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La Brise de mer. Guinguette à Port-Méjean. La Brise de mer. Guinguette à Port-Méjean.
Eugène-Baptiste-Emile DAUPHIN.
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Une guinguette.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski / Droits réservés

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Titre : Une guinguette.

Auteur : Léon-Augustin LHERMITTE (1844-1925)
Date de création : 1913
Date représentée : 1913
Dimensions : Hauteur 6.4 cm - Largeur 8.9 cm
Technique et autres indications : Aristotype.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-520483 / PHO1988-20-744

Guinguette à Poissy.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : Guinguette à Poissy.

Auteur : Henri LEMOINE (1848-1924)
Technique et autres indications : Aristotype.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 00-009614 / Pho1987-20-11

La Brise de mer. Guinguette à Port-Méjean.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Vizzavona

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Titre : La Brise de mer. Guinguette à Port-Méjean.

Auteur : Eugène-Baptiste-Emile DAUPHIN (1857-1930)
Date de création : 1912
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Exposé au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1912.
Photographie de François Antoine Vizzavona (1876-1961).
Lieu de Conservation : Agence photographique Rmn, fonds Druet-Vizzavona (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97-025048 / VZC7909

  Contexte historique

Représenter la guinguette après l’impressionnisme

À partir de la fin du second Empire, la fréquentation des guinguettes relève d’un véritable art de vivre. Très ancré dans les pratiques et dans l’imaginaire, ce genre de lieu devient un symbole culturel tel qu’il s’impose comme un motif artistique à part entière en littérature (Maupassant avec Une partie de campagne en 1881) et en peinture, notamment pour l’école impressionniste qui en fait l’un de ses thèmes caractéristiques et privilégiés (Le Bal du Moulin de la Galette de Renoir en 1876 par exemple). La représentation de ces établissements et de ceux qui s’y détendent offre alors un choix assez nouveau de sujets « quotidiens » et « populaires », loin de tout académisme.

S’ils sont les héritiers conscients ou inconscients de cette approche impressionniste, Charles Augustin Lhermitte, Eugène Baptiste Émile Dauphin et Henri Lemoine proposent un autre traitement de ce thème devenu alors « pittoresque ». Les deux photographes (Lemoine et Lhermitte) choisissent une voie presque documentaire, quand Dauphin privilégie une approche plus naturaliste et plus classique, qui relève du « paysage ». Les présents documents apportent par ailleurs divers renseignements tant sur la guinguette, alors véritable phénomène social et culturel, que sur l’évolution et la perception de ce genre d’établissement dans les premières années du XXe siècle.

  Analyse des images

La guinguette, entre scène de vie et paysage

Datant de 1913, la photographie Une guinguette est l’œuvre de Charles Augustin Lhermitte (1881-1945). Si ce photographe amateur manifeste un certain intérêt pour les expérimentations formelles et esthétiques du pictorialisme dont il adopte parfois certains procédés, il privilégie généralement une approche descriptive de son sujet. Ses représentations de la vie et des paysages ruraux s’inscrivent ainsi dans le courant de la photographie documentaire de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Assez loin de l’image fine et nette qui caractérise ses clichés les plus célèbres, Une guinguette semble assez peu retravaillée, exprimant une certaine spontanéité de la part de son auteur. Elle montre au premier plan des clients endimanchés, costume et canotier pour les hommes, élégants corsages et chapeaux pour les femmes, attablés devant leurs consommations. Assis dans l’ombre des arbres, ils attendent que le spectacle commence sur la petite scène couverte. Une haie fleurie sépare l’établissement d’une voie où les promeneurs (dont on aperçoit les têtes) sont nombreux. Au second plan, la vive lumière du soleil inonde un édifice en bois qui comporte deux balcons surélevés, dont profitent ici trois femmes.

Privilégiant des sujets comme les halles de Paris ou encore les champs de courses, Henri Lemoine cherche simplement à capter certains traits de son époque et s’inscrit lui aussi dans une perspective documentaire. Le cliché Guinguette à Poissy, probablement réalisé dans les années 1910, montre des clients, hommes, femmes et enfants tous bien vêtus, venus assister à un spectacle. Assis à l’abri de grandes ombrelles peintes, ils ont pris place sur des chaises de métal face à une scène située hors champ. Les peupliers et les saules du second plan impriment une ambiance très champêtre à l’ensemble.

Toile exposée au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1912, La Brise de mer. Guinguette à Port-Méjean est une œuvre d’Eugène Baptiste Émile Dauphin (1857-1930). Membre de l’Académie des peintres de la marine, l’artiste toulonnais a très souvent peint les sites marins de sa région et a notamment consacré plusieurs tableaux à Port-Méjean. La mer, les barques et les côtes rocheuses du cap Brun jouent ici le rôle principal, la guinguette et ses minuscules clients n’étant qu’un élément serti dans le vaste panorama qui les entoure.

  Interprétation

L’évidence de la guinguette

Très fréquentées depuis les années 1880, les guinguettes connaissent un nouvel essor à l’aube du XXe siècle et vivent alors le début de leur « âge d’or ». L’amélioration des transports, le développement de la publicité, l’urbanisation croissante, mais aussi la loi du 13 juillet 1906 qui instaure le repos dominical expliquent, entre autres, que les guinguettes deviennent de véritables institutions. S’ils ont d’abord plutôt attiré les classes populaires, ces lieux de loisir et de sociabilité ont vite touché les classes moyennes voire relativement aisées.

Si ces établissements sont spontanément associés aux environs de Paris (Montmartre au XIXe siècle, puis les bords de Seine et de Marne), il en existe en fait sur tout le territoire français, près des agglomérations. La Brise de mer. Guinguette à Port-Méjean montre aussi le fort attrait qu’exerce l’eau, qu’elle soit mer, fleuve ou rivière.

Enfin, les deux photographies suggèrent presque une essence de la guinguette, élément si profondément ancré dans les modes de vie et les esprits qu’il acquiert une sorte d’évidence générique et reconnaissable. Comme les titres des clichés en témoignent, il ne s’agit pas de singulariser un lieu et un type de clientèle, mais de capter une pratique culturelle invariable selon l’établissement. On comprend alors que la guinguette soit aussi perçue et vécue comme un lieu de sociabilité démocratique et assez égalitaire, à la différence des stations balnéaires par exemple, un lieu où, si les tarifs les trient, les clients s’adonnent aux mêmes loisirs.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Kali ARGYRIADIS et Sara LE MENESTREL, Vivre la guinguette, Paris, P.U.F., 2003.
  • Francis BAUBY, Sophie ORIVEL et Martin PENET, Mémoire de guinguettes, Paris, Omnibus, 2003.
  • Marc BOYER, Histoire du tourisme de masse, Paris, P.U.F., 1999.
  • Alain CORBIN (dir.), L’Avènement des loisirs (1850-1960), Paris, Aubier, 1995.

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