Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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Le petit Parisien publie Viviane.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

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Titre : Le petit Parisien publie Viviane.

Date de création : 1884
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-513783 / 61.18.77

Le cornard volontaire ou le mari commode.

© Photo RMN-Grand Palais - T. Le Mage

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Titre : Le cornard volontaire ou le mari commode.

Dimensions : Hauteur 31.5 cm - Largeur 40 cm
Technique et autres indications : Bois de fil, pochoir, vergé. Imprimerie Diot Lucien-Côme (vers1802-vers1829)
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-526312 / 65.75.20C

Danger d'arriver de voyage à l'improviste.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

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Titre : Danger d'arriver de voyage à l'improviste.

Technique et autres indications : Assiette en porcelaine. Manufacture de Creil.
Lieu de Conservation : Musée national de la voiture et du tourisme (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 96-018001 / CMV1136(1)

Fantaisies parisiennes. L'Adultère.

© Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojeda

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Titre : Fantaisies parisiennes. L'Adultère.

Dimensions : Hauteur 8.3 cm - Largeur 17.5 cm
Technique et autres indications : Vue stéréoscopique.
Vers 1875.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97-012875 / Pho1997-2-66

  Contexte historique

Histoire de l’adultère

Au XIXe siècle, plus encore qu’aux siècles précédents, l’adultère apparaît comme un véritable problème de société. Il est un thème central du roman bourgeois, avec notamment Madame Bovary de Flaubert (1857) et Thérèse Raquin de Zola (1867), et suscite une abondante iconographie où la femme tient presque toujours le rôle de l’héroïne pécheresse.

Cette situation s’explique par les nombreux changements introduits dans la législation matrimoniale depuis la Révolution et l’échec de l’instauration du divorce sous la pression des ultras et de l’Eglise qui, depuis des siècles, assimile l’adultère à un crime passible d’un lourd châtiment pour la femme. Sous la Révolution, la Constituante avait tenté d’introduire une révolution dans les mœurs en établissant le divorce par la loi du 27 septembre 1792 et en dépénalisant l’adultère qui, de fait, devenait un motif de rupture. Cependant, cette situation ne dura guère : si le Code civil de 1804 maintient l’adultère de la femme parmi les causes légales de divorce, il réaffirme l’autorité du paterfamilias sur la femme et réintroduit une sanction pénale plus lourde pour la femme que pour l’homme. Ensuite, avec le rétablissement du catholicisme comme religion d’Etat, c’est le divorce qui est supprimé par la loi du 8 mai 1816 ; seule la séparation de corps, admise par l’Eglise, est autorisée.

De fait, jusqu’à la fin du XIXe siècle, la dissymétrie entre les sexes qui est au cœur de l’adultère demeure plus que jamais d’actualité : la femme, éternelle mineure, est réduite à la sujétion de son mari et, lorsqu’elle se rend coupable d’adultère, ne doit attendre aucune indulgence de la part de la justice comme de la société, au contraire du mari dont l’adultère passe inaperçu.

  Analyse des images

« Ciel, mon mari ! », l’adultère dans la littérature et l’art

Le roman de Pierre Sales, Viviane de Montmoran, publié en feuilleton dans le Petit parisien en 1884, s’adresse à un large public friand d’aventures sulfureuses, ainsi que le suggère le titre de la série dans laquelle le roman paraîtra en librairie par la suite, Les batailles de l’amour, et l’affiche du Petit parisien aux couleurs criardes, où, lors d’un procès, un homme se suicide sous les yeux de sa femme impuissante devant les gendarmes et les magistrats.

Sur le thème du fait divers passionnel, l’art populaire n’est pas en reste : toute une production artistique est consacrée à ce sujet à la mode, où la femme tient généralement le mauvais rôle, de la gravure à la photographie, en passant par la porcelaine. C’est ainsi qu’entre 1803 et 1823, une gravure sur bois de fil imprimée sur papier vergé et intitulée Le Cornard volontaire ou le Mari commode représente un mari attablé devant un feu de cheminée avec sa femme et son amant ; la lettre et les écus sur la table suggèrent, comme la chanson satirique qui accompagne cette illustration, que le mari est prêt à accepter la transaction financière que lui a proposée l’amant de sa femme, la richesse passant avant l’honneur et la moralité.

