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La vélocipédomanie. La vélocipédomanie.
Alfred DARJOU.
Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries. Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries.
Charles lampi.
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La vélocipédomanie.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : La vélocipédomanie.

Auteur : Alfred DARJOU (1832-1874)
Technique et autres indications : Réalisée enrtre 1864 et 1874.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 00-016094 / CMV.70053

Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

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Titre : Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries.

Auteur : Charles lampi
Dimensions : Hauteur 18 cm - Largeur 25 cm
Technique et autres indications : Estampe.
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Compiègne (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-004145 / IMP673

  Contexte historique

Les débuts du « vélocipède » moderne et l’évolution de sa représentation

C’est au cours du XIXe siècle que le « vélocipède » fait son apparition. A partir de la draisienne (deux roues alignées reliées à un cadre en bois et sans pédales avançant grâce à l’impulsion des pieds) conçue en 1817, ce sont de nombreuses variations et améliorations qui conduisent à l’invention de la bicyclette à pédales par Pierre Michaux en 1861.

D’abord objet de curiosité, considéré comme excentrique et extravagant, « le vélocipède » cesse peu à peu d’être ridiculisé comme il l’était au début du siècle. Suscitant de plus en plus l’engouement il devient « à la mode » dans les milieux aisés, férus de cette « invention moderne ». C’est à la fin des années 1860 que les représentations qui l’accompagnent et l’enracinent dans les imaginaires évoluent, comme en témoignent par contraste les deux œuvres ici retenues : La vélocipédomanie exécutée entre 1864 et 1874 et Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries datant de 1868-1869.

  Analyse des images

Des usages et de la « dignité » du vélocipède

Réalisée par Alfred Darjou (1832-1874), La vélocipédomanie est une planche chromolithographique constituée de plusieurs dessins qui représentent autant de saynètes (onze) légendées. Choisissant un usage des couleurs assez sobre et un trait assez précis, l’artiste exprime la notion de mobilité associé à la nouvelle invention. En effet, à une exception près, chaque croquis montre le vélo « en marche » et les cyclistes, encore hésitants, en mouvement plus ou moins contrôlé. De même, l’ensemble de la page dont la composition (les saynètes se télescopent presque) est lui aussi, dynamique. A travers cette « bande dessinée », le spectateur identifie différents usages possibles du vélocipède (course cycliste, chutes, promenade, manières de pédaler), qui sont présentés de manière assez comique.

Avec Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries, Charles Maurand réalise (à partir d’un dessin de Miranda) une gravure « historique », qui renvoie à un épisode réel. Le Prince Impérial Napoléon Eugène (1856-1879) vouait en effet une grande passion au « vélocipède », et des promenades de ce type étaient nombreuses. La composition exploite la belle perspective du jardin (l’obélisque de la Concorde au fond) pour exploiter son sujet. Tout au fond et dans les jardins publics, des passants réduits à des points ; puis quelques spectateurs massés à la barrière gardée délimitant la partie réservée du jardin. Plus proches, un camarade de jeu et enfin le Prince lui-même qui pédale avec sérieux et application, observé par des personnes autorisées (membres de la famille entre autres).

  Interprétation

Apprivoiser la modernité

A travers leur comparaison, les deux images permettent tout d’abord d’apprécier quelques changements et améliorations techniques. Alors que les premières bicyclettes ont de grandes roues (La vélocipédomanie) qui les rendent parfois difficiles à manœuvrer, les modèles suivants présentent une roue arrière plus petite (avant que les deux roues ne soient encore réduites à des dimensions équivalentes) pour plus de stabilité (Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries).

Et alors que le vélocipède et son usage se perfectionnent, un changement est en train de s’opérer dans les représentations. En effet, si La vélocipédomanie ne moque pas autant le nouvel engin et ses utilisateurs que les représentations des années précédentes, on continue de les présenter comme des curiosités excentriques (le dandy au centre) et un peu « toqués ». La représentation semi burlesque des chutes souligne le caractère encore perfectible de l’invention. Cependant, la transition semble déjà entamée, puisque certains dessins (celui sur les courses ou la promenade) montrent sous un jour meilleur des pratiques plus maîtrisés : la bicyclette est en voie d’adoption.

Une transition complète dans Le Prince impérial se promenant en vélocipède dans le jardin des Tuileries. La bicyclette devient même ici une preuve et comme un emblème du « modernisme » et du goût pour le « progrès » dont se flatte l’Empereur. Voulant suivre son temps et notoirement ouvert aux nouvelles inventions et techniques, il laisse ainsi son fils s’essayer aux derniers vélocipèdes (à chacun sa « modernité »), sans craindre de flétrir son image. Ici, il n’ya aucun ridicule, le Prince est digne et appliqué, et si le public est curieux (voire inquiet), il n’est pas railleur.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Pryor DODGE, La grande histoire du vélo, Paris, Flammarion, 1996.
  • Keizo KOBAYASHI, Histoire du vélocipède de Drais à Michaux, 1817-1870 : mythes et réalités, Tokyo, Japon, 1991.
  • Jean-Claude LACHNITT, Le Prince impérial : Napoléon IV, éditions Perrin, Paris, 1997.

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