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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Portrait de Lacenaire.

© MuCEM, Dist RMN-Grand Palais / Christophe Fouin

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Titre : Portrait de Lacenaire.

Date de création : 1835
Date représentée : 1835
Dimensions : Hauteur 21.5 cm - Largeur 11.2 cm
Technique et autres indications : Lithographie. Lithographe : Levilly. Imprimeur : Vilain.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 10-502060 / 1981.32.1

Exécution de Jean-Baptiste Tropmann.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

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Titre : Exécution de Jean-Baptiste Tropmann.

Date de création : 1870
Date représentée : 19 juillet 1870
Technique et autres indications : Exécution de Jean-Baptiste Tropmann [sic].
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 07-517453 / 53.86.4843C

Exécution de Landru.

© Photo RMN-Grand Palais - T. Le Mage

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Titre : Exécution de Landru.

Auteur : ANONYME
Date représentée : 25 février 1922
Dimensions : Hauteur 65 cm - Largeur 81 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-524622 / 983.39.16

  Contexte historique

La peine capitale

Au XVIIIe siècle, à l’époque des Lumières, le bien-fondé de la peine de mort suscite de grands débats : l’idée philosophique selon laquelle l’homme ne dispose pas du droit moral de prononcer la condamnation à mort d’un autre homme fait son chemin, sous l’influence de L’Esprit des lois de Montesquieu et du traité abolitionniste de Cesare Beccaria, Dei delitti e delle pene (1764). Ce sujet devient plus que jamais d’actualité en 1794, avec la multiplication des exécutions ordonnées sous la Terreur. Malgré les voix abolitionnistes qui s’élèvent de toute part, celle de Le Peletier de Saint-Fargeau en tête, les révolutionnaires maintiennent la peine capitale et généralisent pour les civils l’usage de la guillotine, considéré comme l’instrument le plus sûr. Avec une liste de trente-neuf délits passibles de mort et assortis pour certains de supplices corporels, le code pénal napoléonien du 12 février 1810 fait montre d’une sévérité encore plus grande. Malgré l’engagement farouche de Victor Hugo et de nombreuses autres personnalités tout au long des XIXe et XXe siècles contre la peine de mort, celle-ci ne sera abolie qu’en 1981.

  Analyse des images

Assassins célèbres

Selon l’article 3 du code pénal de 1791 repris par l’article 12 du code pénal de 1810 : « Tout condamné à mort aura la tête tranchée. » Les plus grands criminels du XIXe siècle ont été exécutés ainsi, tels Pierre-François Lacenaire (1803-1836) et son complice Avril. Figure légendaire du crime, assassin-poète cynique dont les Mémoires rédigés à la Conciergerie furent publiés, Lacenaire déchaîna les passions au sein de la société française et inspira de nombreux artistes et écrivains, Dostoïevski en particulier. Son procès, qu’il transforma en tribune et que les journaux couvrirent largement, et son attitude sur l’échafaud – il tourna la tête pour voir la lame tomber – lui valurent la gloire à laquelle il aspirait. Destinée à servir de frontispice à l’édition des Mémoires de Lacenaire, cette lithographie de Levilly, accompagnée de vers du poète, immortalise ce dernier sous les traits du dandy romantique.

Avec l’essor de la presse à gros tirage, l’affaire Troppmann eut un retentissement médiatique plus grand encore. En 1869, en quête d’argent pour financer un voyage en Amérique, Jean-BaptisteTroppmann assassina successivement tous les membres de la famille Kinck, les deux parents et leurs six enfants, en Alsace d’abord, à Pantin ensuite. Quand la police l’appréhenda au Havre, il cherchait à embarquer. Très vite, canards et journaux, Le Petit Journal en tête, s’emparèrent de l’affaire, tenant le public en haleine à coups de récits et d’illustrations hautes en couleur. Comme le montre cette gravure produite par l’imagerie d’Épinal, toute une foule se pressa autour de l’échafaud le 18 janvier 1870 pour assister à l’exécution du « monstre de Pantin ». L’image est assortie d’une longue complainte versifiée qui décrit minutieusement chaque assassinat, la capture du meurtrier au Havre et son jugement.

