© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot / J. Schormans
Titre : Projet d'aménagement de la Grande Galerie du Louvre, vers 1789.
Auteur : Hubert ROBERT (1733-1808)
Date de création : 1796
Dimensions : Hauteur 120 cm - Largeur 143 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 88EE1598/RF 1975-10
© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot / J. Schormans
Titre : Vue de la Grande Galerie du Louvre en ruines.
Auteur : Hubert ROBERT (1733-1808)
Date de création : 1796
Dimensions : Hauteur 115 cm - Largeur 145 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 88EE1599/RF 1975-11
© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski
Titre : Une galerie du Musée
Auteur : Hubert ROBERT (1733-1808)
Dimensions : Hauteur 65 cm - Largeur 81 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 88EE2085/RF 1938-69
© Photo RMN-Grand Palais - J. Schormans
Titre : La Grande Galerie du Louvre en cours de restauration, vers 1798-1799.
Auteur : Hubert ROBERT (1733-1808)
Dimensions : Hauteur 42 cm - Largeur 55 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 88EE1868/RF 1946-29
Le musée du Louvre, une création révolutionnaire
L'idée d'installer les collections royales dans la Grande Galerie du Louvre, siège de l'Académie de peinture et de sculpture, prit corps dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. L'action du directeur général des Bâtiments du roi, le comte d'Angiviller, et la création en 1784 d'un comité chargé d'organiser les collections permirent de faire avancer le projet. Mis en sommeil pendant la tourmente révolutionnaire, la confusion des biens de la Couronne avec ceux de la nation et la nécessité d'instruire le peuple rendirent cependant urgente sa création. Décrété officiellement le 19 septembre 1792, le Muséum central des arts ouvrit ses portes le 10 août 1793, jour anniversaire de la chute de la monarchie. Le peintre Hubert Robert participa activement à la réalisation du projet : de 1784 à 1792 puis de 1795 à 1802, il s'occupa des acquisitions et de l'agencement des collections.
Les projets muséographiques d'Hubert Robert
Des travaux de restauration étaient nécessaires pour remettre en état la Grande Galerie, bâtie à partir de la fin du XVIe siècle pour relier le palais royal du Louvre à celui des Tuileries et endommagée en 1776. Les nombreuses vues qu'a réalisées Hubert Robert de cette galerie, situées à mi-chemin entre la réalité et l'imaginaire, reflètent non seulement ses conceptions esthétiques, mais aussi ses ambitions d'architecte-décorateur.
Un premier tableau, probablement daté de 1789, figure la Grande Galerie telle que le peintre la conçoit : éclairée d'en haut par une succession de dômes vitrés, elle se subdivise en plusieurs espaces délimités par des niches contenant des statues. A l'intérieur de ces espaces se superposent des œuvres peintes qu'admirent de petits groupes de visiteurs.
Une seconde toile, exposée au Salon de 1796, représente la Grande Galerie en ruines. Sa voûte éventrée laisse voir une trouée de ciel, ses tableaux ont disparu, seules subsistent des colonnes et des statues, dont le célèbre Apollon du Belvédère. Cette vue étonnante, qui dénote le goût du peintre pour les ruines, fait en quelque sorte pendant au projet d'aménagement précédent : annonciatrice d'un futur lointain, elle symbolise les ravages du temps et l'effondrement des civilisations, tout en célébrant l'éternité de l'Art.
Toujours dans le registre imaginaire, le peintre a mis en scène la salle d'exposition idéale : dans une galerie inspirée de celle du Louvre, la Rome antique est célébrée à travers un choix des plus beaux monuments de sculpture et d'architecture, ces derniers étant figurés par des tableaux fictifs. Hubert Robert rappelle ainsi le goût prononcé de l'époque pour l'Antiquité et suggère que la Grande Galerie constitue le lieu par excellence pour exposer tous ces chefs d'œuvre.
Hubert Robert a également peint cette dernière en cours de restauration : fermée entre 1796 et 1799, elle subit des modifications importantes, parmi lesquelles la peinture des parois et l'installation de colonnes contre les murs. Une fois réparée, elle accueillit les tableaux des écoles françaises et flamandes, puis italiennes. L'intérêt majeur de ces vues réside dans le fait que l'aménagement proposé par Robert pour la Grande Galerie sera adopté par les architectes aux XIXe et XXe siècles.
Le Louvre, un musée à vocation universelle
La création du Muséum central des arts, qui figure au nombre des héritages les plus durables de la Révolution, répondait principalement à des objectifs pédagogiques : garantir le progrès des arts et assurer l'instruction des citoyens comme des artistes, qui devaient pouvoir étudier librement les chefs-d'œuvre. La présence d'un copiste dans certaines toiles d'Hubert Robert illustre bien cette dernière fonction du musée.
Mais le Louvre était aussi appelé à refléter la grandeur de la France, pays de la Liberté. C'est pourquoi les gouvernements révolutionnaires se sont efforcés d'enrichir constamment les collections du musée, en confisquant les biens des émigrés et des établissements religieux, et en procédant au pillage des pays conquis. Ainsi, les chefs-d'œuvre du Vatican, arrivés en grande pompe à Paris le 27 juillet 1798, furent attribués au Louvre.
Cette vocation du musée à devenir la vitrine de la culture universelle fut accentuée avec l'arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte, qui donna son nom dès 1803 au Muséum. Cet établissement a connu un succès incontestable : non seulement il a permis de créer un espace public pour les œuvres et d'affirmer le caractère utile de la culture, mais encore il a servi de modèle aux musées des départements, qui reçurent une partie des trésors nouvellement acquis.
Auteur : Charlotte DENOËL