© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi
Titre : Draisienne ou Célérifère.
Auteur : Maurice Louis Henri NEUMONT (1868-1930)
Technique et autres indications : Eau-forte.
Série L'évolution de la bicyclette.
Lieu de Conservation : Musée national de la voiture et du tourisme (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-011862 / CMV.66023/1
© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi
Titre : Draisienne ou Célérifère à trois roues et siège.
Auteur : Maurice Louis Henri NEUMONT (1868-1930)
Technique et autres indications : Eau-forte.
Série L'évolution de la bicyclette.
Lieu de Conservation : Musée national de la voiture et du tourisme (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-011864 / CMV.66023/2
© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi
Titre : Tricycle à leviers manuels.
Auteur : Maurice Louis Henri NEUMONT (1868-1930)
Technique et autres indications : Eau-forte.
Série L'évolution de la bicyclette.
Lieu de Conservation : Musée national de la voiture et du tourisme (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-011866 / CMV.66023/3
© Photo RMN-Grand Palais - J.-G. Berizzi
Titre : Couple à bicyclette.
Auteur : Maurice Louis Henri NEUMONT (1868-1930)
Technique et autres indications : Eau-forte.
Série L'évolution de la bicyclette.
Lieu de Conservation : Musée national de la voiture et du tourisme (Compiègne) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 99-011868 / CMV.66023/10
Un premier regard rétrospectif
La série d’estampes L’évolution de la bicyclette a été exécutée par Maurice Neumont (1868-1930) en 1896. A cette date, la bicyclette « moderne » à deux roues et pédales s’est imposée comme le modèle dominant, et presque unique, de « vélocipédie ». Mais l’histoire du vélo est alors déjà riche d’une évolution à la fois technique, sociale et culturelle, que suggèrent à leur manière chacune des images ici étudiées.
Les quatre eaux-fortes représentent des scènes de promenades vélocipédiques à des époques différentes. Les costumes, les bâtiments et surtout les engins de Draisienne ou Célérifère et de Draisienne ou Célérifère à trois roues et siège renvoient à la fin du XVIIIe siècle - début XIXe, Tricycle à leviers manuels aux années 1870-1880 pour l'engin mais à la première moitié du XIXe siècle pour les costumes et Couple à bicyclette à la fin du XIXe siècle.
Un parcours au fil du XIXe siècle
Composées selon le même modèle, chaque image représente une scène de promenade « vélocipédique ». Les personnes représentées sont issues des catégories les plus aisées de la population (les costumes sont très élégants) et l’action se déroule dans des cadres qui correspondent à leur ancrage social et géographique (château, Tuileries et Champs Elysées à l’arrière plan). Au centre de chaque représentation, le « vélocipède » utilisé est représenté assez fidèlement, dans ses détails.
Les deux premières images Draisienne ou Célérifère et Draisienne ou Célérifère à trois roues et siège représentent des draisiennes qui constituent l’ancêtre de la bicyclette. Inventée en 1817 par le baron allemand Karl Drais von Sauerbronn, cette « machine à courir » possède deux (ou trois, dans des cas beaucoup plus rares) roues en bois ou en fer alignées, reliées à un cadre en bois par des fourches et propulsée par un appui des pieds au sol.
Il est à noter que deux des titres d'œuvres mentionnent le terme de célérifère, qui désigne plutôt un ancêtre de la draisienne qui lui ressemblait beaucoup. Or il s'agit d'une invention imaginaire créée pour des raisons nationalistes par le journaliste Louis Baudry de Saunier dans son ouvrage Histoire générale de la vélocipédie publié en 1891. Il voulait ainsi attribuer une paternité française à l'ancêtre du vélocipède. On peut remarquer que les costumes sont typiques de la mode du Directoire et qu'ainsi ces documents iconographiques semblent apporter du crédit à cette fable du célérifère.
Plus élaboré techniquement, le tricycle visible sur Tricycle à leviers manuels date quant à lui des années 1870-1880. Enfin, ce n’est qu’en 1861 qu’apparaît la bicyclette à pédale, inventée par Pierre Michaux. Le modèle « de type Michaux » que l’on peut découvrir sur Couple à bicyclette est encore postérieur (années 1890), puisque la diminution de la taille de la roue avant (début des années 1880) et surtout la présence de pneus en caoutchouc de type Dunlop (inventés en 1888) est encore récente à l’époque de la composition.
Evolutions de la bicyclette
Les estampes révèlent d’abord une évolution technique des différentes machines. Mais au-delà des améliorations, les images suggèrent une assez grande variété de « vélocipèdes » (dont certains comme le tricycle à levier manuel furent assez peu utilisés, et sur une courte période), prémisses ou essais avant la bicyclette « classique ».
Soucieux de représenter les vélocipèdes dans des scènes de promenades, Neumont suggère indirectement, et au-delà de la simple évolution des modes (voir les différences de costumes) et des décors (les Champs-Elysées modernes sur la dernière image), un changement des usages et des représentations liés au vélo. A cet égard, la dernière image L'évolution de la bicyclette : couple à bicyclette est à distinguer assez nettement des autres. Alors que la promenade à draisienne est un objet d’attraction et de curiosité presque étrange et excentrique, (voir notamment L'évolution de la bicyclette : Draisienne ou Célérifère), la pratique de la bicyclette est normalisée (personne ne regarde plus les deux cyclistes), disposant même de costume adaptés (pour l’homme du moins).
Notons également que cette approche un peu « nostalgique » de l’histoire de la bicyclette se concentre exclusivement sur une population et un contexte aristocrate ou bourgeois, ignorant volontairement l’essor d’un vélo plus démocratique à la fin du XIXe siècle.
Auteur : Alexandre SUMPF
Le nom "célérifère" a probablement été calqué sur "vélocifère" (1803), tout comme "vélocipède" (1818) : ce dernier est mal choisi, selon les linguistes : il devrait désigner le cavalier et non le véhicule !
cf. "le Traité de Cyclonymie" par Francis ROBIN,La Vélocithèque, Pomey, 2011.