Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais
Ministère de la Culture

L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
S'abonner à
L'Histoire par l'image
Ajouter à un album

Albums liés

Les emprunts nationaux et les banques (4 études)

« Vous êtes tranquilles... »  publicité pour la Banque nationale du commerce er de l'industrie.
« Vous êtes tranquilles... » publicité pour la Banque nationale du commerce er de l'industrie.
François KOLLAR

Le charbon au coeur de l'industrialisation (4 études)

Mine de houille de Blanzy. Groupe de Theuré-Montmaillot.
Mine de houille de Blanzy. Groupe de Theuré-Montmaillot.
François Ignace BONHOMMÉ

Découvrez aussi

Une représentation de Louis XIV

Le Roi gouverne par lui-même et Fastes des puissances voisines de la France<br />.
Le Roi gouverne par lui-même et Fastes des puissances voisines de la France
.
Charles LE BRUN

Les femmes, la guerre et la paix

Troisième congrès international des femmes pour la paix et la liberté.
Troisième congrès international des femmes pour la paix et la liberté.
Fritz ZERRITSCH

Grandjouan, militant radical

Le vol des Quinz'mill.
Le vol des Quinz'mill.
Jules GRANDJOUAN

Les emprunts nationaux pendant la guerre de 1914-1918

Crédit Lyonnais. Souscrivez au 4e emprunt national.
Crédit Lyonnais. Souscrivez au 4e emprunt national.

L’emprunt de la libération de 1918

Comptoir national d'escompte de paris, emprunt national, 1918.
Comptoir national d'escompte de paris, emprunt national, 1918.
Pierre Albert LEROUX

L'occupation de la Ruhr

Un soldat français sur un train de charbon réquisitionné. Ruhr,1923. Un soldat français sur un train de charbon réquisitionné. Ruhr,1923.
ANONYME.
L'occupation de la Ruhr : « Nom d'un chien, la bête a des piquants ». L'occupation de la Ruhr : « Nom d'un chien, la bête a des piquants ».
Erich SCHILLING.
commentaires 0 commentaire commentaires
Un soldat français sur un train de charbon réquisitionné. Ruhr,1923.

© BPK, Berlin, Dist RMN-Grand Palais © Droits réservés

Agrandissement - Zoom
»

Titre : Un soldat français sur un train de charbon réquisitionné. Ruhr,1923.

Auteur : ANONYME
Date de création : 1923
Date représentée : 1923
Lieu de Conservation : Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz (BPK) (Berlin (Allemagne)) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-529390

L'occupation de la Ruhr : « Nom d'un chien, la bête a des piquants ».

© BPK, Berlin, Dist RMN-Grand Palais © Droits réservés

Agrandissement - Zoom
«

Titre : L'occupation de la Ruhr : « Nom d'un chien, la bête a des piquants ».

Auteur : Erich SCHILLING (1885-1945)
Date de création : 1921
Date représentée : 1921
Technique et autres indications : Paru dans Simplicissimus, en date du 11 avril 1921.
Lieu de Conservation : Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz (BPK) (Berlin (Allemagne)) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-529387

  Contexte historique

France et Allemagne irréconciliables

Entre la France et l’Allemagne, les différends issus du traité de Versailles (28 juin 1919) restent importants. La France entend bien recouvrer les réparations allemandes pour financer ses pensions et sa reconstruction. Vu d’outre-Rhin, le traité est un « Diktat » et l’Allemagne ne paie que très partiellement les réparations : au 31 décembre 1922, seulement 10,4 milliards de marks-or ont été versés, sur les 24,9 exigibles.

En 1922, quand Raymond Poincaré devient président du conseil et ministre des Affaires étrangères, il prend acte de l’inertie de la S.D.N. et des entraves mises aux intérêts français par le Royaume-Uni et les États-Unis. Dubitatif quant à la volonté de payer des Allemands, il opte pour une politique de force et déclare devant la Chambre : « nous allons chercher du charbon et voilà tout » (cité par Jean-Jacques Becker et Serge Berstein, Victoire et frustrations, 1914-1929, p. 216).

