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Projet de costume civique - Habit de citoyen Français.

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Droits réservés

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Titre : Projet de costume civique - Habit de citoyen Français.

Auteur : Jacques-Louis DAVID (1748-1825)
Date de création : 1793
Dimensions : Hauteur 30 cm - Largeur 20 cm
Technique et autres indications : Lavis d'aquarelle, plume
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89-000035-02 / MV5291 / INVDessins830

Projet de costume civique - Habit de législateur.

© Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

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Titre : Projet de costume civique - Habit de législateur.

Auteur : Jacques-Louis DAVID (1748-1825)
Date de création : 1793
Technique et autres indications : Aquarelle
Lieu de Conservation : Musée Carnavalet (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 08-500117

Projet de costume civique - Habit d'officier Municipal avec l'écharpe.

© Photo RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Droits réservés

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Titre : Projet de costume civique - Habit d'officier Municipal avec l'écharpe.

Auteur : Jacques-Louis DAVID (1748-1825)
Date de création : 1793
Dimensions : Hauteur 30 cm - Largeur 20 cm
Technique et autres indications : Aquarelle
Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 89-000028 / MV5290 / INVDessins829

  Contexte historique

Régénérer la nation jusque dans ses codes vestimentaires

En floréal de l’an II (avril/mai 1794), le gouvernement de la France est sous la dictature révolutionnaire du parti Montagnard de la Convention qui, dirigeant le Comité de Salut public, poursuit un programme de régénération politique et morale de la nation républicaine pour contrer les dangers internes et externes qui ébranlent la Révolution.

Le comité de l’Instruction publique de la Convention invite alors les poètes « à célébrer les principaux événements de la Révolution française », » les citoyens qui cultivent les lettres à transmettre à la postérité les faits les plus remarquables et les grandes époques de la régénération des Français », les architectes à élaborer une nouvelle architecture rurale et une architecture monumentale civile et nationale « qui convient à une république ».

Cette « régénération des mœurs », issue d’un pouvoir dirigiste, passe aussi par la définition de codes vestimentaires uniformes : le 25 floréal an II (14 mai 1794), le comité invite le peintre David, « représentant du peuple [à la Convention], à lui présenter ses vues et projets sur les moyens d’améliorer le costume national actuel, de l’approprier aux mœurs républicaines et au caractère de la Révolution, pour en présenter les résultats à la Convention nationale, et recueillir le vœu de l’opinion publique. »

  Analyse des images

Égalité par et dans le costume

David s’emploie à créer à la fois un costume égalitaire, portable par tous les citoyens, ainsi que des tenues homogènes mais hiérarchisées pour reconnaître et différencier les citoyens dans l’exercice d’une délégation de l’autorité publique.

David présente son modèle d’Habit civil des Français avec la main gauche appuyée contre une chaise à la mode qui copie l’antique klysmos grecque. Il porte une tunique violet clair et une culotte collante bleue. Il chausse des bottines de cuir foncé ; une ceinture tricolore aux franges d’or entoure sa taille et une toque noire agrémentée d’une torsade rouge et d’un plumet tricolore le coiffe, tandis que des passementeries d’or tiennent son manteau chamois autour de ses épaules.

L’habit de l’Officier municipal diffère de ce dernier par sa couleur et par certains accessoires nécessaires à la représentation et à l’affirmation de l’autorité. Des chaussures noires remplacent les bottines, sa tunique et son collant sont du même gris claire, à peine rehaussé par le jaune claire de la ceinture, comme pour mieux mettre en valeur une écharpe tricolore enroulée autour de la toque et qui tombe ensuite sur la poitrine. Quant à la cape, elle est fermée par des brandebourgs rouges.

L’habit du Représentant du peuple en fonction est encore plus théâtral et antique d’inspiration. On retrouve les courtes bottines, ici de cuir noir, et toujours, une tunique, mais de couleur chamois, à haut col et aux motifs antiquisants, ainsi qu’une culotte collante, verte cette fois-ci. Le manteau est bleu, avec une bande rouge au bas ; des brandebourgs rouges frangées d’or, qui l’agrafe sur l’épaule droite, sont ornées des mentions en lettres majuscules de Peuple français, Égalité et Liberté. La toque diffère encore : tricolore, elle est aussi godronnée, ce qui la rend carrée à son sommet, et se pare d’épis de blés retenus par une torsade d’or enroulée en partie autour de la coiffe. Le modèle tient à la main le Rapport sur les costumes français.

