© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot
Titre : Hippodrome.
Auteur : Charles LEVY
Dimensions : Hauteur 125.6 cm - Largeur 99.8 cm
Technique et autres indications : Lithographie
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-509312 / 61.18.7F
© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz
Titre : Folies Bergères - L'homme obus.
Auteur : ANONYME
Technique et autres indications : Frères Mayol Paris : Imprimerie Emile Levy
Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-024303
© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi
Titre : Folies-Bergères - Huline brother's.
Auteur : ANONYME
Dimensions : Hauteur 125 cm - Largeur 90 cm
Technique et autres indications : Lithographie.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-513770 / 61.18.15F
L’âge d’or du cirque à Paris
La seconde partie du XIXe siècle voit le développement significatif d’une économie de loisirs, liée en partie à l’industrialisation de la culture. L’augmentation du nombre d’habitants vivant dans de grands centres urbains tels que Paris accroît le nombre de clients et favorise, entre autres, la fréquentation des cafés, des cabarets et lieux de spectacles relativement abordables financièrement et culturellement. C’est ainsi toute une culture « populaire » du divertissement qui connaît son âge d’or à la fin du siècle.
L’essor, l’ancrage et l’affirmation de cette nouvelle culture urbaine trouvent leur corrélat dans le développement d’une imagerie populaire caractéristique. L’amélioration des techniques de l’estampe (lithographie en couleur) et le contexte économique entraînent notamment la diffusion toujours croissante de différents supports publicitaires. L’affiche « de réclame » en couleurs se généralise et recouvre les murs de la ville, vantant les produits de consommation comme les lieux de divertissement et les spectacles, contribuant à forger l’image d’un Paris dédié aux plaisirs, aux loisirs et à la fête.
Parmi les distractions ainsi proposées, le cirque, apparu en Angleterre à la fin du XVIIe siècle, connaît dans les années 1890 un grand succès dans la capitale. Les spectacles et numéros attirent un public de plus en plus nombreux dans différents endroits comme l’Hippodrome (ouvert en 1877 et situé près de la place Clichy) ou encore les Folies Bergère, tous deux mentionnés sur les images analysées.
Des publicités au style direct
Réalisée dans les ateliers de chromolithographie dirigés par l’imprimeur Charles Levy, Hippodrome est une affiche publicitaire de l’Hippodrome (vraisemblablement l’Hippodrome Montmartre de la Place Clichy) pour un spectacle de dressage. Seules mentions écrites, le lieu qui accueille le numéro, inscrit en gros et en relief en haut de l’affiche et la maison qui l’imprime. L’image représente le dresseur réalisant un numéro avec un cheval et un lion, suggérant le caractère exceptionnel et dangereux de la performance. L’espace clos de l’arène et de la cage renforce l’intensité et le dynamisme de la scène qui voit un homme aux prises avec les deux bêtes.
Réalisée par le même atelier, Folies-Bergères - Huline brother’s, en français Les frères Huline, propose un spectacle tous les soirs aux Folies Bergère, et promet que ce seront bien (original’s) les deux clowns (dont le nom apparaît en évidence en bas) assez célèbres à l’époque, qui se produiront. Au centre, l’affiche représente les deux « frères », en train d’exécuter l’un de leurs numéros avec des guitares. Conformément à la tradition, l’un des clowns est triste et l’autre gai. De petits médaillons, dont les formes différentes doivent attirer l’attention du spectateur et suggérer que le spectacle est rempli de surprises et de rebondissements, sont répartis sur les deux côtés évoquent d’autres passages du spectacle, donnant l’impression d’une succession infinie de péripéties et autres situations comiques où les deux frères échangent souvent de position.
Moins chargée, Affiche : Folies Bergères - L’homme obus provient de l’imprimerie Emile Levy. Ici aussi, il s’agit de promouvoir un numéro aux Folies Bergère. Exécuté par les Frères Mayol, « L'homme obus » voit apparemment l’un des artistes éjecté d’un canon et rattrapé par son frère, qui, petite fantaisie iconographique, l’attend sur une sorte de trapèze figuré par le F des Folies au second plan. L’image dispose un espace ouvert et presque infini pour suggérer une performance hors du commun. Ainsi, le frère qui s’apprête à recevoir est perché loin dans le ciel, et l’on imagine ainsi une grande distance avec le canon, qui suppose que la détonation est assez forte (et donc le coup de canon bien réel) pour envoyer l’homme obus si loin. De même l’impression de grande hauteur (renforcée par la tête renversée de l’homme sur le trapèze) fait prendre conscience du risque redoublé (le contact avec la puissance du feu, et la performance en altitude). La fumée produite par le coup de feu évoque aussi une atmosphère magique, animée et spectaculaire.
Les métiers du cirque
Les trois affiches ont la même fonction commerciale et utilisent les mêmes codes de couleurs vives, de traits directs et efficaces, et de typographie stylisée. Si le cirque, en vogue à l’époque à inspiré certains grands artistes comme Seurat, Picasso, Chagall, Léger, Matisse Toulouse-Lautrec Degas ou encore Renoir, qui ont su, avec une certaine modernité exploiter et explorer son univers « fantastique » ou mettre en valeur le travail des corps qu’il implique, les représentations sont ici moins ambitieuses. Elles se contentent en effet d’illustrer simplement différents numéros devenus traditionnels, en insistant sur leur aspect comique et burlesque (Folies-Bergères - Huline brother’s), sur leur côté dynamique et spectaculaire (Folies Bergères - L’homme obus) ou encore sur la performance et le danger qu’ils impliquent (Folies Bergères - L’homme obus et Hippodrome).
Concernant l’origine et la diversification du cirque, Hippodrome est très instructif. Né en Angleterre à la fin du XVIIe siècle, il consiste d’abord exclusivement en des spectacles équestres qui se déroulent dans des hippodromes. Peu à peu, il propose aussi une ménagerie (les animaux « exotiques » arrivent des colonies à la fin du XIXe siècle) et de nouveaux numéros de dressage.
A part le spectacle équestre qui s’accompagne donc progressivement du dressage d’autres animaux (Hippodrome), les attractions proposées viennent souvent des spectacles de foire des siècles précédents, que le cirque intègre peu à peu, même s’il s’agit au départ d’un autre horizon et d’une autre tradition. Les acrobaties, le jonglage, les mimes et les clowns (Folies-Bergères - Huline brother’s), les numéros de force, le trapèze, l’équilibre sont ainsi modernisés et adaptés au public. Ils se succèdent, le plus souvent dans une seule représentation, même si les affiches semblent suggérer ici une spécialisation. Notons que le numéro de « L’homme obus » est assez nouveau à l’époque, signe que le cirque sait utiliser de nouveaux éléments pour se diversifier.
Auteur : Alexandre SUMPF
Avec mes remerciements .
V.ESSELIN
Cinq hippodromes se sont succédé à Paris de 1845 à 1907, tous dans des lieux différents. On y présentait des spectacles hippiques, de cirque ou de spectacles. (FIERRO Alfred, Histoire et dictionnaire de Paris, collection bouquins, édition Robert Laffont, Paris 1996)
Le théâtre que vous cherchez se trouvait probablement à côté d'un de ces hippodrome mais il faudrait savoir à quel moment le théâtre a pris ce nom.
J'espère que ces informations vous aiderons un peu.
Bon courage pour vos recherches,
Anne-Lise