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Naissance de Vénus. Naissance de Vénus.
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Madame Léopold Stern. Madame Léopold Stern.
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commentaires 1 commentaire commentaires
Naissance de Vénus.

© Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN-Grand Palais / Image of the MMA

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Titre : Naissance de Vénus.

Auteur : Alexandre CABANEL (1823-1889)
Date de création : 1875
Dimensions : Hauteur 106 cm - Largeur 182.6 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : The Metropolitan Museum of Art (New York (Etats-Unis)) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 09-577066 / 94.24.1

Napoléon III.

© Photo RMN-Grand Palais - T. Le Mage

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Titre : Napoléon III.

Auteur : Alexandre CABANEL (1823-1889)
Date de création : 1865
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 09-582978

Baronne Nathaniel de Rothschild.

© Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

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Titre : Baronne Nathaniel de Rothschild.

Auteur : Jean-Léon GEROME (1824-1904)
Date de création : 1866
Date représentée : 1866
Dimensions : Hauteur 49.6 cm - Largeur 35.8 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-508694 / RF2004-9

Madame Léopold Stern.

© Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojeda

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Titre : Madame Léopold Stern.

Auteur : Léon BONNAT (1833-1922)
Date de création : 1879
Date représentée : 1879
Dimensions : Hauteur 138 cm - Largeur 108 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée Bonnat (Bayonne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-015438 / CM2667

  Contexte historique

Le système des beaux-arts

Au XIXe siècle, le système académique en place depuis le règne de Louis XIV continue à régenter la vie artistique. Aucun artiste ne peut lui échapper, qu’il soit ou non passé par l’Ecole des Beaux-Arts. Héritière de l’Académie royale de peinture et de sculpture fondée en 1648 par Lebrun et placée sous le contrôle des membres de l’Académie, celle-ci est au cœur du système dont elle véhicule les préceptes du classicisme, faisant du dessin et de la copie d’œuvres les deux moyens privilégiés d’accès aux arts et considérant l’Antiquité comme la référence absolue.

Pour apprendre à rendre les formes, les élèves pratiquaient à l’Ecole le dessin d’après nature ou d’après l’antique, tandis qu’ils complétaient leur formation pratique au sein d’ateliers privés ou bien au Louvre. Leur cursus académique était sanctionné par plusieurs types d’épreuves, la plus prestigieuse étant le concours du Prix de Rome dont les sujets étaient empruntés à l’histoire ancienne, mythologique ou biblique. Le lauréat qui le remportait effectuait un séjour de quelques années à l’Académie de France à Rome. Durant son pensionnat, il continuait d’être soumis à la tutelle de l’Académie, à laquelle il devait faire plusieurs envois, tandis qu’il se consacrait à l’étude des œuvres de l’Antiquité et de la Renaissance italienne. De retour en France, le lauréat était accueilli triomphalement et assuré d’une carrière officielle couronnée d’honneurs. Souvent, il était submergé de travail, entre les envois qu’il devait faire pour être admis à exposer au Salon officiel qui se tenait chaque année et les commandes auxquelles il devait répondre, qui émanaient aussi bien de riches particuliers que de l’Etat lui-même. Le public se passionnait pour ce type d’artistes académiques qui bénéficiaient de tous les honneurs, et dont l’esthétique « pompiériste » incarnait le goût officiel durant la plus grande partie du XIXe siècle.

  Analyse des images

Un art officiel

Alexandre Cabanel (1823-1899), lauréat en 1845 d’un Second Prix de Rome et Professeur à l’Ecole des Beaux-Arts, acquit la célébrité avec sa Naissance de Vénus présentée au Salon de 1863 et que l’empereur Napoléon III acheta immédiatement pour sa collection personnelle. S’il n’a pas toujours remporté l’adhésion des critiques, ce nu féminin d’un grand érotisme n’en a pas moins remporté un grand succès parmi les visiteurs du Salon, dans la mesure où, peint à l’aide de tons pastels et d’une technique savante qui se situait dans la plus pure tradition académique, il était voilé des attraits de la mythologie, à la différence du Déjeuner sur l’herbe de Manet, présenté la même année au Salon des Refusés et jugé beaucoup plus trivial. Cette œuvre marque le début de la carrière officielle du peintre tout dévoué à la bourgeoisie régnante.

Rapidement, Alexandre Cabanel devient un familier de la cour impériale et Napoléon III lui commande un certain nombre de portraits, comme celui qu’il envoya au Salon de 1865. Dans ce portrait officiel, l’empereur pose en pied aux Tuileries, en habit de soirée, le torse bardé du cordon de la Légion d’honneur ; derrière lui, posés sur une table, les insignes officiels de la souveraineté, la couronne, le manteau d’hermine et la main de justice, ajoutent à la solennité de la représentation. Très prisé du couple impérial, ce portrait prit place dans le cabinet de travail de l’impératrice Eugénie aux Tuileries.