Dans une assiette de porcelaine de la manufacture de Creil, c’est l’arrivée à l’improviste du mari qui est mise en scène sous le titre Du danger d’arriver de voyage à l’improviste : au centre de l’assiette, un dessin dépeint le mari surprenant chez lui sa femme en rendez-vous galant avec son amant. Ses bras levés en l’air et son visage furieux reflètent bien son état d’esprit à la vue du couple si absorbé dans une tête à tête intime que ni l’un ni l’autre n’a remarqué sa présence.

Une série photographique de 1875 consacrée aux « Fantaisies parisiennes » révèle, quant à elle, la consommation de l’adultère, en montrant un couple d’amoureux au lit dans l’intimité d’une chambre, une intimité renforcée par la présence de leurs pantoufles au pied du lit. L’homme écarte la lourde tenture qui protège leurs ébats amoureux, comme s’il avait entendu un bruit qui indiquerait qu’ils ont été dénoncés. Cette crainte d’être surpris indique à quel point l’adultère représentait une faute grave et lourde de conséquences au XIXe siècle, dans une société bourgeoise où la morale dictait la conduite des individus et interdisait toute infidélité, en particulier de la part de la femme dont le rôle était d’obéir à son mari et de se consacrer à ses enfants, et non de suivre ses passions. D’un autre côté, cette prolifération d’une littérature et d’une iconographie de plus en plus vaudevillesques traduit la distance que la société commence à prendre avec le phénomène de l’adultère à la fin du XIXe siècle.

  Interprétation

La dépénalisation de l’adultère

La publication du roman de Pierre Sales coïncide avec la célèbre loi Naquet du 27 juillet 1884 qui rétablit le divorce et fait de l’adultère de l’un ou l’autre des époux la première des trois causes possibles de séparation. La promulgation de cette loi s’inscrit dans un large courant de pensée républicain qui rejette le principe de l’indissolubilité des liens du mariage au nom de la liberté des individus et dans un climat un peu plus favorable à la condition féminine. En ce qui concernecette dernière et l’adultère, la loi marque un tournant important, puisque, pour la première fois dans l’histoire du droit français, le mari et la femme sont égaux devant la loi, et la faute de l’un comme de l’autre devient un motif valable de divorce ; en revanche, l’adultère continue d’être réprimé. Par la suite, ce droit du divorce sera progressivement assoupli pour s’adapter aux mœurs. La loi du 15 décembre 1904 en particulier lève l’interdiction de mariage, une fois le divorce prononcé, entre la personne adultérine et son ou sa complice. Il faudra cependant attendre la réforme du 11 juillet 1975 pour que l’adultère ne soit plus considéré comme une faute pénale et que les droits des enfants nés d’une relation adultérine soient identiques à ceux des enfants légitimes. Aujourd’hui, si l’adultère n’est plus un crime, il continue toutefois d’être perçu de manière négative lorsque la fidélité du couple et les valeurs familiales sont en jeu.

Auteur : Charlotte DENOËL


Bibliographie

  • Jean-Claude BOLOGNE, Histoire du mariage en Occident, Paris, Lattès, 1995.
  • Jean GAUDEMET, Le mariage en Occident, Paris, éd. du Cerf, 1987.
  • Sabine MELCHIOR-BONNET et Aude de TOCQUEVILLE, Histoire de l’adultère, Paris, La Martinière, 1999.
  • Francis RONSIN, Le contrat sentimental : débats sur le mariage, l’amour, le divorce, de l’Ancien Régime à la Restauration, Paris, Aubier, 1990.
  • Agnès WALCH, Histoire de l’adultère, XVIe-XIXe s., Paris, Perrin, 2009.

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