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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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William MALHERBE.
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Crédit Lyonnais. Souscrivez au 4<sup>e</sup> emprunt national.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot / Droits réservés

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Titre : Crédit Lyonnais. Souscrivez au 4e emprunt national.

Date de création : 1918
Dimensions : Hauteur 120 cm - Largeur 80 cm
Lieu de Conservation : Musée national de la Coopération Franco-américaine (Blérancourt) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-518629 / Dsb25/15

Souscrivez à l'emprunt de la libération et la victoire est à nous.

© Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Emile Cambier - Droits réservés

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Titre : Souscrivez à l'emprunt de la libération et la victoire est à nous.

Auteur : William MALHERBE (1884-1951)
Date de création : 1918
Date représentée : 1918
Dimensions : Hauteur 120 cm - Largeur 80 cm
Technique et autres indications : Lithographie.
Lieu de Conservation : Musée de l'Armée (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 07-531110 / 2001.32.6

  Contexte historique

Mobilisation pécuniaire de l’arrière 

Durant la Première Guerre mondiale, l’épargne française est mise à contribution par le biais d’emprunts nationaux annuels (novembre 1915, octobre 1916, 1917 et 1918). Ces initiatives répondent à une double nécessité. Il s’agit d’abord, bien sûr, de financer une guerre rendue particulièrement coûteuse par l’effet combiné de sa longueur, de l’ampleur des moyens nécessaires et de son caractère industriel. Mais cet enjeu coexiste avec un autre, celui de la mobilisation de la société dans son ensemble. 

En enjoignant les populations de souscrire aux emprunts, ou aux bons de la Défense nationale, les pouvoirs publics entendent entretenir l’implication des Français dans la guerre, dans une optique très similaire à celle qui préside à l’organisation de diverses Journées (du Poilu, du 75, des Alliés…). Le devoir de l’arrière est en effet de seconder les efforts et les sacrifices endurés sur le front par les millions de mobilisés. Pour ce faire, l’État recourt à des moyens de propagande variés, tels que la presse, les conférences, les discours et l’affichage. 

Les deux documents présentés ici relèvent de cette catégorie : ce sont des œuvres de commande destinées à l’affichage, par exemple dans les agences bancaires où l’emprunt pouvait être souscrit. « Dessinateurs, graveurs, peintres, caricaturistes rivalisèrent d’imagination pour composer les affiches destinées à stimuler le patriotisme et la générosité » ( Jean-Jacques Becker et Serge Berstein, Victoire et frustrations, p. 83.)

  Analyse des images

Guerriers et symboles 

L’affiche Souscrivez au 4e emprunt national, anonyme, met en scène un guerrier français nu et casqué, armé d’un glaive. Sa posture résolue et combative renvoie à l’imagerie des héros antiques, choix accentué par l’étoffe bleu-blanc-rouge qu’il tient d’une main et par la typographie du slogan. L’allégorie de la France au combat emprunte à l’imaginaire mythologique : tel un Hercule contemporain, le soldat français lutte en effet contre un aigle immense, dont le corps massif et les serres crochues soulignent la férocité. L’aigle, emblème de l’Empire allemand, symbolise l’ennemi. Le péril encouru par la France est évoqué par le bec de l’animal, accroché au côté droit (est de la France) du tissu tricolore. La position de l’épée du soldat, prête à transpercer l’aigle, laisse cependant entrevoir l’issue heureuse du combat. 

L’affiche Souscrivez à l’Emprunt de la libération et la Victoire est à nous a été dessinée par l’artiste William Malherbe. On ne retrouve pas ici son style postimpressioniste, qu’il laisse de côté pour un art très figuratif – certainement plus adapté aux contraintes de l’affiche de propagande. Sa composition associe plusieurs symboles afférents à la « Victoire ». L’appel à souscription est en effet étayé par quatre éléments imbriqués : un combattant en uniforme, enthousiaste et déterminé, porte virilement Marianne qui, elle-même, brandit un drapeau tricolore. Le valeureux soldat est le soutien de la République et de la Nation. Dernier élément de la scène, il est en retour gratifié d’une couronne de lauriers, apanage des glorieux vainqueurs.

  Interprétation

Alimenter le mythe unanimiste par la propagande 

Ces deux documents ont un point commun essentiel, celui de mettre en valeur toute l’étendue des mérites des combattants afin de faire pression sur les populations civiles en vue du succès de l’emprunt national. Les civils sont mis en face de la situation privilégiée qui est la leur loin du front. Comment ne pas souscrire quand d’autres affrontent les armées ennemies et assurent la protection de la communauté nationale ? 

Pris tels quels, ces documents peuvent donner à penser qu’un élan patriotique puissant et continu caractérise la société française durant le premier conflit mondial. Cela est vrai en partie, et le cadre de références employé ici renvoie bien sûr à certaines représentations des contemporains. Mais les choses se présentent aussi de façon un peu plus prosaïque, puisque les emprunts de la Défense nationale sont aussi des placements avantageux pour les nombreux épargnants ciblés par ces affiches. Cela introduit de l’ambiguïté dans les motivations : comme l’écrit Jean-Baptiste Duroselle, « gagner de l’argent sous couvert de patriotisme convenait très bien à l’atmosphère de l’Union sacrée » Jean-Baptiste Duroselle, La Grande Guerre des Français, p. 159). Quant aux soldats, dont la vie quotidienne ressemblait assez peu aux mises en scène proposées ici, ils étaient souvent assez réticents ou hostiles à l’égard de telles opérations, comme en témoigne cette lettre, saisie par le contrôle postal, qu’un mobilisé du 264e régiment d’infanterie a écrite à son épouse : « Si je te disais qu’ils ont le toupet de demander aux soldats de souscrire pour la continuation de la guerre et de les faire tuer. Jamais de ma part ils auront [sic] un sou. Et je te défends, et surtout ta mère, qu’elle ne fasse pas [sic] cette bêtise de souscrire » (Jean Nicot, Les Poilus ont la parole. Lettres du front, 1917-1918, p. 163.)

Auteur : François BOULOC


Bibliographie

  • Jean-Jacques BECKER et Serge BERSTEIN, Victoire et frustrations, 1914-1929, Paris, Le Seuil, 1990.
  • Jean-Baptiste DUROSELLE, La Grande Guerre des Français, Paris, Perrin, 1998.
  • Laurent GERVEREAU, « La propagande par l’image en France, 1914-1918. Thèmes et modes de représentation » in Laurent GERVEREAU et Christophe PROCHASSON, Images de 1917, Nanterre, B.D.I.C., 1987.
  • André LOEZ, La Grande Guerre, Paris, La Découverte, 2010.
  • Jean NICOT, Les Poilus ont la parole. Lettres du front, 1917-1918, Bruxelles, Complexe, 2003.
  • Henri TRUCHY, Les Finances de guerre de la France, Paris, P.U.F., 1926.

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