Les autres costumes créés, pour le Citoyen français dans son intérieur, le Fonctionnaire civil, le Juge ou le Représentant du peuple aux armées, sont des variations sur le même modèle, avec la culotte longue et collante née sous la Révolution, mais différant par les couleurs et les attributs, pour mieux correspondre aux fonctions de chacun au sein de la République. Le Législateur et le Juge portent ainsi de longs manteaux noirs et une toque noire avec, comme inscription pour celle du juge, La Loi.

  Interprétation

Costume politique et politique du costume

La remise en question politique des codes vestimentaires de l’Ancien Régime et l’idée de généralisation d’un costume unique naît dès 1789 avec la réunion des États généraux et le refus de certains élus, issus surtout du Tiers-États, des distinctions vestimentaires trop flagrantes entre les trois ordres.

Dès la fin du mois de ventôse an II (février-mars 1894), la Société populaire et républicaine des arts, qui fait office d’académie artistique menée par David, déclare de son devoir et de ses capacités de créer un costume national, comme « tout se régénère, et tout doit concourir à cette régénération ».

Le vêtement doit être simple et fonctionnel, peu dispendieux mais esthétique, uniforme « mais que les magistrats aient toujours quelque chose qui les distinguent de l’homme civil ». Durable, et égalitaire, il permettrait de ne plus confondre tout « homme libre » (un Français) avec les sujets « de nations encore flétries des fers de la servitude. » Priorité est donnée à l’habit du citoyen soldat qui doit toutefois être pratique et peu différer de l’habit civil car « chaque citoyen [est] soldat » .

Mais David fut rapidement en charge de toute la commande. Son intérêt pour le renouveau du costume théâtral l’avait poussé à élaborer en 1791 pour son ami l’acteur Talma un véritable costume à l’antique, avec tunique et toge drapée, pour jouer un sujet de tragédie antique (Brutus de Voltaire). D’ailleurs, lorsque la Société populaire et républicaine des arts s’interroge sur le fait de s’inspirer ou non des Grecs, des Etrusques et des Romains et d’adopter « la tunique, la toge et la chemise etc. », il est proposé d’interroger justement Talma. En 1792, David avait aussi créé un modèle d’habit républicain (perdu).
Lors de la création des premiers commissaires aux armées le 3 avril 1793, c’est encore David qui indiqua leur costume, à la fois civil et militaire, avec écharpe, épée et plumet aux trois couleurs au chapeau. Le 6 floréal (25 avril 1794), l’artiste, qui fait parti du comité de l’Instruction public de la Convention en tant que représentant du peuple, est encore chargé d’exécuter d’après ses dessins un nouveau costume pour ces représentants aux armées.

En mai, ses modèles de costume national sont autorisés à être gravés au trait par Dominique Vivant Denon et imprimées, parfois coloriées, à 60 000 exemplaires. Mais les costumes ne seront pas adoptés, sans doute à cause de la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).
Une variante verra toutefois le jour pour habiller les élèves de l’éphémère École de Mars, puis les modèles serviront à élaborer les costumes des représentants du pouvoir sous le Directoire. Un peu plus tard, David réalise encore un projet de costume pour les consuls.

Seul l’habit de la citoyenne échappe au dirigisme totalitaire de la Terreur, mais la Société populaire et républicaine des arts qui s’était toutefois intéressée à son sort avait remarqué que son état présent était considéré comme proche du costume véritable : les femmes auraient ainsi réussi à régénérer elle même leur propre costume.

Auteur : Guillaume NICOUD


Bibliographie

  • SCHNAPPER Antoine, Jacques-Louis David : 1748-1825, catalogue d’exposition, Paris, Musée du Louvre, Département des peintures, Versailles, Musée national du château, 26 octobre 1989-12 février 1990, Paris, Réunion des musées nationaux, 1989.
  • Modes et révolutions : 1780-1804, catalogue d’exposition, Paris, Musée de la mode et du costume, Palais Galliera, 8 février-7 mai 1989, Paris, Paris-Musée, 1989.

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