Le procès d’Henri Désiré Landru (1869-1922) passionna lui aussi ses contemporains : ce « Barbe-Bleue de Gambais », ainsi que la légende le surnomme, était entre autres accusé d’avoir tué onze femmes à des fins d’escroquerie. Son procès, qui s’ouvrit le 7 novembre 1921 et auquel assistèrent de nombreuses personnalités comme Colette, fit la une de tous les journaux. Le 30 novembre 1921, la condamnation à mort de Landru est prononcée et celui-ci guillotiné le 22 février de l’année suivante à Versailles. Comme le montre cette toile d’un peintre français anonyme, l’échafaud ayant été supprimé par un décret d’Adolphe Crémieux, l’instrument de supplice est posé à même le sol, afin de gommer le côté spectaculaire de l’exécution.

  Interprétation

Naissance de l’anthropologie criminelle

Ces figures de grands criminels et la fascination qu’ils suscitaient ont conduit les scientifiques à élaborer une science de l’homme et à rechercher les traits saillants du meurtrier type, à une époque où le positivisme et le déterminisme régnaient en maître. De la physiognomonie élaborée par Lavater à la fin du XVIIIe siècle à la psychiatrie criminelle et de la phrénologie de Gall à la criminologie de Cesare Lombroso, tous les courants s’efforcent, chacun à sa manière, d’élaborer des théories, de montrer que l’homme est psychiquement ou physiologiquement prédisposé aux pulsions criminelles, autrement dit qu’il existe des tueurs-nés. Désormais, le crime relève de la biologie et se médicalise, tandis qu’à la préfecture de police de Paris, Alphonse Bertillon pose les bases de l’identité judiciaire : à la fin du XIXe siècle, il entreprend de recueillir le signalement exact des criminels grâce à des photographies de leur visage de face et de profil et à des relevés de leurs caractéristiques physiques propres comme la couleur de l’iris ou les empreintes digitales. Ce fichage des individus, qui va de pair avec la photographie métrique de la scène du crime, en trois dimensions, permet de faciliter les investigations judiciaires, de repérer les récidivistes et, d’une manière générale, de combattre plus efficacement le crime.

Auteur : Charlotte DENOËL


Bibliographie

  • Pierre ALBERT, Histoire de la Presse, Paris, P.U.F., coll. « Que sais-je ? », 2003.
  • Louis CHEVALIER, Classes laborieuses, classes dangereuses à Paris pendant la première moitié du XIXe siècle, Paris, Plon, 1958.
  • Jean CLAIR (dir.), Crime et châtiment, catalogue de l’exposition du musée d’Orsay, Paris, Gallimard, coll. « Livre d’art », 2010.
  • Michel FOUCAULT (présentation), Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère : un cas de parricide au XIXe siècle, Paris, Gallimard, 1973.
  • Dominique KALIFA, L’Encre et le sang. Récits de crimes et société à la Belle Epoque, Paris : Fayard, 1995.
  • Dominique KALIFA, « Crime, fait divers et culture populaire à la fin du XIXe siècle », in Genèse. Sciences sociales et histoire n° 19 (1995).
  • Dominique KALIFA, Les Crimes de Paris. Lieux et non-lieux du crime à Paris au XIXe siècle, Paris, Bilipo, 2000.
  • Dominique KALIFA, Crime et culture au XIXe siècle, Paris, Perrin, 2002.
  • Maurice LEVER, Canards sanglants. Naissance du fait divers, Paris, Fayard, 1993.
  • Jean-Pierre MOGUI, Lacenaire, l’assassin romantique, Paris, la Table ronde, 1980.
  • Michelle PERROT, Les Ombres de l’histoire. Crime et châtiment au XIXe siècle, Paris, Flammarion, 2001.

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