© Photo RMN-Grand Palais
Titre : Napoléon Ier sur le trône impérial en costume de sacre.
Auteur : Jean-Auguste Dominique INGRES (1780-1867)
Date de création : 1806
Date représentée : 1804
Dimensions : Hauteur 260 cm - Largeur 163 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 74EE1188
© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet
Titre : Napoléon Ier en costume de sacre.
Auteur : François GERARD (1770-1837)
Date de création : 1805
Date représentée : 1804
Dimensions : Hauteur 225 cm - Largeur 147 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Fontainebleau (Fontainebleau) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 85DE653/F 2937 c
© Photo RMN-Grand Palais
Titre : Napoléon Ier empereur des français (1769-1821).
Auteur : Robert LEFEVRE (1755-1830)
Date de création : 1811
Date représentée : 1804
Dimensions : Hauteur 278 cm - Largeur 206 cm
Technique et autres indications : peinture à l'huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 74EE533/MV 2280
Dès le couronnement, comme il l’avait fait avec ses portraits le représentant en Premier consul lors de la commande de 1803 pour la Belgique (à laquelle Ingres avait déjà participé pour la ville de Liège), Napoléon voulut diffuser son image d’empereur. En 1805, il se tourna vers les artistes les plus en vue, mais les résultats furent inégaux, d’autant qu’il ne posait jamais et que les peintres devaient avoir recours aux gravures ou à d’autres tableaux qu’ils devaient de plus adapter au nouveau profil de l’Empereur, assez distinct de celui du Premier consul. En outre, chaque artiste avait son style et sa conception propres, et les ambiguïtés du nouveau régime furent très vite sensibles entre les différentes perceptions.
Le tableau d'Ingres
Tenant les regalia, ou mains de justice (sans doute apparues sous Saint Louis), et sceptre de Charlemagne qui dessinent un triangle s’ouvrant vers le ciel, l’Empereur est assis sur un trône dont le dossier circulaire rejoint l’ample collier de la Légion d’honneur et forme comme une auréole autour de sa tête. Ce trône est posé sur un tapis orné de l’aigle impériale aux ailes ouvertes, comme s’il était emporté vers le monde sacré. Ingres n’a en effet retenu de Napoléon que le côté divinisé de l’homme providentiel. C’est cette immatérialité de la figure de l’Empereur, encore accentuée par les plis du lourd manteau de velours rouge brodé d’abeilles, symbole impérial, manteau qui semble nier toute la réalité du corps, qu’a peinte Ingres. Bien que statique, l’œuvre apparaît pourtant élevée au ciel par l’aigle.
Proche des représentations médiévales des souverains germaniques de la dynastie ottonienne (mais le critique du Mercure de France parla de Dagobert !), le tableau d’Ingres rompt avec toutes les représentations traditionnelles des souverains, depuis Titien et Van Dyck. L’image qu’il donne de Napoléon est celle d’une sorte de dieu, véritable Christ Pantocrator byzantin, totalement désincarné.
Le tableau de Gérard
Comme dans le précédent tableau, Napoléon porte pour le sacre le grand costume d’empereur, dessiné par Isabey et Percier. La broderie associe des branches d’olivier, de chêne et de laurier entrelacées et encerclant le chiffre N de l’Empereur. La robe longue de satin blanc est brodée d’or, le col est en dentelle. Les insignes impériaux sont l’œuvre de Biennais. Napoléon, couronné de lauriers d’or (une feuille est conservée à Fontainebleau) porte le grand collier de la Légion d’honneur et tient le sceptre dans la main droite. Enfin, il porte l’épée du sacre incrustée de diamants (le Régent apparaît sur la coquille). La main et le globe de justice sont posés sur le coussin visible au second plan. Le trône, l’estrade, le velours cramoisi ressuscitent le faste de l’Ancien Régime et rappellent, bien que modernisé par la mode néoclassique plus sobre, l’apparat du portrait de Louis XIV par Rigaud (musée du Louvre).
Comparé au tableau d’Ingres, Napoléon est ici réel. Il est certes solennel, d’une tenue impériale, mais, s’il regarde le spectateur, il ne semble pas le fixer de cet étrange regard désincarné. Il s’impose au contraire à lui dans toute sa nouvelle dignité. L’équilibre entre le sacré et la réalité est parfaitement respecté par Gérard.
Le tableau de Lefèvre
Commandé plus tardivement que les deux précédents, en 1811, le tableau de Lefèvre était destiné au Corps législatif. L’artiste y peint Napoléon dans une pose à peine différente de celle qu’a choisie Gérard. Toutefois, comme pour le portrait en costume de sacre, il semble bien que Lefèvre ait travaillé d’après un mannequin, ce qui confère au souverain une attitude un peu raide. De ce fait, l’Empereur ne possède plus la noble solennité du portrait de Gérard. Il semble un peu engoncé dans ses vêtements, et c’est finalement l’homme plus que le souverain que Lefèvre a revêtu des symboles impériaux.
Napoléon tend le doigt dans une direction improbable, ce qui lui donne encore plus d’irréalité. Mais le tableau n’a cependant rien de l’immatérialité voulue par Ingres. Les portraits de Lefèvre possèdent au contraire quelque chose de maladroit qui les place parmi les œuvres les moins bonnes de l’époque napoléonienne.
Toutes ces images de l’Empereur sont destinées à inscrire Napoléon dans la tradition du souverain français. Toutefois, excepté l’effigie peinte par Ingres, le réalisme direct de ces portraits, surtout chez Gérard, révèle l’autocrate derrière le souverain. Cette nouvelle conception d’un régime autoritaire et efficace, voire sacré, est tout entière résumée par la présence du Régent : ce diamant qui orna la couronne de Louis XV fut en effet restitué à la France par le banquier néerlandais Vanlenberghem après que le gouvernement français eut épuré les dettes du Directoire.
Mais ces portraits valent surtout par leur confrontation, qui révèle l’ambiguïté du nouveau régime impérial. Chaque artiste tend à faire valoir sa conception de Napoléon. Au sacré d’Ingres s’oppose le réalisme de Lefèvre. L’équilibre n’est obtenu que chez Gérard.
Auteur : Jérémie BENOÎT
Portraits en costume de sacre : de Louis XVI à Charles X
dans laquelle vous trouverez une analyse plus détaillée des portraits en costume de sacre. Cette étude est également accompagnée d'une animation audiovisuelle.
Grâce à vous, je vais pouvoir avoir une bonne note en histoire des arts!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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