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Humber Cycles. Humber Cycles.
Terrot and Co - Cycles Motorettes. Terrot and Co - Cycles Motorettes.
Nicolas TAMAGNO.
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Humber Cycles.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux

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Titre : Humber Cycles.

Technique et autres indications : Chromolithographie
Lieu de Conservation : Musée national de la voiture et du tourisme (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 06-531140 / CMV3987

Terrot and Co - Cycles Motorettes.

© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi

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Titre : Terrot and Co - Cycles Motorettes.

Auteur : Nicolas TAMAGNO (1862-)
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 05-513831 / 735457F

  Contexte historique

Les premières marques de cycles.

Après l’invention de la bicyclette à pédale par Pierre Michaux en 1861, le vélocipède connaît un succès populaire assez rapide. Avec l’exposition universelle qui se tient à Paris en 1867, il conquiert un public de plus en plus vaste, en France comme en Europe aux Etats-Unis. Pour répondre à la demande croissante du public, plusieurs industries de constructeurs et de distributeurs voient le jour dans les années 1870-1880. A l’image de la pionnière Compagnie Parisienne créée par Michaux en 1868, les premières marques de cycles se développent. Ainsi, la société anglaise Humbert et Companie fondée en 1869 par Thomas Humber, ou encore l’entreprise Terrot, fondée à Dijon par Charles Terrot en 1887, représentées par les deux images ici à l’étude. Sous l’angle de la publicité par affiches qui suit un essor comparable à l’époque, Humber Cycles et Terrot and Co - Cycles Motorettes permettent d’appréhender l’histoire du cyclisme et de ses marques entre 1880 et 1910.

  Analyse des images

Du réalisme au symbolisme.

Chromolithographie réalisée entre 1880 et 1900, Humber Cycles vante bien les mérites des cycles de la firme anglaise (dont le nom figure en gros caractères en haut de l’affiche), mais elle concerne sa distribution en France, comme l’indique l’inscription en bas de l’image. Une touche britannique, que l’on retrouve dans l’usage de la couleur et de la lumière. Sur un chemin de montagne (sapins et bornes au bord de la route), un homme et une femme se promènent sur des vélos (un bicycle et un tricycle) de la marque, laissant deviner derrière eux le panorama d’une vallée verdoyante. Avec sobriété (aucune inscription à part celle de la marque) et réalisme, l’ensemble évoque la quiétude bourgeoise (qualité des costumes de l’homme et de la femme) de ce moment à vélo.

Signée par l’illustrateur Nicolas Tamagno en 1907, Terrot and Co - Cycles Motorettes est à la fois plus chargée, plus « symbolique » et plus surprenante. Ici aussi, la marque dont on fait la réclame figure en bonne place. Avec deux mentions suggestives, l’affiche rappelle les succès des vélos Terrot aux concours du T.C.F (Touring Club de France), qui concernent chaque année la qualité, l’endurance et le confort des produits, ainsi que son usage « touristique ». La scène crépusculaire ou même nocturne se déroule sur un fond parisien (Arc de triomphe et Grand Palais). Au premier plan, une femme blonde et rayonnante vêtue de blanc ouvre la route à une longue file indistincte et sombre de cyclistes masculins vêtus de noir. Presque militaire, funèbre et en tout cas assez inquiétante (peut-être involontairement), cette file qui s’étend jusqu’à la ville contraste avec la lumière émanant du lampion que la femme tient à la main (et qui fait écho à celle du phare surmontant le Grand Palais), telle une éclaireuse.

  Interprétation

De la quiétude à la conquête.

Si elles remplissent toutes deux la même fonction publicitaire en vantant le loisir et le tourisme associés au vélo, Humber Cycles et Terrot and Co - Cycles Motorettes sont cependant très différentes. Plus ancienne et plus anglaise, Humber Cycles montre des touristes au sens littéral (c’est-à-dire des gens aisés qui effectuent un « tour ») dans le costume réglementaire, qui plus est assez britannique (notamment le chapeau rond et la montre du gentleman). La réclame reste discrète et suggestive : l’image signifie directement toutes les valeurs de tranquillité et d’élégance (avec une touche « british » qui convient d’ailleurs tout à fait à la clientèle ici visée) associées à la marque et par là à la pratique, encore très bourgeoise, du vélo.

La référence bourgeoise n’est pas absente de Terrot and Co - Cycles Motorettes puisque la scène se déroule dans l’ouest parisien (haut lieu des premiers clients, clubs et des courses de vélo). Elle renvoie cependant plus à la « Belle Epoque » (robe de la femme) de la « ville lumière (dont le lampion et le phare évoquent à la fois le rayonnement et l’aspect festif). L’image est aussi assez symbolique : en quittant Paris au crépuscule pour conquérir de nouveaux espaces de détente, l’héroïne ouvrirait le chemin lumineux du loisir touristique (estampillé T.C.F.) à une file d’hommes en noir, sortes d’« ouvriers » ou de soldats de la vie urbaine. Suivant le phare du progrès et de la démocratisation du vélo, ces derniers qui pourraient ainsi goûter une nouvelle activité, saine, naturelle et solaire.

Auteur : Alexandre SUMPF


Bibliographie

  • Alain CORBIN (dir.), L’avènement des loisirs (1850-1960), Paris, Aubier, 1995.
  • Pryor DODGE, La grande histoire du vélo, Paris, Flammarion, 1996.
  • Marc MARTIN, Trois siècles de publicité en France, Paris, Odile Jacob, 1992.
  • Alain WEILL, L’Affiche française, Paris, PUF, 1982.

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