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L'Intérieur d'une cuisine.

© Photo RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

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Titre : L'Intérieur d'une cuisine.

Auteur : Martin DRÖLLING (1752-1817)
Date de création : 1815
Dimensions : Hauteur 65 cm - Largeur 80.8 cm
Technique et autres indications : Huile sur toile
Lieu de Conservation : Musée du Louvre (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 98-012193 / INV4097

Le Repas de midi.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Vizzavona

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Titre : Le Repas de midi.

Auteur : François-Marie FIRMIN-GIRARD (1838-1921)
Date de création : 1907
Technique et autres indications : Exposé au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1907
Lieu de Conservation : Agence photographique Rmn, fonds Druet-Vizzavona (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97-007559 / VZD2914

Les Vieux, Hollande.

© Photo RMN-Grand Palais - F. Vizzavona © Benoit-Levy Jules Droits

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Titre : Les Vieux, Hollande.

Auteur : Jules BENOIT-LEVY (1866-1952)
Date de création : 1907
Technique et autres indications : Exposé au Salon des Artistes Français de 1907
Lieu de Conservation : Agence photographique Rmn, fonds Druet-Vizzavona (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 97-005716 / VZD1359

  Contexte historique

La cuisine, foyer domestique

Abondamment représentée dans l’art, la cuisine apparaît comme le lieu par excellence du foyer domestique. Si ses modes de représentations peuvent différer d’une œuvre à l’autre, selon qu’il s’agit d’un espace spécifiquement affecté aux tâches culinaires dans une maison aristocratique ou d’un coin de la pièce à vivre dans les maisons villageoises disposant d’une pièce unique, il est cependant indéniable que c’est autour de l’espace formé par la cheminée et les ustensiles de cuisine que se concentrent la majorité des tâches ménagères et familiales. Les enfants y trouvent un espace de jeux, les vieilles personnes une source de chaleur et un lieu de convivialité, tandis que les femmes y travaillent une grande partie de la journée. C’est pourquoi, dans les images, elle forme un univers complet et cohérent et nous donne à voir un intérieur domestique dans son intimité.

  Analyse des images

Scènes de genre

En raison de son caractère intimiste, la cuisine est un sujet qui se prête bien aux scènes de genre dans l’art. Plébiscité à l’époque moderne par les maîtres flamands et hollandais, ce sujet a continué d’être abondamment traité aux siècles suivants par les peintres, puis par les photographes.

Martin Drölling, peintre français, a remporté un vif succès au Salon de 1817 avec une toile représentant l’intérieur d’une cuisine. Peinte en 1815 dans la tradition des peintres de l’Ecole du Nord, cette toile figure l’intérieur d’une cuisine rustique éclairée par une fenêtre au fond ouvrant sur des arbres. Assise devant la fenêtre, les pieds sur une petite chaise d’enfant, une jeune femme lève la tête de son ouvrage de couture, tandis qu’une autre femme vue de dos au premier plan, un morceau de tissu rouge à la main, se retourne vers le spectateur. A ses pieds, sur le dallage, une enfant a laissé de côté sa poupée pour jouer avec un chat près d’un panier. Ces trois figures posent au milieu d’une profusion de meubles et d’ustensiles de cuisine et de ménage, casseroles en cuivre, marmites, cruches, balais, bougeoir, etc. Reprenant un procédé cher à la peinture hollandaise, l’artiste s’est plu à obtenir des effets d’ombre et de lumière à l’aide des carreaux de la fenêtre ouverte dont les reflets éclairent obliquement le mur droit du fond. La disposition en apparence un peu négligée de la pièce, la douce lumière dans laquelle celle-ci baigne, le réalisme avec lequel les objets sont dépeints, les activités domestiques des trois personnages, tout contribue à créer une ambiance intimiste et paisible.

Dans le même esprit, une peinture de Firmin-Girard exposée au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1907 représente sous le titre « Le repas de midi » une femme à l’intérieur d’une maison villageoise en train de poser une marmite fumante sur une longue table en bois dressée pour accueillir six convives. Un banc en bois est disposé le long de la table placée dans l’axe de la cheminée ; au-dessus de celle-ci sont accrochées des casseroles en cuivre de différentes tailles semblables à celles du tableau de Drölling. Comme dans celui-ci également, les chats font partie de l’environnement de la cuisine, et une petite fenêtre au fond, à droite, éclaire une partie de la pièce, créant un effet de clair obscur avec le reste de l’espace plongé dans la pénombre. Ici, la cuisine semble faire partie de la pièce principale à vivre, meublée par ailleurs d’une petite table, de chaises, d’un buffet et d’une haute pendule en bois. Le plafond à poutres apparentes, les murs épais et le dallage de carreaux renforcent l’ambiance rustique de cette scène de genre.

Signé Jules Benoît Lévy, une autre peinture exposée au salon des artistes français en 1907 met en scène la convivialité qu’offre l’espace domestique de la cuisine : dans la cuisine d’une maison de Hollande, deux vieux sont en pleine discussion. L’un d’eux, assis au premier plan, épluche des pommes de terre, tandis que le second debout dans un coin de la pièce fume la pipe. L’ameublement rustique se compose d’un tabouret et d’une table en bois sur laquelle est disposée une théière et de la vaisselle ; au fond, à droite de la cheminée, des assiettes de faïence sont exposées sur des étagères et sur le mur, aux côtés de petits tableaux.

  Interprétation

Un univers intérieur familier

Ces trois œuvres présentent plusieurs points communs. D’une part, la minutie et le réalisme avec lesquels elles sont traitées et l’ambiance sereine et paisible qui s’en dégage les inscrivent pleinement dans la tradition de la peinture de genre hollandaise. D’autre part, l’accent est chaque fois mis sur le caractère intimiste et convivial de l’espace, en particulier dans la toile de Martin Drölling où une connivence s’installe entre le spectateur et les jeunes femmes qui tournent la tête vers lui. Enfin, toutes trois donnent à voir un intérieur familier de la classe moyenne, une classe assez peu représentée en peinture au début du XIXe siècle, mais qui le sera davantage par la suite, dans l’art comme dans la littérature où émerge avec Honoré de Balzac une volonté de décrire avec exactitude et force détails les univers intérieurs des personnages de la Comédie humaine, une tendance réaliste que l’on retrouve également chez Gustave Flaubert et Emile Zola. L’apparition de la photographie, qui offre pour la première fois la reproduction exacte et fidèle de la réalité à travers l’objectif du photographe, satisfait elle aussi pleinement ces exigences documentaires qui caractérisent le XIXe siècle et le siècle suivant.

Auteur : Charlotte DENOËL


Bibliographie

  • Jean-Louis FLANDRIN et Massimo MONTANARI (dir.), Histoire de l’alimentation, Paris : Fayard, 1996.
  • Jean-Robert PITTE, Gastronomie française. Histoire et géographie d’une passion, Paris : Fayard, 1991.

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