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Exposition russe hippique et ethnographique. Exposition russe hippique et ethnographique.
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Exposition russe hippique et ethnographique.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC

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Titre : Exposition russe hippique et ethnographique.

Auteur : Alfred CHOUBRAC (1853-1902)
Date de création : 1895
Date représentée : 1895
Lieu de Conservation : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine ./MHC. 6, allée de l'Université. 92001 Nanterre Cedex. Tél. ,: 01 40 97 79 00 / Fax : 01 40 97 79 40. ; site web
Référence de l'image : AFF 14960 8f

Exposition russe.

© Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC

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Titre : Exposition russe.

Auteur : CARAN D'ACHE (1858-1909)
Date de création : 1895
Date représentée : 1895
Lieu de Conservation : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine / MHC (Paris) ; site web
Contact copyright : Bibliothèque de documentation internationale contemporaine ./MHC. 6, allée de l'Université. 92001 Nanterre Cedex. Tél. ,: 01 40 97 79 00 / Fax : 01 40 97 79 40. ; site web
Référence de l'image : AFF 14960 9f

  Contexte historique

L’alliance franco-russe et ses festivités

Après sa victoire sur la France à Sedan en 1870, l’Allemagne se rapproche sur le plan diplomatique et militaire de l’Autriche-Hongrie d’abord, puis de l’Italie : la Triple-Alliance est scellée en 1882. Ces accords inquiètent les autres puissances européennes, consternées de voir l’Allemagne dépasser la France et menacer la position dominante de la Grande-Bretagne, dans le domaine industriel et commercial. À l’extrémité orientale de l’Europe, la Russie des Romanov, empire autocratique, est plutôt tournée vers la Prusse, son modèle économique : le négoce allemand sert notamment d’interface avec le reste du monde. Cependant, les empires russe et prussien se disputent une vaste zone d’influence entre Pologne et Ukraine, où peuples slaves et germaniques se mêlent sans se mélanger. Dans les années 1880, la crise économique contraint la Russie d’Alexandre III à chercher des soutiens financiers extérieurs. Au grand dépit de ses conseillers, le tsar fait le choix de la République française : les considérations diplomatiques l’ont emporté sur la logique économique. En 1892 les gouvernants signent une convention militaire, ratifiée en 1894 avant le décès du tsar, auquel son fils Nicolas II succède en 1896. Chaque visite russe en France (1893, 1896, 1901) est l’occasion de festivités et manifestations destinées à populariser l’alliance, comme l’exposition hippique et ethnographique de 1895, organisée à Paris sur le Champ-de-Mars.

  Analyse des images

Le cavalier russe, adroit et preux cosaque

Cette lithographie de l’illustrateur Alfred Choubrac (1853-1902) exploite les trois couleurs primaires et recourt à une typographie typique de l’époque, avec des lettres cernées de noir pour leur donner du relief. Elle doit sa composition vive et dynamique à l’agencement des dessins et des textes en plusieurs plans, du plus lointain au plus proche. De leur imbrication naît une spirale qui, partie des bondissantes danseuses de ballet, s’élargit jusqu’à occuper tout l’espace en bas. Vêtus d’un costume traditionnel – papakha, coiffe des Cosaques du Don, et tchertcheska, longue tunique de parade à parements –, les acrobates brandissent leur lance caractéristique. Ils montent avec aisance des chevaux aux naseaux dilatés qu’ils excitent de la voix. Cavaliers et montures donnent ainsi l’impression d’une horde tumultueuse qui déferle à bride abattue sur l’esplanade du Champ-de-Mars.

Emmanuel Poiré, dit Caran d’Ache (1859-1909), est un illustrateur français né en Russie et revenu dans la patrie de ses ancêtres ; son célèbre pseudonyme, qui veut dire « crayon » en russe, signe de façon inimitable nombre d’affiches de l’époque. La lithographie qu’il a réalisée pour l’Exposition russe se caractérise par une grande sobriété, tant dans sa composition que dans la palette de couleurs : construite sur un découpage de l’espace en trois bandes obliques, elle exploite essentiellement le jaune et le noir du drapeau impérial russe. Sous la bande noire réservée à l’annonce de l’événement, un cosaque occupe tout le premier plan, barrant l’image d’une autre oblique avec la lance qu’une sangle retient à son bras. Derrière lui s’étire une colonne de cavaliers aussi infinie que les troupes russes. Monté sur un cheval dont le regard sauvage dit la fougue contenue, il sourit et salue les badauds de sa coiffe typique.

  Interprétation

L’exposition comme mode de communication

Les expositions se multiplient à Paris depuis la seconde moitié du XIXe siècle et la volonté des nations de démontrer leur supériorité industrielle et culturelle. Ces événements temporaires permettent d’accueillir, souvent aux marges de l’espace urbain, des exposants venus de tous les pays présenter les « progrès des arts et sciences industriels ». La Russie participe bien entendu à toutes ces manifestations et organise elle-même la grande foire de Nijni- Novgorod. Cette exposition ethnographique – qui pourrait se rattacher aux premières expositions coloniales – occupe l’emplacement habituel des expositions universelles : sur le Champ-de-Mars, devant l’École militaire. Caran d’Ache met en valeur la nature d’allié – bienveillant et puissant – des Russes. Choubrac, lui, s’adresse plutôt aux futurs visiteurs de l’exposition. Il joue à la fois sur le tableau de l’élite – celle qui goûte l’hippisme ou sert dans l’arme noble par excellence qu’est la cavalerie – venue apprécier une performance, et sur celui du peuple habitué aux numéros acrobatiques du cirque, qui vient au spectacle bien décidé à en avoir pour son argent. De même, les danseuses à l’arrière-plan font référence au ballet classique, autre image d’Épinal du « génie » russe, mais pourraient aussi évoquer d’autres spectacles tant par la légèreté de leur tenue que par la générosité de leurs formes. Autant de raisons pour les masses de se rendre à l’exposition et de faire connaissance avec le nouveau peuple ami.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Philippe BOUIN, Histoire française des foires et des expositions universelles, Paris, Marabout, 1980.
  • Brigitte DE MONTCLOS, Les Russes à Paris au XIXe siècle, Paris, Musée Carnavalet, 1996.
  • Jean-Marie MAYEUR, Les Débuts de la Troisième République, 1871-1898, Paris, Le Seuil, coll. « Points », 1973.
  • Pierre RENOUVIN, Histoire des relations internationales, tome VI « 1871-1914 », Paris, Hachette, 1955.

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