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Triomphe du vélocipède. L'écurie du marquis de Lagrange en 1870. Triomphe du vélocipède. L'écurie du marquis de Lagrange en 1870.
Régina. Régina.
Philippe CHAPELLIER.
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Triomphe du vélocipède. L'écurie du marquis de Lagrange en 1870.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

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Titre : Triomphe du vélocipède. L'écurie du marquis de Lagrange en 1870.

Dimensions : Hauteur 21.4 cm - Largeur 18.5 cm
Technique et autres indications : Lithographie coloriée.
Extrait de la publication "Actualités"
Lieu de Conservation : Musée national de la Voiture et du Tourisme (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-531137 / MV1304

Régina.

© Photo RMN-Grand Palais - V. Dubourg

Agrandissement - Zoom
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Titre : Régina.

Auteur : Philippe CHAPELLIER
Technique et autres indications : Lithographie coloriée.
Affiche publicitaire pour le vélocipède Regina. Texte de l'affiche : "Enfin ! il est descendu de son cheval pour monter une RÉGINA".
Lieu de Conservation : Musée national du château de Pau (Pau) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 94-055931 / P.84-16-1

  Contexte historique

Le « vélocipède » des années 1870 au tournant du XXe siècle 

Inventée par Pierre Michaux en 1861, la bicyclette à pédales connaît assez rapidement un grand succès. Dès les années 1870, les clubs, les courses et les journaux spécialisés se multiplient, et la pratique du « vélocipède », qui était d’abord un « loisir bourgeois », se démocratise peu à peu. Au fil des améliorations techniques, une véritable industrie du cycle se développe dans les dernières années du siècle, inaugurant bientôt une activité commerciale spécifique elle-même exprimée et soutenue par des moyens de promotion médiatique et publicitaire en plein essor. À la ville puis à la campagne, le « vélocipède » devient alors un nouveau moyen de transport et de promenade qui concurrence et remplace le cheval dans les usages et les représentations, comme l’illustrent les deux images étudiées ici, Triomphe du vélocipède. L’écurie du marquis de Lagrange en 1870 et l’affiche publicitaire pour le vélocipède Régina.

  Analyse des images

Une nouvelle monture 

Parue dans la revue Actualités durant la période 1870-1880, l’estampe Triomphe du vélocipède. L’écurie du marquis de Lagrange en 1870 représente une vaste salle d’écurie où de grandes roues, alignées semble-t-il jusqu’à l’infini, ont remplacé les chevaux. S’il ne s’agit pas à proprement parler de bicyclettes (à deux roues et à pédales), elles renvoient cependant bien au « vélocipède », qui a encore à l’époque des formes variées. La présence inutile du garçon d’écurie (avec sa brosse et son seau qui, s’ils peuvent servir à nettoyer les roues, devaient plutôt être destinés aux animaux) et d’un gardien en uniforme achève de suggérer une « révolution » sur un mode comique et cocasse. 

Réalisée par l’illustrateur Philippe Chapellier au début du XXe siècle, l’affiche publicitaire pour le vélocipède Régina exploite la figure historique du roi Henri IV. Tout en armure d’époque, la célèbre sculpture du monarque du Pont-Neuf délaisse son cheval pour monter la bicyclette la plus moderne de la marque, suscitant la surprise et l’affolement des passants.

  Interprétation

Images de la modernité 

De manière assez évidente et similaire, les deux estampes insistent avec humour sur l’idée que la bicyclette est le cheval des temps modernes. Si elle n’est pas à proprement parler une publicité, Triomphe du vélocipède. L’écurie du marquis de Lagrange en 1870 rend compte du succès de la nouvelle machine. Réalisée au début de cette « révolution », l’illustration peut encore exploiter son caractère de nouveauté : en remplaçant de manière fulgurante le cheval, elle bouleverse les usages, laissant démuni le personnel du marquis. Encore assez peu démocratique en 1870, le vélocipède reste ici, comme le cheval, une pratique associée à un rang social : seul un marquis peut posséder une écurie où ranger ces nouvelles « montures ». 

Plus récente, l’affiche publicitaire pour le vélocipède Régina montre une bicyclette dernier cri, dont on devine l’excellence technique, excellence que l’armure métallique du souverain peut mettre en évidence aussi bien par contraste qu’en s’inscrivant visuellement, toute rutilante, dans le prolongement de la belle mécanique du vélocipède. L’opposition entre la vitesse d’Henri IV (malgré son armure) et l’immobilité de la statue (et donc du cheval), par définition figée dans le temps, est celle de la modernité et de la tradition. Henri IV peut ainsi enfin « s’évader » du vieux Paris historique (le Pont-Neuf est le plus ancien de la capitale) et, cavalier des temps nouveaux, conquérir à toute allure l’espace de la ville. Si le nom de marque comme la figure historique choisie évoquent la royauté, ils renvoient plus à la qualité du produit (le meilleur vélo pour le grand homme) qu’à un certain élitisme de ce type de loisir, déjà en voie de démocratisation, la « réclame » le proposant d’ailleurs ici au plus grand nombre.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Pierre CHANY, La Fabuleuse Histoire du cyclisme, tome I « Des origines à 1955 », Paris, Nathan, 1988.
  • Alain CORBIN (dir.), L’Avènement des loisirs (1850-1960), Paris, Aubier, 1995.
  • Pryor DODGE, La Grande Histoire du vélo, Paris, Flammarion, 1996.

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