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Le départ pour la chasse.

© Photo RMN-Grand Palais - R. G. Ojeda

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Titre : Le départ pour la chasse.

Auteur : Carle VERNET (1758-1836)
Date représentée : 1787
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Le duc d'Orléans et le duc de Chartres à un rendez-vous de chasse en 1787
Lieu de Conservation : Musée Condé (Chantilly) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-004138 / PE419

Scène de chasse.

© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

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Titre : Scène de chasse.

Auteur : Alfred de DREUX (1810-1860)
Technique et autres indications : Huile sur toile.
Lieu de Conservation : Musée Nissim de Camondo (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 00-011973

  Contexte historique

De la sporting painting à la chasse à l’anglaise

A la fin du XVIIIe siècle, les échanges culturels et artistiques entre la France et l’Angleterre sont intenses : le goût des haras et des courses de chevaux, répandu en France depuis 1775, est bientôt relayé par la sporting painting. Ce genre, très prisé en Angleterre dès la première moitié du siècle, est limité à la représentation des chevaux de selle. Illustré par des artistes comme John Wootton (1683-1764) ou James Seymour (1702-1752), il acquiert ses lettres de noblesse avec George Stubbs (1724-1806). Cet art de vivre britannique est connu sur le continent via le marché très prospère des estampes dont certaines sont éditées avec des légendes bilingues. Si les gravures de chasse anglaises sont très prisées sur le marché parisien, la mode anglaise s’étend aussi à la pratique de la chasse à courre et le duc d’Orléans, futur Philippe-Egalité, est le tout premier à l’appliquer à l’exercice de ce sport. Il importe non seulement les accessoires vestimentaires mais fait également venir chiens et chevaux pur-sang destinés à ses haras de Viroflay et de Meudon. Après l’Empire et le rétablissement des relations franco-anglaises l’anglomanie est à son comble, importée d’outre-Manche par les aristocrates revenus d’exil et par les nombreux Britanniques vivant à Paris.

  Analyse des images

Une remarquable continuité

Carle Vernet représente le duc d’Orléans (futur Philippe-Egalité) et son fils le duc de Chartres (futur Louis-Philippe) alors âgé de quatorze ans au départ d’une chasse. Dans le fond, des cavaliers et la meute rappellent que la vénerie est un divertissement mondain collectif et convivial. Leur échelle réduite démontre toutefois qu’il ne s’agit pas pour le peintre de l’objet principal de son tableau.

Le paysage serein privilégiant les horizontales sert d’écrin aux nouvelles tenues de vénerie à la mode anglaise que le duc d’Orléans a adoptées à la suite de son voyage en Angleterre en 1783. Redingotes rouges, capes de velours noires et bottes à revers jaunes remplacent tricornes et bottes à chaudron composant l’habit traditionnel des équipages princiers de l’Ancien Régime.

Le peintre donne une importance nouvelle aux montures qui ne se contentent plus d’être les faire-valoir de leurs cavaliers. Les pur-sang tiennent la pose, immobiles, et l’on peut se demander s’ils ne sont pas les véritables sujets du tableau. Il est vrai que dans la chasse anglaise, l’exercice équestre est plus important que le travail des chiens. Précisons par ailleurs que le peintre connaît bien les écuries du duc d’Orléans où sont hébergés les deux chevaux que son père lui a offert en 1778 et 1783.

Deux générations plus tard, Alfred de Dreux, tout aussi anglophile et passionné d’équitation que son prédécesseur, se spécialise également dans les représentations de chevaux. Si la mode vestimentaire à l’anglaise s’est définitivement imposée, l’artiste aborde le thème de manière plus vivante. Le spectateur semble participer à la chasse en suivant les cavaliers représentés de dos et dont la taille décroissante incite le regard à rejoindre l’horizon. Le paysage reste classique par sa composition avec des arbres de part et d’autre mais le traitement nouveau de la lumière et la liberté de la touche le rendent tributaire du modèle anglais révélé aux artistes français au Salon de 1824. De Dreux étudie très précisément l’anatomie des chevaux mais il est aussi le premier à en étudier les attitudes, ouvrant la voie à Degas qui travaillera d’après ses tableaux.

  Interprétation

De la chasse à l’anglaise à un nouveau genre de peinture

Sous l’Ancien Régime l’activité cynégétique n’avait généré que peu d’images, aucune en tout cas qui, par une stabilité de sa représentation, aurait pu prétendre à devenir un genre, exceptée peut-être la formule des déjeuners de chasse insistant sur la sociabilité de cette occupation. Le mode de vie rural menée par les gentlemen farmer d’outre-Manche, la vogue de la sporting painting et l’anglomanie ambiante parisienne favorisent en France la mode de la vénerie à l’anglaise avec la création de sociétés de chasse qui permettaient de répartir les frais d’entretien du personnel et de la meute entre les sociétaires. L’habit rouge, les bottes à revers et la culotte de peau deviennent l’uniforme de ces brillantes assemblées mondaines. Carle Vernet les fixera avec une remarquable continuité stylistique pendant plus de quarante ans. Il établit la formule des rendez-vous de chasse dès la fin du règne de Louis XVI et la répétera jusqu’à ce qu’elle devienne un genre en soi comme l’avaient été en leur temps les fêtes galantes inventées par Watteau. Les suiveurs de Vernet, comme De Dreux, ne garderont de la chasse que l’ornement des redingotes rouges mises en valeur par le vert complémentaire de la nature.

Auteur : Béatrice MÉON-VINGTRINIER


Bibliographie

  • Claude d'ANTHENAISE (dir.), A courre, à cor et à cri, images de la vénerie au XIXe siècle, exposition au Musée de la Chasse et de la Nature, Paris, Somogy, 1999.
  • Claude d’ANTHENAISE, Portraits en costume de chasse, Paris, Nicolas Chaudun, 2010.
  • Marie-Christine RENAULD, Alfred De Dreux, le cheval, passion d'un dandy parisien, Paris, Action artistique de la ville de Paris, 1997.

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