auteur : Théodore-Joseph-Hubert HOFFBAUER (1839-1922)
Date de création : 1856
Lieu de Conservation : Musée Carnavalet (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-515819

Vue de l'Hôtel de ville de Paris, prise du côté de la place.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Vue de l'Hôtel de ville de Paris, prise du côté de la place.

Auteur : Jean-François JANINET (1752-1814)
Date de création : 1810
Date représentée : 1810
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 95-006134 / recueil:folio20

Hôtel de ville de Paris.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : Hôtel de ville de Paris.

Auteur : Edouard Denis BALDUS (1813-1889)
Date de création : 1856
Date représentée : 1856
Dimensions : Hauteur 34.4 cm - Largeur 44.8 cm
Technique et autres indications : Épreuve sur papier salé. Album de Sèvres : photographies de vues de monuments de France et d'inondations à Lyon et Avignon en 1856.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 02-016074 / DO1983-127

  Contexte historique

Le siège de la municipalité de Paris

La place de Grève, devenue en 1803 place de l’Hôtel de Ville, abrite le siège de la municipalité parisienne depuis 1357, quand Etienne Marcel, prévôt des marchands, acquiert là à tel effet « la maison aux piliers ». À son retour des guerres d’Italie, François Ier décide de lui substituer un nouvel édifice qu’il commande à l’Italien Dominique Boccador. Le nouveau bâtiment, conçu en 1533, n’est achevé qu’en 1628. Dans la première moitié du XIXe siècle, il fait l’objet d’importants remaniements qui altèrent son style initial. Devenu le siège de la préfecture de la Seine à partir de 1849, il accueille à ce titre le préfet Haussmann dès 1853. Ces fonctions nouvelles se conjuguent avec les remodèlements dont Haussmann est maître d’œuvre pour modifier la physionomie de la place.

  Analyse des images

Trois états de l’édifice municipal

Le tableau de Théodore Hoffbauer, peint en 1856, s’inspire de gravures du XVIe siècle pour dépeindre la place, alors de terre battue, descendant en pente douce jusqu’au « port de la grève », sur les bords de Seine, où accostent des bateaux chargés de charbon de bois et de chaux. En son centre se dresse un calvaire. Une multitude de personnages, alentours, donne le sentiment d’une activité importante et multifonctionnelle. Au premier plan, des maisons à colombage, comme Paris en compte alors beaucoup, ici sur pilotis, vraisemblablement détenues par la corporation des marchands d’eau, soulignent l’importance économique de la Seine. Sur la façade Est de la place, dominant sensiblement les autres édifices dont certains lui sont accolés et tranchant tant avec leur style qu’avec leurs matériaux, l’édifice conçu par Boccador dans l’état qu’il se présente vers 1580.

La gravure de Jean François Jeaninet, datée de 1810, donne à voir la physionomie devenue sienne à partir de 1628. Le corps central de l’édifice est surmonté d'une horloge ornée de sculptures représentant la Seine, la Marne, la Force, la Justice et la ville de Paris et d'un campanile à trois niveaux. Il est flanqué de deux bâtiments carrés, percé, pour l’un d’eux, d’une arcade qui permet de gagner la rue du Martroy. L’artiste se focalise sur la façade de l’édifice mais l’anime en figurant un carrosse, propre à signifier la qualité du lieu et la société qu’il draine à lui.

La photographie d’Edouard Baldus, prise aux alentours de 1856, fait apparaître les modifications subies par la place et l’hôtel de ville entre 1830 et le second Empire. Le nécessaire long temps de pose conduit à ne pas laisser
s'imprimer les personnes, parce qu'elles bougent, et donne ainsi l'impression que la place est désertée. Cela permet toutefois de bien distinguer les bateaux amarrés et de privilégier le bâti. Des pavillons latéraux, accolés à l’édifice central pour satisfaire aux besoins des services municipaux, contreviennent au style initial du bâtiment qui s’étend au détriment des îlots d’habitat et occupe désormais toute la façade de la place. Cette dernière doit au percement de la rue de Rivoli d’avoir été élargie et bitumée. L’aménagement d’un quai, la destruction des maisons construites à l’aplomb du fleuve (fin XVIIIe siecle) modifient son inscription dans la ville. Le pont d’Arcole (1830) est aligné sur la façade de Notre Dame et implanté de façon indépendante par rapport à la position de l’Hôtel de ville et à la place. Ce pont relie la place à l’île de la Cité mais contribue à l’autonomiser du fleuve. La présence d’un des bateaux-lavoirs apparus sur la rive droite de la Seine en 1851 souligne le déclin de la fonction portuaire de la place.

  Interprétation

Images et patrimoine

Les deux premiers documents donnent à voir l’irruption d’une architecture inspirée de la Renaissance italienne dans un Paris jusqu’alors marqué par l’architecture médiévale, perceptible dans les maisons reconstituées dans le tableau de Théodore Hoffbauer. Ce tableau et la photographie d’Edouard Baldus, quasiment contemporains, attestent de l’attention patrimoniale qui fut corollaire des travaux d’Haussmann. Les deux artistes ont alors participé aux travaux de la Commission des monuments historiques ou bénéficié de ses commandes. Le premier réalise pour la ville une série de tableaux montrant Paris avant et après les travaux d’Haussmann. Le second, dont la carrière est principalement tournée vers la vue d’architecture, a été sélectionné dans le cadre de plusieurs commandes publiques. Ses prises de vue soulignent la transformation du paysage par l'ingénierie moderne du Second Empire. En adoptant un angle de vue à peu près similaire, ces deux représentations montrent comment la place, longtemps orientée vers la Seine qui, du reste, lui donne son nom primitif va progressivement se tourner vers l’Hôtel de ville dont elle finit par adopter le nom..

Auteur : Danielle TARTAKOWSKY


Bibliographie

  • Michaël DARIN et Beatrice TEXIER-RIDEAU, Places de Paris, XIXe-XXe siècle, AAVP, sans date.
  • Jean DERRENS et Michel Le MOËL, La place de grève, délégation artistique de la ville de Paris, sans date.

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