© MuCEM, Dist RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi
Titre : La mariée de ville.
Dimensions : Hauteur 27.1 cm - Largeur 44 cm
Technique et autres indications : Bois de fil, pochoir, vergé.
Dessin de Fleuret entre 1828 et 1837. Edité par Castiaux-Blocquel.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-530555 / 1954.60.25C
© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux
Titre : Un mariage.
Dimensions : Hauteur 45.3 cm - Largeur 35.7 cm
Technique et autres indications : Lithographie coloriée.
Pellerin (imprimeur, éditeur)
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-521446 / 53.86.4691D
© Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojeda
Titre : Une Noce chez le photographe.
Auteur : Pascal Adophe Jean DAGNAN-BOUVERET (1852-1929)
Date de création : 1879
Dimensions : Hauteur 85 cm - Largeur 122 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée des Beaux-Arts de Lyon (Lyon) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-007620 / Inv.H.715
La nuptialité au XIXe siècle
Au XIXe siècle, nombreux sont les témoignages iconographiques sur le mariage et ses pratiques. Ils témoignent aussi bien du poids de ce rite social et religieux que des évolutions survenues depuis la réforme en profondeur de la législation matrimoniale sous la Révolution : par la loi du 20 septembre 1792, le mariage fut soustrait à la juridiction de l’Eglise et transformé en un contrat laïc conclu devant un officier civil, tandis qu’était instauré le divorce au nom du respect de la liberté. Dans l’ensemble, ces nouvelles dispositions furent confirmées par le Code civil de 1804, sauf en ce qui concerne le divorce dont les motifs furent considérablement restreints.
Ces innovations législatives favorisent la nuptialité qui fait un bond sous la Révolution, aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Cette tendance à l’augmentation se poursuit sous le Consulat et l’Empire, puis le taux de nuptialité se stabilise sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire, avant de décroître de manière durable à partir des années 1875. Ces variations, qui s’expliquent par la conjoncture économique, les guerres ou les épidémies, s’accompagnent d’une évolution des pratiques matrimoniales : désormais le mariage civil précède le mariage religieux, lorsqu’il ne remplace pas celui-ci, et le mariage, cellule de base de la société bourgeoise en pleine ascension, est de plus en plus utilisé par cette dernière comme un moyen de consolider ses intérêts financiers et patrimoniaux.
Les procédures matrimoniales
Le Code Napoléon a fixé dans ses grandes lignes le déroulement du mariage civil qui, depuis, n’a varié que sur des questions de détail. Celui-ci doit être célébré par l’officier civil à la mairie de la commune de résidence de l’un des deux époux, en présence de quatre témoins et après publication des bans devant la mairie. Le mariage n’est valide qu’une fois que les époux ont échangé leurs consentements mutuels, puis que l’officier les a déclarés au nom de la loi unis par les liens du mariage.
Une gravure de Fleuret sur bois de fil coloriée au pochoir intitulée La Mariée de ville illustre la mise en place de ce nouveau système. Celle-ci représente un couple sortant de la mairie, prêt à monter dans le carrosse qui les ramènera chez eux, en présence d’un officier civil en costume Empire, bardé d’une écharpe, une épée au flanc et les attributs de sa fonction dans les mains.
Souvent, le mariage civil est suivi d’un mariage religieux. Dans les milieux aisés celui-ci est célébré en grande pompe, ainsi que le suggère une autre lithographie coloriée de l’époque de Napoléon III. On y trouve dépeintes les différentes étapes du mariage, depuis la demande en mariage du prétendant jusqu’au bal des noces, en passant par la corbeille de fleurs blanches que le prétendant offre à sa fiancée, la célébration du mariage civil devant l’officier ceint d’une écharpe tricolore, puis celle du mariage religieux à l’église devant le prêtre, suivie d’un repas de noces. L’importance accordée dans cette image au déroulement de la cérémonie religieuse, au détriment de la formalité de la mairie, montre bien que, pour les catholiques, celle-ci demeure le grand moment du mariage et s’accompagne de festivités conviviales et joyeuses.
Avec l’apparition de la photographie en 1839 puis l’établissement d’ateliers de photographes professionnels en milieu urbain, il devient possible de fixer dans la mémoire cet évènement, comme le montre une toile du peintre Pascal Dagnan-Bouveret (1852-1929) datée de 1879. Celui-ci a dépeint un couple de mariés issu de la petite bourgeoisie posant dans l’atelier d’un photographe, en présence de la famille. La mariée est revêtue du costume porté pour la cérémonie religieuse, une robe blanche et un voile, tandis que le marié est en queue-de-pie, son haut-de-forme à la main. Tout dans ce tableau reflète l’importance cruciale de l’évènement : les regards qui se dirigent vers le couple placé au fond du tableau, dans l’axe de la chambre photographique, la mère qui arrange avec soin les plis de la robe de la mariée, les poses endimanchées des époux, la présence des trois générations familiales à la séance photographique...
Un rituel bourgeois soigneusement codifié
Ces différentes œuvres traduisent chacune à leur manière le conformisme bourgeois ambiant qui a fait du mariage un pilier du système social et en a codifié minutieusement les règles. Le mariage est une « affaire » entre deux familles qui, si elles prennent parfois en compte l’accord des sentiments entre les futurs époux, veulent avant tout consolider leur position sociale et financière. Elles attachent une grande importance aux étapes du déroulement de la cérémonie elle-même, dont les frais incombent aux parents de la mariée, et aux festivités qui s’ensuivent. Le nombre d’invités et le faste avec lequel celles-ci sont célébrées varient en fonction de la situation sociale plus ou moins élevée des familles. Cette situation, qui n’a pas entièrement disparu de nos jours, même si le mariage d’amour est entré dans les mœurs et si le mariage civil a conquis ses galons, a favorisé tout au long du XIXe siècle la reproduction sociale et conforté la bourgeoisie dans sa position dominante.
Auteur : Charlotte DENOËL