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Meurtre du duc d'Enghien.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais - Photo musée de l'Armée

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Titre : Meurtre du duc d'Enghien.

Auteur : ANONYME
Date représentée : 21 mars 1804
Dimensions : Hauteur 11 cm - Largeur 19.1 cm
Technique et autres indications : Eau-forte en couleur.
Titre original en anglais : Murder of the Duke D'Enghien.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-509585 / 04494.15

L'exécution du duc d'Enghien dans les fossés de Vincennes.

© Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojeda

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Titre : L'exécution du duc d'Enghien dans les fossés de Vincennes.

Auteur : Jean-Paul LAURENS (1838-1921)
Date représentée : 21 mars 1804
Dimensions : Hauteur 38 cm - Largeur 30 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée Condé (Chantilly) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-018685 / PE546

Bonaparte le Corse.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Bonaparte le Corse.

Auteur : A. BELLOGUET
Technique et autres indications : in Pilori-phrénologie
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Malmaison (Rueil-Malmaison) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 03-011238 / MNMB.2003.8.1

  Contexte historique

La légende « noire » napoléonienne

De son vivant déjà, Napoléon Ier faisait l’objet d’un mythe que sa chute en 1814 puis sa mort sept ans plus tard ne feront qu’amplifier. Depuis lors, le personnage nourrit une véritable légende et cristallise les passions les plus contradictoires, suscitant aussi bien l’admiration que la haine. L’exécution du duc d’Enghien appartient aux épisodes de la face « noire » du futur empereur. Unanimement condamné par des personnalités de bords politiques très divers, ce meurtre s’inscrit dans le contexte bien particulier de l’ascension de Bonaparte vers un pouvoir souverain absolu.

En 1803, la double opposition des Anglais qui déclarent la guerre à la France et des royalistes émigrés déclenche une série de conspirations à travers l’Europe entière, dont la plus célèbre est celle de Georges Cadoudal. Ce chef chouan réfugié à Londres, fervent monarchiste, débarque le 23 août 1803 sur les côtes françaises, dans l’intention d’enlever le Premier consul et de le conduire en Angleterre. Malgré l’arrestation de la plupart des conspirateurs, Bonaparte souhaite frapper plus fort, au cœur de l’insurrection royaliste : ayant appris la présence d’un prince du sang, le duc d’Enghien, en pays de Bade, non loin de la frontière du Rhin, il ordonne son arrestation dans la nuit du 14 au 15 mars 1804.

  Analyse des images

L’exécution du duc d’Enghien

Arrêté en territoire étranger, en violation du droit international, Louis Antoine Henri de Bourbon, duc d’Enghien et dernier descendant de la lignée des Condé, est transféré en France et incarcéré à Vincennes le 20 mars. Bien que totalement étranger à la conspiration de Cadoudal, il est jugé le soir même par une commission qui l’accuse d’atteinte à la sûreté de l’État et aussitôt fusillé dans les fossés du château.

Aussi sommaire qu’arbitraire, cette exécution souleva une vague d’indignation en Europe. Par la suite, elle inspira nombre d’écrivains et de peintres, comme l’artiste britannique napoléonophobe à qui l’on doit cette eau-forte datée de 1814, au moment de la chute de Napoléon Ier. La scène se passe dans une grotte qu’éclaire faiblement la lanterne accrochée au cou du jeune duc aux yeux bandés. En face de lui, les soldats attendent l’ordre de tirer. Dominant la scène, Bonaparte gesticule et vocifère. Le contraste entre ce pantin au visage déformé et la dignité du frêle condamné, le cadre de l’exécution, la pelle et la pioche qui serviront à ensevelir le corps, le choix du mot « murder », en français « meurtre » : tous ces éléments disent l’horreur et le caractère odieux du crime perpétré par le Premier consul.

Jean-Paul Laurens (1838-1921), peintre français de convictions républicaines, a également immortalisé ce sujet hautement politique dans une série de toiles célèbres. Celle intitulée L’Exécution du duc d’Enghien dans les fossés de Vincennes représente le moment où trois soldats viennent chercher le duc pour le fusiller. Son chien à ses pieds, le duc d’Enghien se tient droit, comme déjà rigidifié par la mort. La lanterne que tient le soldat vu de dos l’inonde de lumière et relègue ses bourreaux dans l’ombre. De même que l’éclairage focalisé sur le condamné, ses vêtements éclatants contribuent à accroître l’intensité tragique de la scène.

Dans une tout autre veine, mais dans le même esprit anti-impérial, cette lithographie est signée d’André Belloguet, qui l’a fait paraître dans la revue Pilori-phrénologie, publiée par ses soins. Apparu dans les années 1790 suite aux travaux du neurologue Franz-Joseph Gall, le mouvement de phrénologie soutenait l’idée selon laquelle la forme et les bosses du crâne d’un individu refléteraient son caractère. L’inscription que porte le front de « Bonaparte le Corse » rappelle qu’il est responsable de la mort du duc d’Enghien. Légendée de quelques vers dirigés contre le tyran, cette caricature exploite aussi le nez, les joues et le menton de Bonaparte pour stigmatiser ses crimes et actes politiques.

  Interprétation

Un martyr de la cause antinapoléonienne

Par cet acte hautement symbolique dicté par la raison d’État, Bonaparte réalise ses plus chers desseins politiques : en éliminant les ennemis les plus farouches du régime, les royalistes, il consolide son pouvoir personnel et précipite sa marche vers l’Empire, qui fut proclamé le 18 mai 1804. Après ce régicide perpétré contre un prince de sang, cette proclamation lui permet en outre de rétablir en sa faveur la monarchie, en instaurant à nouveau l’hérédité de la dignité impériale, comme sous l’Ancien Régime. S’il ne rencontre pas d’opposition véritable dans l’immédiat, son acte lui vaudra plus tard une réputation d’usurpateur et de tyran.

Sous la Restauration, le duc d’Enghien devient un martyr de la cause monarchique, et Louis XVIII fait procéder au transfert de ses cendres dans la Sainte-Chapelle de Vincennes en 1816. De son côté, Chateaubriand, fervent opposant au despotisme, qui avait démissionné de son poste d’ambassadeur du Valais pour protester contre l’exécution, consacre au duc de longues pages dans ses Mémoires. Ce sentiment antinapoléonien resurgit à l’issue de la guerre de 1870 et de la Commune de Paris, époque où sont réalisées la toile de Laurens et la caricature de Belloguet. Ces œuvres montrent que, pour la majorité des esprits, l’exécution du duc d’Enghien fut « plus qu’un crime, […] une faute », selon la célèbre phrase prononcée suite à l’événement par le bonapartiste Antoine Boulay, ancien député de la Meurthe.

Auteur : Charlotte DENOËL


Bibliographie

  • Jean-Paul BERTAUD, Bonaparte et le duc d’Enghien, le duel des deux France, Paris, Laffont, 1972.
  • Alfred FIERRO, Histoire et dictionnaire du Consulat et de l’Empire, Paris, Laffont, coll. « Bouquins », 1995.
  • Georges LANTERI-LAURA, Histoire de la phrénologie. L’homme et son cerveau selon F. J. Gall, Paris, P.U.F., 1993.
  • Marc RENNEVILLE, Le Langage des crânes. Une histoire de la phrénologie, Paris, Les empêcheurs de penser en rond, 2000.
  • Maurice SCHUMANN, Qui a tué le duc d’Enghien ?, Paris, Perrin, 1984.
  • Jean TULARD, Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1987.

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