Guinguettes et tourisme (3 oeuvres)
© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot
Titre : Le Syndicat d'initiative de Fontainebleau.
Auteur : ANONYME
Date de création : 1946
Date représentée : 1946
Lieu de Conservation : Collection particulière
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-526114
© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot
Titre : Le Syndicat d'initiative.
Auteur : ANONYME
Date de création : 1946
Date représentée : 1946
Lieu de Conservation : Collection particulière
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-526113
Naissance et développement des syndicats d’initiative sous la Troisième République
Dans la seconde partie du XIXe siècle, de nombreuses localités tentent d’organiser et de développer le tourisme. Le 23 juillet 1875, Gerardmer est la première ville à se doter d’une structure qui y est entièrement dédiée : le comité des promenades de Gerardmer. Le premier syndicat d’initiative est, quant à lui, créé à Grenoble le 2 mai 1889. Il s’agit d’une association initiée par la commune et ayant une mission de service public à but non lucratif, visant à promouvoir le lieu, accueillir, informer, et retenir les visiteurs en leur proposant des activités. Opérant la liaison entre les pouvoirs publics, l’administration, les associations et les professionnels des transports et du tourisme, l’organisme peut, par exemple, obtenir l’arrivée du train, l’ouverture de sentiers, des subventions pour l’entretien du patrimoine, pour des manifestations sportives et culturelles, ou pour des campagnes de publicité. Corollairement, la naissance du Touring club de France en 1890, les premières cartes routières (impliquant la signalisation et la numérotation des routes) réalisées par Michelin qui publie son guide rouge en 1900, contribuent à l’essor et à la structuration de l’activité touristique, dans lesquels les syndicats d’initiative jouent un rôle central. Regroupés dès 1903 en un service central, puis en 1910 par un office national du tourisme, on en compte 230 en 1914 et en 1930 ce sont presque toutes les localités classées sites ou stations touristiques qui en sont dotés.
Le syndicat d’initiative de Fontainebleau
Les deux images, sont des photographies anonymes, prises en 1946, représentant la vitrine et le comptoir intérieur du Syndicat d’initiative de Fontainebleau. Situé 38 rue Grande, il a été créé en janvier 1920, présidé par Emile Sinturel et dirigé par Ballen de Guzman.
Le Syndicat d'initiative de Fontainebleau, présente une vue de l’extérieur de l’édifice, prise de la rue (trottoir au premier plan). Au rez-de-chaussée d’un bâtiment situé au numéro 38 (plaque en haut à gauche prêt des fenêtres du premier étage), une vitrine, surmontée par un grand écriteau qui désigne l’endroit (Syndicat d’initiative), et une porte d’entrée (entrée libre) vitrée à la gauche de laquelle on peut lire l’inscription tourisme peinte à la verticale sur le mur. A l’intérieur de la vitrine, des affiches, des informations et des réclames imprimées (Vente de Chasselas) ou manuscrites (Faîtes une cure de raisin), offertes à la vue du passant.
Le syndicat d’initiative montre l’intérieur de l’office. Un grand comptoir en bois occupant toute la pièce (presque jusqu’à la fenêtre), sur lequel reposent un téléphone, une machine à écrire, des tampons et de nombreux documents bien rangés coupe l’espace en deux, séparant deux hommes. Devant le comptoir, un client en manteau signe un document, sous le regard attentif de l’employé en costume qui se trouve derrière le comptoir. Derrière ce dernier, au mur et de gauche à droite, une affiche publicitaire représentant le château de Fontainebleau et ses jardin, un calendrier illustré et un présentoir en bois avec des prospectus.
Les fonctions du syndicat d’initiative
Le syndicat d’initiative joue un rôle considérable dans le développement du tourisme : il organise des événements sportifs, culturels (concerts, fête de la Saint-Louis dédiée à l’histoire illustre du château), obtient des subventions pour entretenir le patrimoine et lancer des campagnes publicitaires, passe des accords avec des sociétés de transport (avec la compagnie Paris-Lyon-Marseille pour Fontainebleau par exemple permettant une desserte plus rapide et des tarifs préférentiels ou encore des formules « tout compris »). C’est grâce à son activité que Fontainebleau, désormais « à une heure de Paris » va progressivement devenir une destination du tourisme de masse des Parisiens, qui y passent les week-end, entre pique-niques, baignades, escalades et visites. Mais les deux photographies illustrent surtout le rôle du syndicat vis-à-vis du visiteur : informer, promouvoir et proposer des services touristiques. L’image de l’intérieur suggère ainsi l’ordre et la modernité attachés à cette activité de service, qui est aussi commerciale. En effet, même si le syndicat, association à but non lucratif mais « patriotique et désintéressé » selon sa charte, ne vend pas lui même des prestations, il est un vecteur et un relais efficace pour les commerces ou les activités de la ville liés au tourisme.
Ainsi, alors que l’enseigne et l’inscription, visibles de loin, permettent aux passants et aux arrivants cherchant des informations ou des suggestions de savoir à qui s’adresser, la vitrine laisse voir des publicités et des « marchandises » censées attirer le client. Entre autres, on promeut la vente du célèbre chasselas de la treille du roi ainsi que la cure uvale (cure de raisin dit l’affiche). Très réputée à l’époque, elle était recommandée par certains médecins (comme le docteur Marty, maire de Fontainebleau de 1925 à 1935). L’affiche France USA rappelle la présence, depuis 1921, du conservatoire américain de musique, qui accueille des étudiants venus des Etats-Unis et organise des concerts que le syndicat invite à aller écouter. Elle rappelle aussi, à travers une image positive et donc attirante, l’alliance et l’amitié entre les deux nations.
Le syndicat d'initiative est aussi l'endroit d’une célébration « patriotique et locale » qui promeut avec fierté les joyaux du lieu (d’ailleurs entretenus en partie grâce au syndicat). Ainsi, par exemple, l’affiche à l’intérieur a une vertu à la fois publicitaire et identitaire : l’image que l’on retrouve ici symbolise et glorifie la ville.
Auteur : Alban SUMPF