A la même époque, un autre artiste fut également couvert d’honneurs : Jean-Léon Gérôme (1824-1904), chef de file du style néo-grec et du courant hyperréaliste, nommé professeur à l’Ecole des Beaux-Arts en 1864 puis membre de l’Institut. Parmi le petit nombre de portraits qu’il réalisa durant sa longue carrière, l’un d’eux, daté de 1866, représente la Baronne Nathaniel de Rothschild, qui incarne à la fois la grande bourgeoisie parisienne du milieu du siècle et le goût officiel. Attirée par les arts plastiques, Charlotte de Rothschild pratiquait l’aquarelle et exposait régulièrement ses créations au Salon ; elle rassembla également une collection très éclectique. Voulant évoquer cette dernière facette de son modèle, Gérôme a choisi de figurer la baronne dans son luxueux intérieur. Comme dans un autre portrait de la mère de cette dernière, peint par Ingres, l’un des maîtres de Gérôme, celle-ci se tient debout devant la cheminée surmontée d’une toile et encadrée de chandeliers, le menton dans sa main. La manière très lisse et la précision avec laquelle le peintre représente son cadre de vie témoignent de son goût pour la reconstitution archéologique et de son intérêt ethnographique envers la façon dont les gens vivaient, qu’ils soient ses contemporains ou qu’ils appartiennent au passé, en même temps qu’ils reflètent l’esthétique dominante.

  Interprétation

L’art pompier : un art longtemps déprécié

Cette esthétique dominante, où l’exactitude le dispute à la profusion de détails et à la richesse de la palette, saturée de couleurs vives, lui valut très tôt le qualificatif péjoratif de « pompier ». L’origine de ce terme est mystérieuse : elle dérive tantôt des personnages des tableaux de David, qui ressemblent aux sapeurs-pompiers des années 1830, tantôt du caractère arrogant, pompeux des toiles de l’époque. Selon celui qui l’emploie, ce terme multiforme désigne tour à tour la technique picturale trop lisse, trop soignée, l’accumulation baroque de détails insignifiants, la saturation des couleurs vives, la recherche du sensationnel, l’adoption d’un faux idéal classique et l’attachement excessif et servile aux théories du classicisme. D’une manière générale, il vise l’art académique officiel qui règne sans partage au XIXe siècle et dont les représentants sont formés et récompensés par les grandes institutions étatiques, Ecole des Beaux-Arts, Académie, Salon.

Les courants de l’art moderne, l’impressionnisme en premier lieu, se sont constitués en réaction à cette omniprésence de l’art pompier ; le conflit entre l’art académique et les impressionnistes remonte à 1863, lorsque Napoléon III se vit contraint d’ouvrir un Salon des Refusés pour accueillir tous les artistes qui ne pouvaient exposer au Salon officiel. Désormais, la scission est consommée entre l’art officiel et les courants artistiques novateurs.

Durant la majeure partie du XXe siècle, l’art pompier continue de faire l’objet d’une dépréciation sous la plume des critiques, qui y voient l’incarnation du mauvais goût du XIXe siècle. Ce n’est que depuis les années 1970 qu’il est progressivement réévalué (ce dont témoigne notamment l’ouverture, en 1986, du musée d’Orsay consacré à la seconde moitié du XIXe siècle) et que l’on reconnaît l’influence du système académique sur la formation des avant-gardes de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle.

Auteur : Charlotte DENOËL


Bibliographie

  • Laurence des CARS, Dominique de FONT-REAULX, Edouard PAPET (dir.), Catalogue de l’exposition Jean-Léon Gérôme (1824-1904). L’histoire en spectacle, musée d’Orsay, Paris, 19 octobre 2010-23 janvier 2011, Paris, Musée d’Orsay-Skira-Flammarion, 2010.
  • Philippe GRUNCHEC, catalogue de l'exposition Les concours des Prix de Rome, 1797-1863, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, 8 octobre-14 décembre 1986, 2 vol., Paris, Ensba, 1986-1989.
  • James HARDING, Les peintres pompiers. La peinture académique en France de 1830 à 1880, Paris, Flammarion, 1980.
  • Louis-Marie LECHARNY, L’art pompier, Paris, PUF, 1998 (QsJ ? n°3392).
  • Cécile RITZENTHALER, L'école des beaux-arts du XIXe siècle. Les pompiers, Paris, Mayer, 1987.

Commentaires

c'est très bien expliqué
Mélanouille
Par Mélanouille le 23/02/13 à 14h53 - #1317

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