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L'histoire par l'image de 1643 à 1945

 
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L'assyriologie (2 études)

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Félix THOMAS

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Félix THOMAS.
La grande salle assyrienne. La grande salle assyrienne.
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Le Pacha de Mossoul visitant les fouilles de Khorsabad.

© Photo RMN-Grand Palais - S. Maréchalle

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Titre : Le Pacha de Mossoul visitant les fouilles de Khorsabad.

Auteur : Félix THOMAS (1815-1875)
Date représentée : 1853
Dimensions : Hauteur 100 cm - Largeur 160 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 10-511336 / RF2010-2

La grande salle assyrienne.

© Photo RMN-Grand Palais - Droits réservés

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Titre : La grande salle assyrienne.

Date de création : 1863
Date représentée : 1863
Technique et autres indications : Gravure.
Charles Maurand, graveur, et Augustin Régis (1813-1800), peintre
Lieu de Conservation : Bibliothèque centrale des musées nationaux (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 07-52172

  Contexte historique

Une seconde mission française à Khorsabad

En 1851, l’Assemblée nationale vote un crédit pour la poursuite des fouilles menées en 1843-1844 par Paul-Émile Botta dans le palais du roi assyrien Sargon II à Dur Sharrukin, en Irak. Le chantier avait été fermé sept ans auparavant, alors que seule la partie nord-ouest du palais avait été mise au jour. Cette nouvelle mission archéologique est confiée à Victor Place (1818-1875), qui vient d’être nommé consul à Mossoul. Reprenant la fouille du palais, il dégage cent quatre-vingt-six salles supplémentaires, majoritairement sans décor sculpté. Il s’intéresse aussi à l’enceinte de la ville percée de sept portes monumentales.

Victor Place choisit d’utiliser la photographie comme moyen de relevé du chantier et des œuvres, et emmène l’ingénieur Gabriel Tranchand pour réaliser les prises de vue qui seront les premières photographies de fouilles archéologiques au Moyen Orient. En 1853, il engage également Félix Thomas, un architecte de talent qui consacre deux mois aux relevés des plans et aux dessins du palais de Sargon et de ses sculptures. Son travail illustra l’ouvrage de Victor Place, Ninive et l’Assyrie, publié en 1867.

Félix Thomas avait obtenu le prix de Rome en architecture en 1845 mais à son retour de Mésopotamie, il fréquente l’atelier de peinture de Charles Gleyre. A partir de 1855, il se consacre essentiellement à la peinture et se spécialise dans des œuvres orientalistes inspirées de ses voyages et dans lesquelles il intègre son travail de relevés.

Les documents relevés sur place par le futur peintre sont d’autant plus précieux pour l’archéologue que la plus grande partie des découvertes de Victor Place ont été perdues en mai 1855 : lors de leur transfert de Bassora à Mossoul, les embarcations transportant les précieuses antiquités font naufrage, victimes de Bédouins sur le Chatt-el-Arab. Seules vingt-six caisses sur deux cent trente-cinq arrivent au Louvre en juillet 1856.

  Analyse des images

Des fouilles archéologiques au musée

Le tableau de Félix Thomas, exposé au Salon de 1863 sous le titre Visite du Pacha de Mossoul aux fouilles de Khorsabad, ancienne Ninive, est avant tout l’œuvre d’un architecte. Il montre ici le dégagement de la porte numéro trois de l’enceinte de la ville de Sargon II et l’apparition des taureaux androcéphales qui en montaient la garde. Thomas reprend le relevé qu’il avait dessiné sur le chantier et, pour exposer sa toile au Salon, le combine avec un sujet orientaliste mettant en scène des cavaliers arabes, lesquels semblent n’être là que pour donner l’échelle de l’extraordinaire morceau d’architecture exhumé. L’œil du spectateur est d’abord attiré par l’ouverture de la porte placée au centre de la composition à la ligne d’horizon très haute. L’ombre met en valeur l’archivolte, exceptionnellement conservée, ornée d’un bandeau de briques colorées se détachant sur l’enduit blanc des murs. Ce décor de briques à glaçure se trouvait malheureusement dans les caisses qui ont coulé dans le Tigre.

En 1863, Thomas avait quitté Khorsabad depuis dix ans et les taureaux avaient été enlevés dès 1855. Si celui de gauche avait disparu dans le Tigre, celui de droite, seul rescapé avec un génie mythologique, était bien arrivé au Louvre. On le voit dans la gravure représentant la grande salle assyrienne du musée dans un guide paru en 1863. On a remplacé son pendant, disparu lors du naufrage, par une copie de plâtre destinée à respecter la symétrie de l’ouverture. Les taureaux ne sont plus présentés dans leur position d’origine comme dans la peinture de Thomas, mais parallèlement au mur, dans une disposition qui se veut plus esthétique que respectueuse de la réalité archéologique. La fantasia arabe du peintre est remplacée par des visiteurs en hauts-de-forme accompagnés de femmes en crinoline, destinés eux aussi à souligner la monumentalité des vestiges.

  Interprétation

Naissance du premier musée assyrien du monde

Les premiers vestiges de Khorsabad, découverts par Paul-Émile Botta sont arrivés à Paris après un long et périlleux voyage : embarquées sur le Tigre en 1844 sur de frêles radeaux supportés par des outres gonflées, les caisses remplies de titanesques blocs de pierre ont été conduites à Bassora, où un bâtiment de la marine royale les achemine vers le Havre. Elles sont enfin débarquées devant le Louvre en février 1847. Avec ce premier envoi, le conservateur des antiques du Louvre, Adrien de Longperrier, est en mesure d’ouvrir le premier musée assyrien d’Europe. Il est installé dans deux salles de l’aile nord de la Cour carrée et inauguré en grande pompe par Louis-Philippe le 1er mai 1847. Malgré le désastre du naufrage sur le Tigre, ce qui restait des découvertes de Place était assez important pour nécessiter l’agrandissement de ces premières salles : les collections sont alors transférées dans une galerie voisine, dessinée par l’architecte néoclassique Fontaine et aménagée par Lefuel, l’un des architectes du musée Napoléon III. Cette présentation est inaugurée en 1857.

Si l’on replace souvent les débuts de l’archéologie moderne à la fouille des sites d’Herculanum (1738) et de Pompéi (1748), ce n’est qu’au cours du XIXe siècle que s’organisent les grandes campagnes et la multiplication des découvertes. Les gouvernements reprennent la main sur les érudits et les savants et l’archéologie devient un instrument du politique où l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France rivalisent autant pour l’avancée scientifique que pour le rayonnement de leur pays. C’est l’époque de la création des grands départements d’archéologie du British Museum et du Musée du Louvre.

Auteur : Béatrice MÉON-VINGTRINIER


Bibliographie

  • Élisabeth FONTAN (dir.) avec la collaboration de Nicole Chevalier, De Khorsabad à Paris, la découverte des Assyriens, catalogue de l’exposition au musée du Louvre, département des Antiquités orientales, Paris, RMN, 1994.
  • Jean BOTTERO et Marie-Joseph STEVE, Il était une fois la Mésopotamie, Paris, Découvertes Gallimard, 1993.

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