Le tabac (12 oeuvres)
© Photo RMN-Grand Palais - F. Raux
Titre : Débit de tabac, eau de vie de Coignac.
Dimensions : Hauteur 46.1 cm - Largeur 50.7 cm
Technique et autres indications : Gouache sur papier vergé.
Vers 1815.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-509956 / 67.50.1D
© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot
Titre : Débit de tabac.
Dimensions : Hauteur 64.6 cm - Largeur 45.8 cm
Technique et autres indications : Lithographie coloriée. Imprimerie Pellerin.
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 04-509091 / 50.21.443 D
Le débit de tabac dans la première moitié du XIXe siècle
La vente de tabac dans des débits ne date pas du XIXe siècle : le premier débit connu, « la civette », du nom d’un petit rongeur dont le musc était apprécié en parfumerie, remonte à 1716. Ces commerces sont parfois signalés par une statue de Turc fumant le chibouque, ou par une « carotte », paquet de feuilles attachées ensemble afin d’être râpé et consommé en prise.
Au XIXe siècle, la fabrication et la vente du tabac est assurée dans le cadre d’un monopole d’État, remontant à l'Ancien Régime, : en 1810, Napoléon 1er crée la Régie des Tabacs. En 1815, onze manufactures traitent 9 000 tonnes de tabac par jour. Le tabac utilisé provient de France pour une petite part ; l’essentiel, avec la reprise des relations commerciales après le blocus continental imposé par l’empereur, vient des États-Unis (Virginie) et du Proche-Orient, ce « Levant » qui fascine tant la société. Les débitants ne sont pas de simples commerçants ; ils deviennent des agents de l’administration chargés de la vente des produits de la Régie et, à ce titre, sont soigneusement recrutés et étroitement surveillés. Le poste, assez rémunérateur, est souvent confié à d’anciens militaires, à leurs femmes ou à leurs veuves, à leurs enfants, à d’anciens fonctionnaires ou à des personnes qui, disent les textes, « auront accompli dans un intérêt public des actes de courage ou de dévouement. »
Une société fumeuse
La peinture Débit de tabac, eau de vie de Coignac montre une débitante derrière son comptoir qui semble attirer le client vers deux gros pots à tabac en poudre. La balance, un trébuchet, trône au centre : elle est chargée de peser les quantités de poudre qui seront ensuite empaquetées. Des pipes à long tuyau et fourneau de terre cuite, sur le modèle des pipes hollandaises et flamandes, sont aussi à la disposition de la clientèle. L’activité du débit ne se limite visiblement pas au tabac. Les nouvelles confiseries dites « bonbons » et les alcools (eau de vie de Cognac) complètent la gamme de l’offre. On remarquera la présence massive d’une bouteille d’ « anisette ». Cette liqueur a été créée à Bordeaux en 1755 par la fameuse Marie Brizard. La série des unités de mesure est servie sur un plateau.
Sur la lithographie Débit de tabac, réalisée par l’imprimerie de Nicolas Pellerin à Épinal, un Ottoman, en tenue traditionnelle (turban, pantalon bouffant, veste courte et brodée), tient à la main gauche une pipe à long tuyau de bois et fourneau de terre d’Anatolie nommée « chibouque ». L’origine orientale d'une partie de la production de tabac est ainsi soulignée par la tenue folklorique de l’homme. Lui est adjoint un homme en tenue classique (culotte et bas de soie, cravate, redingote et bicorne) qui représente bien cette « restauration » des mœurs d’ancien régime, notamment la prise du tabac en poudre sortie d’une tabatière de poche. Sur le comptoir, outre des pots à tabac, on aperçoit une balance à colonne destinée à peser les quantités vendues avant de les empaqueter.
Pour asseoir la notoriété de la tenancière et garantir la qualité du produit vendu, l’image du débit tend à l’archaïsme. Il n’est point question de montrer ces curieux « cigares » découverts lors des guerres napoléoniennes en Espagne, ni les pimpantes cigarettes produites d’ailleurs en tout petit nombre. Même si d’autres enseignes témoignent au même moment pour la modernité fumeuse, la publicité pour tous les tabacs se développe essentielement au début du XXe siècle avant d'être remplacée à la fin du siècle par les campagnes publicitaires anti-tabac qui soulignent encore aujourd'hui les méfaits du produit pour la santé et en diminuer la consommation.
Auteur : Didier NOURRISSON
J'ai une photo de la devanture du bureau de tabac 798 à Paris.
Existe-t-il une liste qui me permettrait de le situer.
En vous remerciant de votre aide.
Hélène