L’occupation de la Ruhr par les troupes françaises et belges débute le 11 janvier 1923. Ce geste, fortement significatif dans une Europe tout juste sortie de la guerre, va devenir un événement médiatisé : les images de soldats refont leur apparition, tandis que les journaux s’emparent du sujet. Les pratiques de propagande et contre-propagande se trouvent ainsi réactivées.

  Analyse des images

Invasion et résistances

La photographie présente une sentinelle française juchée sur l’un des wagons d’un convoi de charbon. Celui-ci est stationné dans un nœud ferroviaire important (six voies au moins) mais non identifié. La tenue et l’équipement du soldat sont naturellement très proches de celles de la fin du premier conflit mondial. Casqué, pourvu d’un fusil à baïonnette et de cartouchières, il est aussi muni de guêtres et d’une vareuse. La sentinelle est debout sur un support instable de briquettes de charbons, ce qui contribue peut-être à lui conférer cette attitude générale un peu relâchée, genoux légèrement fléchis en avant.

Simplicissimus est une publication satirique illustrée créé à Munich en 1896 et caractérisée par son ton incisif, à la fois progressiste, anticlérical et patriote. L’arrière-plan de la caricature se compose d’un ciel rosâtre et d’un sol parsemé de terrils, relief artificiel caractéristique des régions minières. Dans cet environnement, un officier français vêtu à la façon de 1914, avec pantalon rouge garance et casquette de drap, essaie à ses risques et périls de s’asseoir sur ce qu’il a peut-être pris pour un rocher inerte, mais qui est un être vivant et hostile. Cette créature grise est un hybride, sorte de hérisson industriel et mécanique, articulé et rejetant de la fumée, dont les dizaines de piquants sont consitués de cheminées d'usines. Les maisons, fabriques et puits de mines sont là pour figurer l’ensemble de la région de la Ruhr.

  Interprétation

Les mauvais présages de la Ruhr en 1923

Ces deux images résument l’antagonisme franco-allemand d’alors. Si la sentinelle photographiée figure à merveille l’expression des intérêts français, la caricature, par contre, exploite la position de victimes des habitants de la Ruhr, fondés à se défendre puisque sous le joug d’une occupation militaire. Ce sont là les « piquants de la bête » du commentaire accompagnant le dessin : « lorsque les Français se mirent à saisir tout le charbon déjà chargé dans les wagons, l’administration des chemins de fer allemands (…) put donner à ses membres l’ordre de résistance passive », indique ainsi dans ses Mémoires le chancelier Brüning ( Mémoires (1918-1934), p. 70). Cette résistance prit la forme de grèves du zèle, d’abandons de postes d’aiguillage ou encore de ralentissements massifs de la production. Soutenues par les autorités, ces pratiques solidarisent le peuple allemand et font germer des mouvements sociaux et politiques animés par les soldats perdus des divers corps francs. L’illustration la plus célèbre en est évidemment le « Putsch de la Brasserie » fomenté par Hitler à Munich quelques mois après l’entrée des troupes franco-belges en Rhénanie (8-9 novembre 1923).

L’opération est un échec pour la France qui se retire en août 1925, en position de faiblesse quant à l’obtention effective des réparations (soldées symboliquement en 2010…). A plus long terme, cette expérience pave le chemin de la doctrine défensive incarnée par la ligne Maginot, dont le projet, réfléchi depuis 1922, démarre en 1928.

Auteur : François BOULOC


Bibliographie

  • Jean-Jacques BECKER, Serge BERSTEIN, Victoire et frustrations, 1914-1929, Paris, Seuil, 1990.
  • Heinrich BRÜNING, Mémoires (1918-1934), Paris, Gallimard, 1974.
  • Robert FRANK, La hantise du déclin. La France, 1920-1960 : finances, défense et identité nationale, Paris, Belin, 1994.
  • Stanislas JEANNESSON, Poincaré, la France et la Ruhr (1922-1924). Histoire d’une occupation, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 1998.
  • Frédéric MONIER, Les années 20 (1919-1930), Paris, LGF, 1999.

Commentaires

Laisser un commentaire :

twitter

facebook










Haut de page